‹ Le manuel des parents chrétiensChapitre 33 sur 78 · LA CONFESSION DES ENFANTS · texte numérisé non relu

LA CONFESSION DES ENFANTS

n'imitez pas ces parents imprudents qui inspirent à leurs enfants de la crainte pour leur curé ; car rien n'est plus maladroit et plus propre à les rendre insincères et à les mettre sur la pente des sacrilèges.

Assurez-les, au contraire, que votre curé aime beaucoup les petits enfants ; qu'il les accueille toujours paternellement, surtout à confesse, qu'il les bénit, à l'exemple de Jésus, et qu'il les aime encore davantage quand ils ont lait une bonne confession.

Pour leur inspirer une plus grande aversion du manque de sincérité en confession, racontez-leur le trait suivant, dont la vérité nous est garantie par saint Antoine, archevêque de Florence.

Une jeune fille, élevée très chrétiennement, eut le malheur de commettre un péché mortel, qu'elle cacha en confession. S’imaginant pouvoir en obtenir le pardon en faisant de grandes pénitences, et oubliant qu'on ne peut être pardonné sans se confesser sincèrement, elle prit le parti de se faire religieuse.

Entrée au couvent, elle fit une confession générale, mais sans confesser son péché, et continua ses mortifications pour apaiser les remords de sa conscience. Elle vécut ainsi passablement longtemps, toujours malheureuse, et tourmentée par le souvenir de ses sacrilèges. Elant tombée dangereusement malade, et prévoyant sa fin prochaine, elle résolut de se bien confesser. Mais Dieu l'avait abandonnée, à la suite de ses nombreux sacrilèges, et le démon lui ferma encore la bouche. Cependant elle reçut les derniers sacrements, mangea, une dernière fois, son jugement et sa condamnation, en recevant le corps et le sang de Jésus-Christ. Lorsqu'elle sentit approcher la fin, sa conscience réclama plus énerviquement, la conjurant de confesser son péché. Epouvantée, elle se résout enfin et fait demander son confesseur.

Mais, ô redoutable justice de Dieu ! elle perd tout à coup connaissance, ne reconnaît même plus son confesseur, et meurt avec ce péché sur la conscience.

Les religieuses, trompées par ses hypocrites pénitences, la pensaient dans le chemin du ciel. Mais, un jour que la communauté priait pour elle, Dieu permit que cette infortunée lui apparut en s’écriant : «Cessez de prier pour moi, vos prières sont inutiles ; j'ai été condamnée aux flammes éternelles, et je suis condamnée pour avoir, dans ma jeunesse, caché un péché en confession. »

Ame infortunée ! condamnée pour toujours à brûler, pour un péché que Dieu lui aurait si facilement pardonné, si elle avait eu le courage de s’en confesser ! Eternellement elle maudira le jour où elle l’a commis, et encore plus, sa première confession sacrilège !

Quand vos enfants seront de retour, faites-leur remarquer combien ils sont heureux de s'être confessés et d’avoir reçu la bénédiction du prêtre. Faites-les ensuite mettre à genoux pour remercier Dieu et renouveler la résolution de ne plus jamais commettre les fautes pardonnées,

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Faire apprendre le catéchisme aux enfants

Dès que les enfants sont capables de comprendre, il est du devoir des pères et des mères de leur faire apprendre le petit catéchisme du diocèse. Ne vous imaginez pas, pères et mères, que ceci ne regarde que votre curé. Il ne peut se charger de cette tâche sans perdre un temps précieux, qu'il doit employer à autre chose. Vous ne pouvez même compter qu'il pourra le faire pendant le catéchisme préparatoire à la Première communion, parce qu'il lui faudrait prolonger la durée des leçons et, par conséquent, multiplier les voyages des enfants plus instruits ; ce qui serait injuste envers eux et envers les parents qui sont en règle ‘ur ce point.

Le curé est tenu d’expliquer aux enfants la doctrine contenue dans le catéchisme, et les parents doivent leur en faire apprendre la lettre avant l’âge requis pour être admis au catéchisme préparatoire. Sans cela, comme l'expérience le demontre, ils ne pourront suffire à la double tâche d'apprendre le texte et de retenir les explications. Vous devez commencer ce travail quand ils sont encore jeunes, à l’âge de sept ans environ. Parvenus à l’âge de dix ans, ils sauront certainement le catéchisme

tout entier. Un petit calcul convaincra les parents le plus incrédules.

Le Catéchisme du diocèse contient quatre cent quatre vingt-dix-sept demandes et questions. Supposons qu vous commenciez à le faire apprendre à votre enfant l'âge de sept ans, vous avez trois ans à votre dispositior ou cent cinquante-six semaines; ce qui donne enviro trois réponses par semaine, Quel est l'enfant qui n puisse venir à bout de cette tâche ?

La première communion est fixée à l'âge de dix ans. | appartient à vos curés de juger quels sont les enfants e: état de la faire à cet âge. S'ils ne jugent päs à propo de les admettre, les parents n'ont qu'à s'incliner san récriminer.

Il est évident que la négligence de certains pères e mé, qui ne commenceront à faire apprendre le caté chi à leurs enfants qu'à l'âge où ils devraient le savoir est inexcusable devant Dieu. Cependant, on rencontre dans presque toutes les paroisses, des enfants rendus : dix ans, qui ont à peine commencé à l'apprendre. Alor: ces parents négligents se plaignent que leurs enfants nc peuver: olus l'apprendre, parce qu'ils ont «la tête trot dure». Ce n'est pas pour cette raison, mais parce qu'ils n'ont pas été cultivés en temps.

Les parents qui ont ainsi négligé l'un de leurs plu: importants devoirs, n'ont pas le droit de se plaindre s leurs enfants sont obligés de fréquenter les catéchismes à l’âge où ils pourraient leur rendre service. Ils écouteront les explications du caiéchisme; mais n'en sachant pas la lettre, ils ne comprendront guère. Le curé, ne les trouvant pas assez instruits, les remettra, comme sa conscience lui en fait un devoir, et ils seront obligés de se présenter de nouveau une autre année. Supposons

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