ANCIEN VICAIRE-GÉNÉRAL
L'abbé Alexis Maiïlloux 1801-1877
L'abbé Mailloux est né le 8 janvier 1801 sur l'unique paroisse de l’île aux-Coudres, de parents plus chrétiens que fortunés. Il y grandissait, inconscient du rôle auquel il était prédestiné, lorsque la Providence mit sur sa route un prophète du Seigneur, l'abbé Jérôme Demers, qui lui offrit son admission gratuite au Petit Séminaire de Québec.
Onze ans plus tard, le 28 mai 1825, le jeune insulaire était fait prêtre et nommé desservant de Saint-Roch, Québec, dont il devenait le premier curé en 1829. Cette paroisse, —enviable au point de vue humain,—il obtint la faveur, en 1833, de l'échanger avec celie de la Rivièredu-Loup. Il vivait content de son sort, dans cette dernière cure plus en harmonie avec ses goûts, lorsque son évêque le pria, dès l'année suivante, de vouloir bien prendre la direction du Collège de Sainte Anne de la- Pocatière. Sa main de fer ne tarda guère à transformer en monarchie absolue la jeune république dont il avait accepté la dictature. A partir de 1838, année de la mort de l'abbé Painchaud, M. Mailloux cumula — dans l'intérêt du collège —- les fonctions de curé et de supérieur, et put ainsi continuer les libéralités du fondateur. Malgré ses protestations, il fut quelques inois après nommé
vicaire général. Ce titre était à la fois une récompense
pour le titulaire et un honneur pour le collège et la
paroisse. La discipline, qui est lFâme d'une maison d'éducation, resserrée ; les traditions restaurées et passées dans les mœurs, il crut que sa mission était terminée. C'est pourquoi il sollicita lautorisation de quitter le collège qu'il dirigeait depuis quatorze an. ; de renoncer, en même temps, à sa cure, et il choisit pour ermitage le presbytère de son ami labbé P. Villeneuve, curé de Saint-Charles, Bellechasse.
Le tenrs était arrivé, pour ce réformateur, de réaliser le rêve religieux et patriotique qui le hantait depuis longtemps. Attristé et humilié de voir sa province à demi alcoolisée, esclave d'habitudes qui la déshonoraient sans la faire rougir, it avait résolu de prévenir le suicide qui la menaçait et, avec le concours de quelques auxiliaires, le la régénérer toute entière. Son programme était ‘alqué sur celui de tous les conquérants spirituels: prêcher simplement Jésus-Christ, présenter et faire accepter à ses frères la croix avec ses renoncements. Aussi, sa campagne antialcoolique fut ‘presque une marche triomphale. Il parcourut la province de Québec, semant les croix de tempérance, pourchassant de paroisse en paroisse le démon de l'ivrognerie, et ne cessa de guerroyer qu'après l'avoir détrôné, et avoir enrôlé, sous l'étendard de la croix, presque tous ses adorateurs. L'abstinence totale qu'il proposait à ses compatriotes coupa le mal dans sa racine, et leur valut un demi-siècle de prospérité et de bonheur. En cela, il se montra Lacticien et plus expérimenté que les critiques de son plan de campagne. Si les échos de cette croisade ne sont pas encore expirés, si la lignée des sobres sans accommodements n'est pas encore éteinte, c'est grâce à la clause uniforme de l'abstinence
de Kankakee n’a p: