LES VEILLÉES ET LES AM USEMENTS DANGEREUX
Ieunes gens qui, malgré la volonté de leurs parents viennent les importuner tous les soirs. De plus, de famille préserveraient ainsi leurs de dangers; déchargeraient le
les pères enfants d'une foule ur conscience d’une grave esponsabilité; seraient moins inquiets au sujet de le propres enfanis, et ne seraient surveillance
urs pas tenus à tant de
. Si cette ligne de conduite est irréalisable,
au moins s'entendre mutuellement
surveillance rigoureuse: se renseigner ! quelques-uns d
on devrait pour exercer, une charitablement, et ces jeunes gens se conduisent mal, les renvoyer à leurs parents, et refuser de le n'ose conceiller cette tolérance, parce sujette à beaucoup d'inconvénients.
tenter l'expérience, il serait bon d’ de la paroisse,
s recevoir, Je qu'elle me semble Si toutefois on veut en conférer avec le curé
Le danger des fréquentations
Beaucoup de jeunes gens et de jeunes filles, après une jeunesse généralement exempte de fautes graves contre la pureté, viennent faire naufrage sur l'écueil des fréquentations. Le démon impur rôde autour d'eux surtout à cette époque de ia vie. Il sait qu’alors tout, pour eux, devient occasion de péché : les entrevues, les mots doux, les regards, les présents, la pensée même d’un mariage prochain. Les chutes sont donc presque inévitables, à moins d’une sévère surveillance de la part des parents. Mais, a-t-elle toujours lieu cette surveillance, si nécessaire pour prévenir tout ce qui peut blesser tant soit peu la chasteté ?
Cependant, c'est presque toujours à ce moment périlleux, que les pères et mères, mêmes les plus irréprothables, se relâchent sur ce point, sous prétexte que le ma -iage est décidé et se fera avant peu.
Voyez cette jeune fille et ce jeune homme, seuls dans une chambre, à l'écart du reste de la famille, qu'on laisse veiller, se promener à pied ou en voiture, sansles accompagner. À moins d’un miracle, qui n’est pas dans l'ordre ordinaire de la Providence, ces deux infortunés se familariseront, se scandaliseront l’un et l’autre, se laisseront
entraîner à des libertés coupables, et quelquefois jusqu'4 se déshonorer.
Alors le mariage aura lieu, on le hâtera même, pour racheter l'honneur à jamais perdu ; mais il lui manquera probablement les bénédictions de Dieu. Ne pouvant plus les faire pécher contre la chasteté, le démon les dégoûtera l’un de l'autre : la mésintelligence—enfer des mauvais ménages—éclatera bientôt entre ces deux partis qui se mépriseront et se reprocheront leur passé. Sans toujours aboutir à une séparation de corps, elle empoisonnera leur vie, sera la source de querelles, d’injures, de mauvais traitements, qui scandaliseront les enfants et les rendront malheureux.
La cause première, elle est dans une faute, simplement légère, un badinage, une familiarité insignifiante, peutêtre échappés à la vigilance des parents.
Les plus coupables sont les pères et les mères qui ont manqué de vigilance, oubliant les fautes semblables qu'ils ont commises avant leur mariage, par suite de la même imprévoyance. Ils avaient une fille à marier ; le jeune homme était assez à l'aise : ils craignaient la perte de ce parti ; et puis, leur fille n’était-elle pas exemplaire et le garçon honnête ? que pouvaient-ils donc redouter ?
Votre fille dites-vous, est pure comme un ange, sage et réservée ; et celui qui la fréquente est honnête et digne d'elle. Vous le pensez ; mais vous n'en savez rien puisque vous n'êtes pas leur confesseur. Supposons qu'ils sont réellement ce que vous dites, en vertu de quel principe êtes-vous dispensé de veiller sur eux. Au sortir des mains du Créateur, Adam et Eve étaient innocents et saints ; cependant ils n'en ont pas moins fait la chute la plus lamentable. De plus, regardez autour de vous, et vous aurez la preuve que vous raisonnez mal.
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>, pour inquera ouvant 1on les fer des { partis
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Si vous possédez un riche diamant! le laissez-vous à la portée de tout le monde, sous prétexte que ceux qui fréquentent votre maison sont d’honnêtes gens, que vous les savez respectables ? Vous vous en garderez bien, parce que c’est l’occasion qui fait le larron, dites-vous avec infiniment de raison. D'ailleurs, ce sont précisément ceux qui sont bons et honnêtes que le démon tente da antage : autour desquels il ne cesse de rôder tant qu'il ne les a pas fait tomber. Il s'inquiète moins des autres, parce que son souffle impur les a déjà empoisonnés. Généralement aussi, ceux qui ignorent le mal et ne peuvent en soupçonner les dangers, sont les plus imprudents, et font les plus lourdes chutes. Croyez-moi : Soyez prudents et vigilants dans ces occasions périlleuses pour l'innocnce de vos enlants ; soyez-le même jusqu’au scrupule, car dit «l’Eclésiastique », la fille qui est dans la maison de son père, doit être pour lui un sujet de veiller sans cesse, et le soin qu'elle lui cause lui ôte le sommeil... Il craint qu’elle ne tombe dans quelque faute contre la pureté avant son mariage, et qu’elle ne se déshonore dans la maison paternelle. »
Si vous voulez ne pas charger votre conscienc de fautes que vos enfants peuvent commettre dans ces fréquentations, suivez fidèlement les règles de prudence que je vais énumérer.
Ne prolongez jamais le temps les fréquentations, dangcreux pour l'innocence de vos enfants. Si un jeune homme n’est pas prêt à se marier, ne le recevez pas chez vous ; ou du moins, ne le laissez jamais parler à votre lle qu’en conversation générale.
(Il faut se connaître avant de s'épouser, dit M. Couturier ; voilà pourquoi on se voit avant de contracter un tngagement pour la vie. I] faut se connaître ! Hélas ! se
connaît-on dans ces circonstances où tout est aveuglement, déguisement, attraits, artifices, intérêt ; où tous les défauts sont enveloppés sous les dehors les plus séduisants ?»
Le but des fréquentations étant de se connnaître, il s'en suit qu'elles n'ont pas leur raison d’être lorsque les jeunes gens se connaissent déjà. Dans ce ess, il ne faut pas les tolérer.
Quant aux jeunes gens qui font profession de courtiser les jeunes filles, uniquement pour passer le temps, c’est un désordre qu'il ne faut jamais tolérer. Voici ce qu'en dit saint Alphonse : « En général, j'affirme que celui qui s'occupe d'amour, rarement se sauve du péché, dans l’occasion prochaine. L'expérience nous apprend que très peu de ceux qui s’y engagent, restent exempts de fautes graves. S'ils ne s'en rendent pas coupables dans les commencements, invariablement ils finissent par y tombe’ Dans le principe, la volonté n'est pour rien dans ce qu'ils disent ; mais ensuite cette volonté devient un attachement d'amour, qui aveugle l'esprit et s'empare du cœur, le fait tomber dans mille péchés de mauvais désirs, de paroles obcènes, et enfin d'actions contre la pureté. »
Ne taissez jamais votre fille, seule avec le jeune homme qui la fréquente, pas même un instant, s'il est possible. Que ses visites ne se prolonge pas à une heure avancée de la nuit : c'est un désordre, Ne permettez pas à votre fille d'aller seule conduire à la porte celui qui la fréquente : c'est contraire à la bienséance. »
(Une fille bien élevée, honnête, craignant Dieu, aimant
la vertu, dit M. Vermot, ne parlera jamais à un jeune homme à l'insu de ses parents et hors de leur présence, où de quelqu'un qui lui en tienne la place. Si vous pensez à un établissement, ne vous trouvez jamais seule avec un jeune homme qui vous recherche en mariage : vos
eugle- | tous sédui-
re, il ie les > faut
rtiser c’est qu'en ii qui l’octrès autes s les tomdans t un re du SIrS, té. »
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iant ‘une nce, penvec
vos
parents ne doivent pa; le permettre ; et si, dans ces circonstances, vous ne restez pas toujours sous leurs yeux, vous courez les plus grands risques d’offenser Dieu. Quand on ne veut pas faire de mal, on ne craint pas les témoins. »
Ne permettez jamais à votre fille de sortir seule avec le jeune homme qui la fréquente, pas même pour aller à l'église, ou pour tenir des enfants sur les fonts de baptême. La laisser aler aux veillées, cueillir des fruits, se promener en paroisses étrangères avec son prétendant serait une imprudence impardonnable. «C’est su:tout dans ces sortes de promenades, dit M. Vermot, que les dangers se multiplient et deviennent les plus séduisants. Alors le cœur parle au cœur, et l'isolement où l’on se voit, inspire la hardiesse à faire le mal ; aussi une expérience également constante et déplorable n’upprend que trop dans quel abîme de péchés se laissent entreîner peu à peu quequefois même tout d’un coup, des jeunes gen: qui fuient leurs parents ou d'autres témoins sages. )
Ne souffrez pas que votre fille soit seule avec celui qui la courtise, ou dans un coin de la maison, surtout le soir. Il faut nécessairement que ces entrevnes aient lieu sous vos yeux, sous peine d'exposer votreenfant à commettre des fautes dont vous répondrez à Dieu. ‘Soyez toujours présentes, dit aux mères, saint Alphors:e, lorsque la nécessité exige ces entrevues, et ne faites pas comme telles meres, qui tiennent leurs portes au large, pius désireuses du mariage de leurs filles que de la pureté de leurs âmes. C'est un sacrifice qu'elles font à l'enfer, et comme l'affirme le prophète David: elies ont immolé leurs filles aux démons... Oh! que de mères, s'écrie le saint, seront condamnées au jugement dernier!
Que votre fille ne se laisse pas embrasser par celui qui la fréquente, parce que ces embrassements entre personnes de sexe différent sont rarement exempts de dangers, “Les
femmes se donnent le baiser, dit le Père D igny, dans une note sur le baiser que Judas donna à Jésus. Cet usage est louable, tant qu’il demeure renfermé entre personnes du même sexe: autrement c’est un abus dont l’indécence ne sera jamais justifiée par la coutume.”
Ne laissez pas fréquentez votre fille par un j une homme que vous ne croyez pas lui convenir, ou qu’elle n'a pas l'intention de marier. (C'est un manoue de loyauté et de charité dont vous aurez peut-être à vous repentir. Femme varie, vous le savez, et votre fille finira par aimer et vouloir marier, malgré votre opposition, celui que vous avez trompé au début.
Ne souffrez pas que des filles et des garçons se donnent des rendez-vous dans votre maison. Leurs parents auraient raison de se plaindre de ces procédés. D'ailleurs seriez-vous contents si on favorisait ainsi le libertinage de vos propres enfants? Au lieu de vous prêter à ces entrevues, ayez la charité d’avertir immédiatement les parents de ces jeunes gens.
I ne vous appartient pas d'imposer à vos enfants des partis qui ne leur sourient pas. C’est un abus d'autorité. Vous ne devez même pas les solliciter ou les pousser en pareil cas. Ces unions sont presque toujours malheureuses. Votre droit et votre devoir consiste seulement à diriger prudemment le choix de vos enfants, sans gêner leur liberté. De leur côté, s'ils sont chrétiens et bien élevés, ils ne doivent pas manquer de vous consulter. \lors vous suppléerez à leur inexpérience, en leur faisant comprendre avec quelle personne ils doivent songer à se marier, les qualités qu’elle doit réunir, les conséquences d'un choix bon ou mauvais, la beauté morale du caractère des filles qu'il leur faut rechercher, s'ils veulent passer une vie heureuse et tranquille. Vos enfants vous consulteront si vous avez leur confiance : vous l’aurez
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toujours, si vous les avez formés, dès leur enfance, à la piété et à la crainte d. Dieu; si, jusqu'à cette époque, fidèles à la règle de sagesse prescrite par Salomon, (de ve rien faire sans conseil, afin de ne pas se repentir après avoir agi», (1) vous les avez ascoutumés à prendre vos conseils. Vous les disposerez à vous les demander, si vous les traitez toujours avec une bonté et une cordialité ani, loin de nuire à votre autorité, l'affermiront, pourvu qu'elies ne dégénèrent jamais en faiblesse.
Ne portez jamais vos jeunes gens à faire des mariages d'intérêt. Les biens temporels ne sauraient donner aux époux le bonheur domestique. Les vertus chrétiennes, les qualités d’une bonne ménagère, une conduite irréprochable, des mœurs pures, un cœur sensible, bon et généreux, telles sont les qualités principales d’une jeune fille qu'un jeune homme veut épouser. Si les parents ne sont pas bons chrétiens, si la mère n’a pas formé ses filles aux vertus chrétiennes, si, pour tout dire, une famille est de mauvaise race, un mat vais choix est à redouter.
Une fille doit être poussée à s’allier, non à celui quiest riche, mais à un jeune homme rangé, fidèle aux devoirs de sa religion et qui a su surtout honorer ses parents, puisqu'il aura les bénédictions du ciel, comme le promet la sainte Ecriture.
La dot des filles est généralement maigre. Bien qu'il ue soit pas équitable de les laisser partir les mains vide, on ne peut blâmer les parents qui se préoccupent de bien pourvoir les garçons, celui surtout qui doit leur succéder sur la terre ancestrale. Les choses étant ainsi, elles n’ont pas à craindre d’être recherchées uniquement pour leur
1) Ecclé., XXXIL, 24.
dot, et elles sont grandement intéressées à compenser la dot qu'elles n'ont pas, par leur conduite par un ensemble de qualités qui les feront remarquer et les recommanderont aux bons partis.
La meilleure politique est de marier les jeunes gens dès qu'ils sont capables de fonder une famille.
Le niveau des mœurs serait plus élevé, si les parents mariaient leurs enfants plus jeunes qu'ils ne le font ordiuairement. En attendant un établissement auquel on aurait dû songer plus tôt, ils courent les veillées, prolongent les fréquentations, et finissent par se démoraliser.
Les parents doivent leur fixer la date du mariage, de concert avec les futurs époux, qui sont les premiers intéressés. [Il ne suffit pas qu'ils aient le temps de préparer leurs toilettes, il faut surtout qu'ils puissent se disposer à recevoir dignement le sacrement de mariage.
Du moment que le mariage est chose convenu, les deux familles doivent s'unir, de cœur et d'esprit, pour réciter chaque soir le chapelet ou quelqu'autre prière, aux intentions des futurs époux, afin que Dieu leur accorde la grâce de se préparer à faire un mariage béni du ciel.
C'est surtout pendant ce temps que les parents doivent veiller sur les entrevues de leurs enfants: car le démon redrnble alors ses efforts pour les faire tomber dans le pêché. Ce temps ressemble à celui de l'agonie, où Satan doit tout perdre ou tout gagner ; tout perdre, si vos enfants se marient en état de grâce ; tout gagner, s'ils se marient en péché mortel.
Pour prévenir ses ruses, rappelez-vous, pères et mères, les règles de prudence chrétienne que je vous ai exposées précédemment, et mettez-les en pratique.
Saint Alphonse, parlant des entrevues qui ont lieu dans cet intervalle, s'exprime ainsi : € d'après l'expérience que
J'ai, je consentirais à peine qu'un jeune homme se rendit une ou deux fois à la maison de celle qu'il est sur le point d'épouser, et à l'épouse et à ses parents de le recevoir chez eux; Car j’ai presque toujours vu que celui qui s'était exposé à ce danger, était tombé dans le péché, au moins par des paroles ou par des pensées, alors que tous les regards et tous les discours qui ont lieu entre l'épouse et l'époux, s .t de nature à les porter au mal, et qu’il devient moralement impossible que la pensée d'un mariage prochain ne leur cause pas des impressions dangereuses.
Jugez combien vous devez être prudents à la vue des dangers que signale ce saint expérimenté.
XXY
Les empêchements de mariage
Bon nombre ont des idée sinexactes et même fausses sur les empêchements de mariage. Si on voulait les en croire, l'Eglise aurait outrepassé ses droits, en faisant des lois qui prohibent les mariages de ses enfants en ceriiins cas. Sans vouloir prouver à des catholiques l'obligation d'obéir aux lois de l'Église, je dois cependant faire obser- “er à ceux qui critiquent une législation qu'ils n'ont jamais étudiée, que toutes les lois de l'Eglise méritent le respect, et qu'en cela, comme en tout le reste, elle a droit à notre obéissance. Ce qui démontre bien ia haute sagesse de l'Eglise, c'est que tous les empêchements de mariage ont pour but le bien de la société, l'honneur de la religion et la gloire de Dieu, comme les exemples suivants en fournissent la preuve,
Ainsi, le vœu solennel de chasteté que fait, volontairement, celui qui se consacre à Dieu, qui le prend pour son époux, lui a enlevé le droit de se donner à une créature humaine :; puisqu'il est dans la condition d’un époux qui n'est pas libre de contracter un second mariage du vivant de son conjoint.
L'empêchement de consanguinité, qui empêche de se marier ensemble ceux qui sont Parents, jusqu'au quatrième degré inclusivement, est destiné à restreindre les mariages entre parents, sujets à de graves inconvénients; à favoriser les alliances de personnes étrangères les unes aux autres par les liens du sang ; à agrandir le cercle des relations de famille et à prévenir les dangers auxquels la nécessité et l'intimité des rapports exposent ceux qui sont proches parents. D'ailleurs, un sentiment & pudeur naturelle éloigne généralement des alliances entre très proches parents.
Le mariage étant une alliance indissoluble, exige par là même une liberté pleine et entière, exempte de tout ce qui peut lui porter atteinte. L'Eglise pour garantir cette précieuse liberté, frappe de nullité tout mariage contracté par violence, par menace, par séduction, par rapt, ou erronément avec une personne autre que celle qu'on voulait épouser. La loi de l'Eglise sur ce point assure donc la liberté du mariage.
L'incons'ance du cœur humain est telle, qu'il se dégoûte aisément de ce qu'il a aimé passionnément, ou qu'il lui retire son amour pour le reporter sur une autre chose. Les personnes mariées ne sont pas exemptes de cette inconstance. Afin de la neutraliser, et d'empêcher l’un des époux de machiner la mort de l’autre, pour avoir la liberté de s'unir avec une autre personne devenue la cause d'une passion criminelle qui l'aveugle, l'Egiis: a frappé, de nullité le mariage contracté dans ces conditions. Cette prévoyance n'est-elle pas souverainc:1ent sage et prudente ?
Ceci suffit pour permettre de comprendre combien l'Eglise a été bien inspirée en faisant ces lois, que ses enfants sont intéressés à respecter, et dont ils ne doivent solliciter la dispense que pour de bonnes raisons.
C'est pourquoi les parents bien pensants s'empressent de décourager, s'il est possible, les fréquentations entre jeunes gens, parents ou alliés dans les degrés prohibés, surtout si les raisons canoniques exigées pour une dispense font défaut,
Une dispense accordée par l'Eglise est une permission de faire ce que ses lois défendent, ce n'est pas une marchandise, comme quelques-uns semblent le croire. Puisqu'elle a fait la loi, il est évident qu'elle peut dispenser de son observance. La componende qu'elle exige de ceux qui sont capables de la payer, a pour but de diminuer le nombre de ces mariages, et de compenser par une aumône le privilège obtenu grâce à la dispense de la loi.
D'ailleurs, le revenu des componendes doit être dépensé par l'autorité ecclésiastique en œuvres pies. En définitive, elles ne sont qu’un échange d’aumônes.
À part les dispenses de bans, il faut des raisons canoniques pour solliciter et obtenir une dispense de parenté où d’affinité. Ces raisons canoniques doivent être exposées franchement, et fondées en fait, sous peine de rendre la dispense nulle. Il ne suffit donc pas de payer our se marier, comme on le dit quelquefois. En prinei. général, une dispense s'accorde surtout dans l'intérêt de la fille.
Les principaux faits qui peuvent être invoqués à l'appui d'une dispense de parenté, sont qu'une fille est orpheline; exposé à être séduite; sans dot; âgée de 24 ans révolus; maladive et disgraciée physiquement: vivant dans un endroit où la population n’est pas considérabie; que son mariage réconciliera deux familles brouillées entre elies; qu'une veuve, incapable de faire valoir son bien, est chargée d'enfants: le péril d'un mariage mixte, etc.
Lorsque les suppliauts sont liés par plusieurs empéchements.
nue AñAas nr amont An ë n tous CES CHipécücinents doivent être men-
tionnés dans la même supplique sous peine de la nulité de la dispense.
Toute personne instruite de l'existence d'un empêchement, est obligée sous peine de péché mortel d'en iaformer le curé des parties contractantes. C'est pour cette raison que la publication des bans a lieu. Si, de plus. les futurs époux seuls connaissent certains empêchements à leur mariage, ils doivent en prévenir privément leur curé.
Les principaux empêchements dirimants sont l'erreur de la personne, qui a lieu, si quelqu'un voulant épouser une personne en épouse une autre sans le savoir; le défaut d'âge requis et de consentement; la parenté naturelle et l'afnité, jusqu'à Ja quatrième génération inclusivement ; la parenté spirituelle: le vœu solennel de chasteté; le crime; le rapt: la clandestinité : l'honnêteté publique : le lien et la disparité de culte.
Les empêchements de mariage sont de deux sortes: les uns sont dirimants, c’est-à-dire qu'ils rendent le mariage nul ; les autres sont seulement prohibitifs, c’est-à-dire qu'ils rendent le mariage illicite. Dans ce dernier cas, il est valide, mais on ne peut le contracter sans péché. C'est pour découvrir ces empêchements que l'Eglise oblige à la publication des bans.
La parenté naturelle est le lien qui unit entre elles les personnes qui descendent d'une même souche. Il y a
trois choses à considérer dans la parenté : la souche, la
ligne et le degré. On entend par souche, le père et la mére dont les descendants tirent leur origine. La ligne est la suite des personnes qui descendent d'une même tige, directement ou indirectement. Le degré est la mesure de distance qui existe entre les personnes et leur souche commune,
iliité
cheforette lus.
ents leur
reur 1ser faut elle iveeté; ue :
I! y a deux sortes de lignes : l'une directe et l'autre ‘ollatérale ou indirecte. La ligne directe est la suite des personnes qui descendent d'une même souche ou qui montent à cette même souche l’une par l'autre, les uns étant nés des autres. Tels sont les trisaïeul, le bisaïeul. l'aïeul, le père, le fils, etc.
La ligne collatérale est la suite des personnes qui des- “endent d'une même souche, sans être nées les unes des autres. Les frères, les sœurs, les oncles, les tantes, les cousins et cousines, sont parents en ligne collatérale.
L'intervalle entre les parents et la souche commune “st quelquefois égal; par exemple, entre frères, entre cousins germains, le degré est le même parce qu'ils sont à la même distance de la tige commune. Dans ces cas, on est parent au premier, au second, au troisième, ou au quatrième degré égal. Quelquefois l'intervalle est inégal, parceque l’un des parents est plus proehe de la souche commune que l’autre : ainsi, un oncle à un degré de parenté de moins que son neveu. Dans ce cas d'inégalité, on dit qu'on est parent d'un degré à un autre, comme du premier au second, du second au troisième. L'arbre généalogique suivant faciliter: l'intelligence de
ces principes.
tige où souche commune de
ler degré. Paul frère de Marie. ler degré a D © = ® @ a a è [e-) 2e degré © Jacques cousin germain de Jean, © 2e degré os +) CR :
5 T D @ Le & ® 2 à $ 2e dégré. © Marthe cous. issue germ. d'André + 3e degré. — FT œ 7 a @ a. a Q (e) te degré. Louis Catherine. 4e degré.
Pour distinguer les degrés de parenté, il faut se rappeler les règles suivantes : 10 Dans la ligne directe, il ya autant de degrés que de générations ou de personnes, en ne comptant point celle qui est la souche ; ainsi Louisest au quatrième degré de Pierre, parce que depuis Pierre, qui est la souche, et qui ne doit pas être compté, Louis est le quatrième personne, 20 Dans la ligne collatérale à degré égaux, les parents sont éloignés entre eux d’autant de degrés qu'ils le sont de la souche commune, Par exemple Marie et André sont parents aux troisième degré, parce Que, entre eux, ‘! y a trois degrés de distance, 30 Dans cette même ligne collatérale, lorsque deux personnes sont parentes dans des degrés inégaux, c'est-à-dire lorsqu'elles ne sont pas à ia même distance de leur souche commune, pratiquement, elles ne sont censées être parentes que dans le degré le plus éloigné. Ainsi, quoique
gré
ré.
Jean soit au second degré de Pierre :
sont néanmoins au troisième degré au troisième degré de Pierre.
emporte le plus proche.
Marthe et Jean » parce que Marthe est Le degré le plus éloigné
La parenté entre deux personnes
peut-être double de deux manières. I
a première, lorsqu'il y a deux souches ; par exemples, si deux frères épousent de
cousines germaines, les enfants de doublement parents :
ux filles qui soient ces deux mariages sont savoir, au second degré du côté paternel, et au troisième du côté maternel, ‘orsqu'il n’y à qu’une souche, et que ce cendent ont contracté
La seconde, ux qui en desentre eux des mariages par dispense ; c'est ainsi que dans la généalogie suivante :
Bernard, Philippe, Mare, | TS | Anne, = Charles, * à
François.
Bernard, Philippe et Mare ét ayant épousé Cécile sa petite de ce mariage, est au second sont enfants des deux frères :
plus, au quatrième degré, à quent, il y a entre eux de
ant frères, et Philippe -nièce, François, qui est issu degré avec Anne, puisqu'ils François et Anne sont, Ce cause de Cécile ; par consé- UX Consanguinités inégales, quoique tirées d'une même souche.
La parenté en ligne directe, ascendante ou descend est un empêchement dirimant, à quelque degré que ce soit, Ainsi Pierre, mentionné dans le premier tableau, ne peut épouser aucune des filles ou veuves qui se trouvent dans l’arbre généalogique ci-dessus.
ante,
La parenté en ligne collatérale rend le mariage nul jusqu'au quatrième degré inclusivement. Par conséquent Louis ne peut épouser Catherine ; mais cet empéchement ne subsiste plus pour le fils de Louis, puisqu'il est au cinquième degré de la souche commune.
La parenté spirituelle est celle que contractent les parrains et marraines du baptême et de la confirmation. Ainsi, un parrain ne peut épouser sa filleule ni la mère de cette filleule ; une marraine également ne peut épouser son filleul ni le père de ce filleul. De plus, celui qui baptise un enfant, même dans le cas de nécessité, ne peut épouser cet enfant, ni son père ou sa mère.
L'empêchement de crime est l’adultère et l’hor:..ide, seuls ou conjointement commis dans certaines cireonstances prévues par le droit ecclésiastique.
Le rapt est l'acte de celui qui enlève une personne malgré elle. Il ne peut la marier validement, tant qu’elle n'est pas remise dans une situation qui lui permette de donner un consentement volontaire. Le même empêchement a lieu, si quelqu'un enlève une mineure, quand même elle consentirait à cet enlèvement.
La clandestineté est un mariage contracté autrement qu'en présence du curé, ou de l'Ordinaire du lieu, ou d’un prêtre délégué par l’un ou l'autre, et de deux témoins au moins.
L'honnêteté publique résulte d’une vraie promesse de mariage, mutuellement donnée, et stipulée par un écrit signé des parties et, en outre, soit du curé ou de l'Ordinaire du lieu, soit au moins deux témoins. Dans ce cas, chaque promettant ne peut se marier validement avec le père ou la mère; le fils ou la fille ; le frère ou la sœur de l’autre.
iul sé-
Déd'il
Le lien rend nul le mariage que contracte une personne mariée, du vivant de l’autre époux. (1)
Il ne faut donc pas s'étonner que les supérieurs ecclésiastiques exigent des preuves certaines de la mort d’un époux, avant de consentir au mariage de l’autre. L’expérience prouve qu’une personne absente, même depuis longtemps, et que l’on croit morte, peut être vivante.
La disparité de culte existe si une personne est baptisée et que l’autre ne le soit pas. Quant aux mariages mixtes c’est-à-dire entre catholiques et non catholiques, l’Eglise les défend comme contraire à la sainteté du sacrement, et dangereux pour la foi des enfants de la partie catholique. Si elle les tolère, elle me
t à sa permission plusieurs conditions, dont |
a première est que le mariage soit contracté devant un prêtre catholique ; et même alors, elle défend qu’il soit célébré dans l'église, qu’on y fasse aucune prière, et qu’on y Conne aucune bénédiction.
aussi que la partie non catholique promette que les enfants seront baptités et élevés d catholique ; que ni eux ni la partie © gênés dans l'exercice de leur religion.
Elle exige sérieusement ans la religion atholique ne seront
Nous passons sous silence les empêchements pohibitifs, parce qu'ils sont assez connus.
(1) C’est pour rémédier au mal des unions illégitimes que, depuis Pâques 1908, tout mariage doit être mentionné en marge de l'acte de baptême de chacun des conjoints. D, G.
Le jour d’un Mariage
Celui qui se destine à l'état ecclésiastique prie Dieu et consulte le directeur de sa conscience, pour s'assurer qu'il est réellement appelé. Malgré ces précautions, il ne fait qu'en tremblant le pas redoutable qui le consacre prêtre pour l'éternité. Cependant, en choisissant l'état ecclésiastique, il s'éloigne des dangers du monde, il resserre les liens qui l'attachent à Dieu : il s’épargne les « tribulations de la Chair», que saint Paul prédit à ceux qui se marient ; il se consacre au salut de ses frères et continue ainsi l'œuvre de la Rédemption. Quel sublime ministère ! Cependant le jeune lévite est inquiet et pensif ‘u moment de recevoir l’onction sacerdotale, Sa famille et ses amis, présents à la cérémonie, le sont également °n songeant aux responsabilités qu'il assume,
Que cette attitude contraste avec celle d’un cortège nuptial, entrant bruyamment à l'église, tout entier à la joie, assistant au mariage et à la messe qui suit, comme à un spectacle, et sortant sans que la plupart des parents et des invités aient songé à prier pour les futurs époux !
Pourquoi cette différence entre deux cérémonies religieuses, qui se terminent Par une abdication de la liberté Personnelle, par des engagements irrévocables, et qui
comportent les plus graves responsabilités ? Parce que dans le premier cas, les intéressés voient des yeux de la foi, réfléchissent et comprennent: tandis que dans le second cas, on oublie le point de vue surnaturel, on ne songe ni à l'avenir ni aux responsabilités des mariés, mais seulement à se divertir.
Lorsque les futurs époux sont rendus à leurs sièges, le prêtre, revêtu des ornements sacerdotaux, s'avance vers
eux et commence par leur rappeler que «l'union qu'ils
vont contracter est plus étroite que celle d'une mère avec sa fille, et d'un père avec son fils ; plus intime que celle d'un ami avec son ami. Elle n’a qu'un vrai modèle icibas ; c'est l'union de l'âme et du corps, toujours unis, partageant les mêmes peines, les mêmes douleurs, les mêmes joies, le même bonheur ou le même malheur ; inséparables malgré les contrariétés et les répugnances qu'ils peuvent avoir l'un pour l’autre. La mort seule peut briser l'union de l'âme et du corps, comme seule elle brisera la leur. Inquiet sur votre conduite à venir, reprend le prêtre, je vous prie de considérer que votre mariage intéresse hautement l'Eglise votre mère, votre curé, vos parents, tous les fidèles de cette paroisse, selon que vous serez, où non, fidèles aux devoirs de votre religion, dociles aux avis de votre pasteur, l'édification ou le scandale de vos parents et de ceux au milieu desquels vous allez prendre place. Ce n’est pas assez vous dire, pour vous faire comprendre la conséquence de voire union soit pour lé bien soit pour le mal. Elle intéresse grandement le ciel ou l'enfer, selon que ceux qui naîtront de vous seront formés à la vertu par vos paroles et surtout par vos exemples, ou conduits dans le chemin de la perdition par votre négligence à corriger leurs vices naissants, et surtout par les mauvais exemples que vous leur donnerez.
Vous allez d
r le ciel en augmentant le nombre
des élus, ou faire triompher le démon en lui préparant de nouvelles victimes, Y avez-vous pensé sérieusement avant de vous présenter ici... ?
€ L'amour honnête et chré pour l’autre, ne doit jamais être altéré ni par les défauts que vous allez bientôt découvrir l'un dans l'autre, et que jusqu'à ce jour vous aviez peut-être ni par la différence de vos mités ou les maladies fortune. I] faut que cet
tien que vous aurez l'un
pris soin de déguiser, caractères, ni par les infirni par la bonne ou mauvaise
amour et cet attachement, que vous aurez l’un pour l'autre, soient plus forts que tout
cela ; plus forts que les liens qui unissent les amis les plus intimes ; plus forts que ceux qui vous attachaient à vos pères et à vos mères : plus forts enfin que ceux qui attachent un avare à un trésor : aussi forts que l'amour ‘ui unit Jésus-Christ, l'Epoux divin, à l'Eglise sainte A’il s’est associée sur la croix. Etes-vous capables de vous aimer de la sorte? Oui, sans aucun doute, si c’est Dieu qui forme aujourd'hui les liens de cette union, et si toujours vous vous aimez en Lui et pour l'amour de Lui, sans égard aux inclinations naturelles, aux attraits de la vlupté, ou à des charmes que l'âge ou quelque maladie effacera bientôt.
€ Purifiez donc vos Cœurs, et ne considérez, dans le mariage que vous allez contracter, qu'un fardeau commun, qu'une société de deux âmes qui vont s’entr’aider à se sanctifier et à se conduire au ciel par de bons exemples, des conseils salutaires, des prières et des bonnes œuvres communes. Armez-vous d’une patience inaltérable, l’un envers l'autre ; ayez une accomplir tous vos devoirs religieux, afin de procurer la gloire de Dieu, de faire la consolation de votre mère ja
sainte Eglise, la joie de votre curé, celle de ves pères et
sainte ardeur pour
de vos mères, et d'être, pour tous les fidèles de cette paroisse, (comme la bonne odeur de Jésus-Christ », par vos vertus religieuses et sociales et votre conduite édifiante. Vous continuerez ainsi les traditions religieuses de nos ancêtres, transmises à moi, à vous, à tous nos compatriotes, comme un dépôt sacré que je dois, ainsi que mes frères canadiens, remettre intact entre les mains de ceux qui viendront après nous, comme vous devez vous-mêmes les graver dans le cœur de ceux qu'il plaira
à Dieu de vous donner pour enfants.
€Incapables de vos propres forces de remplir d'aussi grands devoirs, vous avez besoin de puissants secours pour soutenir et fortifier votre faiblesse, pour ne pas succomber aux périls de toute espèce, inséparables de l'état que vous embrassez. Vous les trouverez dans les grâces spéciales qu'un Dieu, plein d'amour pour vous, a attachées à la digne réception du sacrement que vous allez recevoir. Vous les trouverez dans les bénédictions qu'ont dû vous donner vos pères et vos mères avrat de vous accompagner ici. Au nom de Dieu et de la sainte Eglise, l'Epouse immuculée de son divin Fils, je vais aussi, moi, votre pasteur, prier pour vous, demander au ciel de vous bénir, de vous rendre saints et sans reproches aux yeux de Dieu et des hommes. Je vais solliciter pour vous, faible fille d'Adam, les bénédictions qui furent données aux saintes femmes du peuple de Dieu, à la douce Rachel, à la sage et vertueuse Rébecca, à la chaste et fidèle Sara: pour vous deux, que le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, vous comble de ses plus abondantes bénédictions: que vous viviez longtemps sur cette terre; que vos enfants, formés à toutes les vertus, soient comme une couronne à vos cheveux blancs, et conduisent en paix votre dépouille mortelle à sa dernière demeure. Enfin je vais demander
que cette nn L H
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1ussi ours pas s de s les 18, 4 allez ’ont vous lise, moi, Vous eux ous, nées hel, ara: À de ns, nts, 1e à alle
bien vite par la mort, soit renouvelée spirituellement dans le sein de Dieu pour durer éternellement.
« Pour vous, qui êtes les pères et les mères de ces deux époux ; vous, leurs frères et leurs sœurs : vous, leurs parents et leurs amis, soyez touchés d'intérêt pour eux et pour leur bonheur futur. Unissez vos prières et vos VæUXx à ceux que je vais faire pour eux, pendant le saint sacrifice de la messe. Priez, conjurez instamment Celui qui unit les cœurs et qui sanctifie les âmes, de jeter un regard de bonté et de miséricorde sur ceux qui vont peutêtre commencer aujourd'hui une carrière de tribulations et de peines. »
Cela démontre, pères et mères, que le mariage de vos enfants est un acte d'une souveraine importance, et que S'il est permis, ce jour-là, de se réjouir dans le Seigneur, il ne l'est pas de se laisser entraîner à la dissipation, et de se livrer à des diverse tents qui conviencent mieux à des noces païennes.
L’exhortation sur la sainteté du sacrement de mariage et sur les obligations qu'il impose, terminée, chaque époux, interpellé par le prêtre, donne son consentement à haute voix; puis, tous deux, se tenant par la main droite, pour manquer qu'ils se soutiendront dans le chemin de la vie, sont bénis dans les termes suivants : (Je vous unis en mariage, au nom du Pére, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.» Le prêtre les asperge ensuite d'eau bénite, et procède immédiatement à le
bénédiction de l'anneau déposé d'avance sur un plateau.
{Bénissez, Seigneur. cet anneau que nous bénissons en Votre nom, afin que celle qu: le portera garde à son époux une fidélité inviolable, qu'elle demeure dans la paix et l’accomplissement de votre volonté, et qu’:lle vive avec son époux dans un mutuel et constant amour. Parle Christ, etc. Ainsi soit-il. » Puis il asperge l'anneau
l'anneau d'eau bénite, et le prése te à l'époux, qui k met Tui-mème au doigt annulaire de la main gauche de son épouse, pendant que le prêtre fait le signe de la croix sur les mains des deux époux agenouillés, qu'il bénit en disant : au nom du Père. et du Fils, et du Saint-Esprit \insi soit-il
« Vous voilà mariés, reprend le prêtre, vous voilà uni: pour la vie! Le sacrement de mariage que vous venez d recevoir à imprimé un sceau divin à votre union et l'a sanctifié, Avec ce grand sacrement, vous avez reçu a bénédiction de Dieu et de l'Eglise, et toutes les grâces nécessaires pour remplir fidèlement les devoirs de votre état. Considérez combien elles sont précieuses ces grâces auxquelles est attaché votre bonheur en cette vie et dans l'autre! Caril ne peut y avoir de vrai bonheur pour vous dans ce mariage, si vous n'y vivez chrétiennement, et si vous négligez les obligations qu'il vous impose ; et, sans le secours des grâces de votre état, vous ne remplirez pas ces obligations, où vous vous en acquitterez mal, et vous vous perdrez
Comprenez, par là. avec quel soin vous devez travailler à les conserver, et à les accroître en vous par une piété sincère et par la pratique constante de toutes les vertus chrétiennes. En croissant en vertus, vous croîtrez en grâces ; el si vous croissez en grâces, les dons et les bénédictions de Dieu se multiplieront su: vous et sur vos enfants, et ces bénédictions assureront votre bonheur et celui de votre famille.
Prenez donc garde de vous exposer au danger de perdre ces grâces en vous abandonnant en ce jour, à une dissipa- Lion indécente, aux réjouissances licencieuses, aux plaisirs
criminels des enfants du siècle, Bannissez de vos noces
tout ce qui pourrait être contraire à la décence et à la
qui k he de Croix it en sprit
\ unis 1ez «| et l'a çu lu rrâces votre races dans pour nent, EVER mplimal,
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à la
modestie chrétienne. Conviez-y N.-S, J.-C. : priez-le d'y présider avec sa sainte Mère, comme aux noces de Cana, et réjouissez-vous en sa présence.
Regardez ce jour, où Dieu lui même vous à béni dans le sacrement de mariage, commeun grand jour pour vous, un jour que vous devez passer dans la crainte du Seisneur, et dans une grande dévotion, à l'exemple du jeune l'obie et de tant d'autres saints. qui ont mérité la bénédiction de Dieu pour eux-mêmes et pour leurs familles, et qui l'ont transmise comme un héritage à leur longue postérité, »
0 sainte Eglise, qui ne vous bénirait à chaque instant. en voyant l'amour que vous portez à vos enfants! Vous sanctifiez l'homme, à son entrée dans la vie ; vous formez sa Jeunesse ; vous lui donnez le pain des anges pour fortiher sa faiblesse ; vous lui avez préparé un bain pour le puriher des souillures de son âme ; vous le guidez au milieu des périls de cette vallée de larmes ; enfin, vous sactifiez le mariage de vos enfants ! Vous étes vraiment l'épouse de Celui qui est venu donner :a vie pour sauver le genre humain. Vous me faites comprendre combien cette union de l’homme et de la femme loit être sainte, et jusqu'à quel point elle intéresse la gloire de Dieu et le salut des Âmes, quand je vous vois ouvrir tous les trésors de srâces que votre divin époux vous a confiés, pour sanctilier le mariage de vos enfants. Le sacrement que viennent de recevoir ce jeune homme et cette jeune femme,
leur a communiqué des grâces proportionnées aux obligaüons qu'ils ont contractées ; vous avez chargé vos ministres de les bénir en votre nom, et pour tout couronner. “ous faites descendre Dieu du ciel, comme pour ratifier les bénédictions qu'ils ont reçues.
J'ai vu des parents assister au mariage de leurs enfants,
et \d
ie sens des cérémonies qui l'accom-
pagnent, qu'ils versaient des larmes pendant la messe célébrée pour le bonheur des nouveaux époux.
Vous tous, qui vous intéressez au bonheur de ces deux jeunes gens, qui viennent de se donner l’un à l’autre, suivez maintenant le prêtre à l'autel, et priez avec lui de tout votre cœur. Surtout au moment de l'élévation. adorez le Sauveur immolé pour ceux que vous aimez, et prosternés aux pieds de Jésus, demandez pour eux le vrai bonheur, et pour vous, pères et mères, le pardon des fautes que vous avez commises en les élevant, afin que Dieu, oubliant leurs péchés et les vôtres, ratifie les bénédictions que le prêtre va leur donner, car l'amour de l'Eglise n’est pas encore épuisé.
Après la récitation du Pater, le prêtre se tournant vers la jeune femme qu'il vient de marier, demande pour elle les bénédictions qui [ui aideront à bien remplir son importante mission.
CO Dieu qui par votre puissance souveraine avez fait tout de rien ; qui, ayant mis en ordre les premiers éléments de l'univers, après avoir créé l’homme à votre image, avez formé la femme pour être son aide inséparable. Vous qui avez tiré le corps de la femme de la chair même de l’homme, pour nous apprendre qu'il n’est jamais permis de séparer ce qui, par votre volonté, n'a eu qu'un seul principe ; ô Dieu, qui avez consacré l'union des époux par un mystère si élevé, que le mariage est la figure de l'union sacrée de J.-C. avec son Eglise ; ô Dieu, par qui la femme est unie à l’homme, et sur qui toute la société repose, donnez-lui la bénédiction qui est la seule dont nous n'ayons pas été dépouillés ni par la punition du péché originel, ni par la sentence du déluge ; regardez avec bonté votre servante, qui devant être unie à son époux implore le secours de votre protection ; que son
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joug soit un jo:: d'amour et de paix ; que chaste et
fidèle, elle se rare en à 22 » et Suive toujours l'exemple
des saintes Etines; qu‘ile soit aimable à son mari comme Rac, éi, save con me Rébecca ; qu'elle ait une longue vie ei soit 220 comme Sara ; que l’auteur du péché n'ait aucun empire sur elle ni sur ses actes ; qu’elle demeure attachée à la Foi et aux commandements : qu'’étroitement unie à son mari, elle lui garde une fidélité imviolable ; que la force d'un: vie toute chrétienne vienne au secours de sa faiblesse : qu'elle soit grave par sa modestie, vénérable Par Sa pudeur, instruite dans la science du ciel : qu'elle ait une heureuse fécondité ; que sa vie soit pure et innocente, et qu'elle
Parvienne au repos des élus dans le royaume du ciel
Puis priant pour les deux époux, il continue : Que tous les deux voient les enfants de leurs enfants jusqu’à la troisième et à Ja quatrième génération, et qu'ils arrivent ainsi à une heureuse vieillesse, Par le même J.-C, N.-S. »
Quelle abondance de bénédictions! Toutes nécessaires à la femme chrétienne, le la patience, la chasteté, la sagesse, la prudence, la modestie, l'amabilité, Ja force, la science des choses célestes, une longue vie, Heureuse la femme dont la jeunesse passée dans la piété, la crainte de Dieu et la pureté, s'est préservée de la Contagion du mond: et s'est :ppliquée à préparer un cœur capable de recevoir dignement le sacrement de mai.age!
Après le Benedicamus Domino ou l'Ite Missa est, selon la rubrique, le prêtre, avant de bénir le peuple, se retourne vers les époux et dit: “Que le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob soit avec vous, et qu’il répande en vous sa bénédiction, afin que vous puissiez voir les enfants de vos enfants jusqu’à la troisième et la
les vertus prêtre les a sollicitées :
quatrième génération, et que vous possédiez ensuite la vie éternelle, par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui étant Dieu, vit et règne avec le Père et l'Esprit-Saint dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il."
La célébration du mariage est terminée: le consente ment des deux époux a été donné en présence du prêtre: la bénédiction du Tout-puissant a sanctifié leur union: les anges, présents aux saints mystères, en ont été les témoins; l'Eglise l’inscrit dans ses registres... L'acte est signé
Vous avez bien compris, pères et mères, ce que Dieu et l’église viennent de faire pour vosenfants. Maintenant quel sera le caractère des noces, si vous en faites ? Serontelles plutôt païennes que chrétiennes ? Alors, serez-vous assez inconsidérés pour y associer les jeunes époux,-—il n'y a encore qu'un instant,—à genoux aux pieds des autels, et sanctifiés par tant de prières et de bénédictions ? Vous oseriez les rendre témoins et même complices de divertissements - andaleux! Pourquoi avoir demandé pour eux la pureté, la sagesse, la modestie, la piété et toutes les vertus, pour les scandaliser ensuite ? Serez-vous assez insensés pour effacer, dès le premier jour de leur mariage, l'espérance d'une vie de bonheur, en attirant la malédic tion du ciel sur ceux que Dieu avait promis de toujours bénir ?
Oh! je vous en supplie, au nom de Dieu qui a daigné bénir cette union de vos enfants; au nom de l’église qui
a mis à leur disposition le trésor de ses grâces; au nom du Sauveur dont ils sont les membres: au nom de votre pasteur qui a tant prié pour leur bonheur; au nom des bons catholiques de votre paroisse, ne faites pas, à l'occasion du mariage de vos enfants, une noce licencieuse. Quelle étonnante conduite, si, après être allés à l'église
a vie tqu:
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prier Dieu, vous passiez la journée dans des divertissernents défendus «ar la religion que vous professez! Ne mériteriez-vous pas alors le reproche humiliant que saint Paul faisait aux Galates: Etes-vous assez insensés, après avoir commencé par l'esprit de Dieu, vous finissiez par la chair," (1) en vouslaissant aller à toutes sortes de péchés, le reste de la journée ? Vos enfants d'ailleurs loivent vous être trop chers, vous êtes trop intéressés à eur bonheur, pour les pousser à profaner le jour de leur mariage. Croyez-moi, faites à vos enfants une noce chrétienne, Bannissez-en toute espèce de désordres. Que
Dieu y préside comme aux noces de Cana; que ses anges
assistent, comme au mariage du vertueux Tobie. Méditez tes réflextions suivantes de M. Couturier:
Jésus-Christ n'a pas dédaigné d'honorer jes noces de Cana par sa divine présence. Heureux les époux dont les ‘estins sont sanctifiés par la présence de Dieu! Des festins! Hélas! pauvres gens de nos Campagnes, à quoi vous réduisent-il: * A manger du pain le lendemain. On vent se réjouir! Hélas! C'est sur le bord d'un fleuve de trmes. .. Cependant réjouissez-vous, si vous voulez; mais que ce soit dans le Seigneur, comme Tobie et les anciens Patriarches. Heureuses familles qui bénissaient toujours nom du Seigneur dans leurs fêtes et leurs repas! Telles, “plus saintes encore, devraient être les noces des chré- ‘lens, puisque leurs mariages sont plus saints que ceux le Ancienne Loi. Que le Seigneur soit done béni jusque lars vos divertissements. Pour cela il faut en bannir lintempérance, les excès, le tumulte, la licence, les discours
obscènes, les danses, les libertés criminelles, mille désordres qui ne sont que trop ordinaires et qui attirent les malédictions de Dieu sur les mariages.
” Chefs de famille, c'est à vous à mettre l'ordre. C'est vous qui répondrez, devant Dieu et de: :nt les hommes. des scandales donnés dans vos maisons, de votre indulgence el peut-être de vos encouragements à une joie licencieuse. C'est’sur vous, c’est sur vos enfants que retombera la colère du Ciel, que vous provoquez sur des maisons où le Seigneur est tant offensé.”
Pour éviter les désordres que la religion réprouve, n'admettez aux noces de vos enfants que des personnes sages et chrétiennes. C'est l'exemple que vous donne Fobie. Voulant faire un festin, ‘il envoya son fils inviter queiques personnes de sa tribu, qui craignaient Dieu, pour se réjouir avecelles.”" (1) L'écriture nous apprend encore que lorsque Ragüel eût marié sa fille Sara avec le jeune Tobie, il assembla quelques amis, ‘‘et ils firent le festin des noces, en bénissant Dieu.” (2)
Voilà de quelle manière se faisait une noce juive.
Serait-ce trop exiger des catholiques, en demandant que
leurs noces soient aussi édifiantes que celles des Juifs craignant Dieu ?
Remarquez que le Concile de Trente ordonne aux évêques d’avoir soin que les solennités des noces se passent avec la modestie et l'honnêteté requises: car, ajoute le saint Concile, le mariage est une chose sainte. qui dait être traitée saintement.
Cette description est, pour tout catholique, une règle de conduite qu'il ne lui est pas permis de transgresser.
(INFOS dE 2:
(2) Tob,, VII, 17.
ésort les
l'est mes, iduljoie que
* des
uve, nnes >»nne riter Jour core ‘une stin
ive.
que uifs
Or, les solennités des noces de vos enfants se passeraientelles avec la modestie et l'honnêteté que requiert Ja sainteté du mariage, si vous invitiez des personnes d’une onduite scandaleuse, ou si vous n'en bannissiez pas les mauvaises chansons. l'ivrognerie, les danses, et tout ce qui est contraire à la modestie et à l'honnêteté prescrite par le Concile de Trente.
Après avoir rapporté l'exemple de Jésus-Christ. qui daigna honorer de sa présence les noces de Cana, pour témoigner qu'il ne désapprouvait pas la joie innocente à ‘aquelle on se livre dans ces occasions, Bergier ajoute: A son exemple, les Conciles et les Pères de l'Eglise n’ont pas blâmé la pompe et la güité modeste que les fidèles faisaient paraître dans ces noces; mais ils ont toujours ordonné d'en bannir toute espèce d'excès, et tout ce qui ressentait encore les mœurs païennes. [l ne convient pas, dit le Concil: de Laodicée, aux chrétiens qui assistent aux noces, de se livrer à des danses bruyantes et lascives, mais J'y prendre un repas modeste et convenable à leur profession.”
Puisqu'il en est ainsi, il faut done en bannir l'ivro- “nerie, les paroles et les chansons mauvaises, les jeux entre personnes de différents sexe, les immodesties dans la toilette, en un mot, ce qui peut offenser Dieu et scandaliser le prochain.
Ce qu'on appelle le festin des noces, doit-être un repas modeste, et c’est un abus de prolonger les noces au-delà du jour du mariage.
Il est défendu de s'y livrer à des danses bruyantes et lascives.
Les danses, si dangereuses en tout temps, le deviennent infiniment plus dans les noces, surtout si elles ont lieu pendant une partie de la nuit.
Pour ne pas manquer à ce que l'Eglise recommande. faites un festin modeste, le jour du mariage de vos enfants, avec les parents et les ainis, en bénissant Dieu. et Lerminez la solennité des noces avant la nuit.
Bon nombre de nos compatriotes suivent maintenant ces règles sages, prescrites par une louable économie et par les enseignements de la religion. Hs ont compris la folie de ces noces, où deux et trois jours de dépenses et de divertissements indignes de chrétiens, appauvrissaient et déshonoraient tout à la fois. Heureux si les pères el les mères étaient tous assez raisonnables et religieux pour ies imiter!
J'ai vu de jeunes époux, le jour de leur mariage, faire leur visite au Saint Sacrement, pour remercier Dieu des grâces et des bénédictions reçues le matin: d’autres prier leurs parents de n'inviter au repas des noces, qu'un nombre restreint de parents et d'amis, afin de diminuer les dépenses. Ils préféraient consacrer le premier jour de leur mariage, par une aumône aux pauvres. Heureux époux! qui pensent à mettre le ciel dans leur intérêts, et
qui comprennent le besoin qu'ils ont du secours de Dieu
pour vivre saintement dans leur état.
inde, vos heu,
Hal!
ie el 1s la es et uent es el
pour
faire des prier l'un iuer jour "eux 3, et Dieu
Les serviteurs et les servantes
Les parents forcés de placer leurs enfants en service, doivent choisir des familles au milieu desquelles leurs principes religieux et leur innocence seront à l’abri de tout danger. C'est un devoir de conscience dont aucune raison ne saurait dispenser.
Les dangers que courent, en particulier, les jeunes servantes, sont trop évidents, et les conséquences de leur perversion trop lamentables, pour ne pas engager les parents à agir avec la plus grande circonspection.
Qu'ils se méfient même des apparences souvent trom-
peuses. L'expérience, en effet, prouve que les coquins
masqués sont nombreux. C'est vourquoi ils ne devraient jamais placer leurs filles dans n'importe quelle famille, sans avoir consulté le curé de la paroisse sur laquelle elle réside.
La meilleure des jeunes filles se perdra infailliblement, si elle entre dans une famille qui n’est pas foncièrement chrétienne; dont le père n'est pas de mœurs irréprochables, fidèle à ses devoirs religieux ; dont la mère est mondaine, légère, insouciante, et ne se préoccupant guère de ce qui se passe dans sa maison. Si les parents ne ‘avent pas gouverner leur famille, élever chrétiennement
leurs enfants, ils ne S'inquièteront pas de la cor luite de votre enfant.
M. MecGinn, ancien gouverneur de la prison de Montréal dans son rapport à l'Assemblée Législative, en 1849, déclare ‘qu'une partie des malheureuses filles, confinées dans cette prison pour cause de dépravation et de prostitu- Hon, étaient venues de la campagne pour se mettre en service dans la ville. Ces jeunes filles sont assez souvert les victimes de leur imprudence, et tombent dans les filets des maîtresses de maisons de prostitution. Ces femmes dépravées les attirent chez elles, les trompent, les enivrent et leur ôtent tout moyen d'échapper de leurs mains, en employant même la force physique. Eloignées de leurs parents, et ne sachant à qui recourir pour se tirer des mains de ces maîtresses, ces malheureuses se livrent à l'ivrognerie pour oublier l'horreur de leur situation, étouffer les remords de leur conscience, et finissent par s'abandonner entièrement à la prostitution.” (1)
Que les pères et les mères de la campagne ne permettent donc jamais à leurs filles de prendre du service dans les villes que s'ils ne peuvent faire autrement,
M. McGinn rend publique une autre cause dela démoralisation, que je dois signaler aux pères et aux mères, afin de leur faire comprendre qu'ils ne sauraient être trop prudents.
« Une partie considérable des filles perdues confiées à ma garde étaient en service dans des familles respectables, où
elles nt été perverties et séduite par leurs propres
maîtres, ou par des amis intimes de la famille de leurs maîtres. »
(1) Que les parents sachent que la traite des blanches est aujourd’hui habilement organisée et se pratique sur une large échelle! D. G.
te de
tréal 1849, inées titue er vert filets imes ‘rent s, en leurs
des nt à tion.
par
metlans
InOres,
trop
il en est encore ainsi aujourd'hui. L'humanité ne change point.
Même lorsque vos enfants sont placés dans des familles chrétiennes, ne les perdez pas de vue. Demandez souvent, non seulement à ceux à qui vous les avez confiés, mais tuSsi à Vos connaissances, si vos enfants sont fidèles à leurs devoirs religieux: si on les laisse courir les veillées: 4, dans les maisons oùils demeurent. il n'y a pas d'assemblées de jeux, de danses: s'ils n'entendent pas de mauvais discours: s'ils n'y voient pas des choses capables de les pervertir. Vous êtes tenus de vous renseigner dans la mesure du possible; parce qn’en plaçant vos enfants dans l'autres familles, vous n'êtes pas déchargés de l'obligation de veiller sur eux.
Si vous apprenez que votre enfant est exposé à perdre son innocence, dans la maison où il est en service, faites-
le sortir sans délai. Le droit de rompre, sans avis préa-
lable, l'engagement de votre enfant, pour une raison
STave, St par exemple, son bien spirituel l'exige, ne manquez jamais de vous le réserver, afin de prévenir toute difficulté.
faute d'avoir suivi ces règles de prudence chrétienne, bon nombre le jeunes filles, élevées chrétiennement et sorties pures de la maison de leurs parents, sont devenues le scandale d'une paroisse, sont retombées à la charge de leurs parents, ou se sont livréesau libertinage professionel.
Ce devoir de conscience est l'unique réponse à faire à ‘eux qui se plaignent de ne pouvoir trouver de servantes, *Uaceusent quelquefois les parents de garder leurs files à lâner. S'ils étaient francs, ou s'ils étaient bien au fait de ce qui se passe dans leur maison, plusieurs de ceux qui se plaignent ainsi feraient mieux de s’accuser eux-mêmes, et de faire disparaître les causes de ces ennuis.
Les parents pauvres ont une conscience et aiment leurs filles aussi bien que ceux qui sont à l'aise; par conséquent, on ne saurait les blâmer de garder leurs jeunes filles chez eux, de mendier même, plutôt que de les mettre en service dans des familles sujettes à caution. D'ailleurs, les familles chrétiennes, qui ne traitent pus les servantes comme de simples mercenaires. réussissent encore à en retenir à leur service.
Les parents pauvres doivent, s'il est possible, se faire remettre le salaire de leurs enfants, du moins, tant que ceux-ci ne sont pas majeurs. D'un autre uôté, les enfants dont la famille est pauvre, s'ils ont du cœuret de la piété filiale, remettent volontiers leurs salaires, en tout ou en partie,sans attendre qu'on les y invite ou qu'on l'exige.
De cette façon, les parents habituent leurs enfants à économiser, les protègent contre leur inexpérience, contiauent à leur procurer ce dont ils ont besoin, et peuvent soulager l'indigence de la famille. Autrement, ces jeunes #ens gaspillent leur salaire: les garçons, en parties de plaisir, en amusements dangereux, dans fes buvettes: et les filles, en bagatelles, en toilettes qui les feraient prendre "ir des princesses, si leur éducation ne les trahissart, Ils
iblient qu'ils ont laissé, à la maison, un père et une mère mal vêtus, mal nourris. manquant du nécessaire, que le quatrième commandement de Dieu leur fait un devoir d'assister, et ils attirent ainsi la malédiction sur eux. Pourtant, ilest toujours vrai que le premier devoir des enfaits est d'assister leurs parents.
Si les parents peuvent vivre à leurs dépens, qu'ils déposent salaire au nom de leurs enfants. qui, au bout d’un certain nombre d'années, seront en possession d'un petit capital qui facilitera leur établissement et leur permettra de fonder une famille.
ent par eurs de ion, ; les
ent
aire que nts été en re.
S à itient nes de et lre Ils ne re, un ur it
O0 the tit ra
Il se rencontre que’ ‘uefois des chefs de famille des femmes intelligentes et charitables.
qui peuvent suppléer les parents, se préoccuper de tous ces détails, s'intéresser à leurs serviteurs comme à leurs propres enfants, dans ce cas, les pères et les mères font bien de leur demander ce service,
Les parents qui permettent à leurs enfants d'aller tra vailler dans les chantiers, leur rendent généralement un bien mauvais service, et les exposent à des dangers
que seule la nécessité peut excuser.
Pour le comprendre, ils n'ont qu'à examiner, devant Dieu, s'il est possible qu'un ieune homme éloigné de ses parents, en compagnie de jeunes gens plus ou moins recommandables, privé de secours religieux durant un long hiver, et abandonné à lui-même, ne soit pas en très grand péril de se perdre.
Les parents qui aiment véritablement leurs enfants doivent done autant qu'il dépend d'eux, les détourner de ce genre de vie. Leur intérêt spirituel doit toujours l'emporter sur toute autre considération.
De plus ces jeunes gens se désaffectionnent de leur famille, se dégoûtent de la culture, deviennent indépendants et indociles, sacrifient à des étrangers les meilleures années (le leur vie, sans avantages appréciables pour leur avenir, et finissent souvent par rester simples journaliers des mercenaires proprement dits, dans une province où ils aura‘ent pu, si aisément, se tailler un beau lopin de terre, et y vivre plus heureux
et plus indépendants que les rois.
I vaut donc beaucoup mieux, pour leur bien spirituel et même temporel, les engager dans de bonnes familles où ils seront surveillés comme les enfants de la maison, Où ils pourront remplir leurs devoirs religieux, et, tout en gagnant un bon salaire, conserver le goût de :a culture de ia terre, et de ce genre de vie honorable, paisible, stable
236 LE MANDUEI DES PARENTS « HRÉTIENS
et indépendant, Je dis « genre de vie paisible et stable » ‘ car telest bien celui du « ullivateur canadien, Son champ fournit amplement à tous ses besoins réels. Une fois ensemence, ile confie à la Provide nce, attendant, comme dit l'apôtre saint Jacques, «le précieux fruit de son tra val LR uniquement de la bonté divine qui envoie du ciel la pluie, en temps convenable, pour féconder son hamp.(l
Il est done particulièrement l'enfant de la Providence:
comptant sur elle comme les oiseaux duc ie Débarras
des craintes, des soucis, des conflits d'intérêt qui rendent malheureux et malhonnétes une foule de ceux qui sont dans le commerce, ou qui occupent de hautes positions, il vit en paix, content de son sort. Sa récolte lui permet de faire honneur à ses affaires et d'élever sa famille dans l'aisance, Heureux état de vie! Mais plus heureux CNCOre Ceux qui l'aiment, qui ne voudraient l'échange: pour aucun autre et qui n'envient pas la félicité apparente des riches! Oh! que ne puis-je faire comprendre aux culti
Valeurs de nos belles cam agnes, quel serait leur bonheur. Î
st, contents de leur sort, fidèles aux devoirs de leur reli gion, docile aux directions de leurs curés, ils savaient vivre étrangers à tout ce qui peut troubler et eéhpoisonner les douces et paisibles jouissunces que la Providence leur prodigue! D'ailleurs, n'est-il pas démontré que la culture de la terre est la plus sûre et la plus avantageuse des industries ?
Quand à vous pères et mèr s, qui êtes obligés d'avoir des serviteurs, vous ne sauriez être trop prudents en matière aussi délicate. Vous introduisez au foyer de votre famille un serviteur où une servante qui, à votre
insu, peut perdre vos enfants. Vous êtes donc tenus de vous assurer de la probité, de l'honnêteté et des mœurs de la personne que vous CnEaAgez
Plusieurs chefs de famille, faute d'avoir pris ces infor mations, ont engagé des serviteurs dont les discours, la conduite et l'immoralité ont empoisonné le cœur de jeunes enfants qui, jusque là avaient conservé l'innocence bap tismale
Ordinairement on « préoccupe seulement de savoir si la personne que l'on veut engager est travaillante, soigneuse, ménagère, propre et de bonne volonté. Ces qualités ont letr prix. mais elles ne suffisent pas, car les parents n'ont pas à pourvoir unie “ot aux intérêts temporels de leur famille.
Si cette personne manque des qualités morales: est vaniteuse, désobéissante, tient de Mauvais discours, n’est pas de mœurs pures, n appréhendez-vous pas qu'elle scandalise votre famille. qu'elle instruise vos enfants de choses qu'ils doivent ignorer. ot que même elle apprenne le vice ?
leur
Croyez-moi, il vaut uueux étre moins bien servi, et ivoir une servante dont la conduite, les mœurs et l'honuêteté mettent votre famille à l'abri d'une foule de dansers, toujours à craindre, si elle manque de ces qualités.
La personne que vous prenez à votre service, faisant partie de votre famille. est par là même soumise à votre autorité ; vous lui tenez lieu de père et de mère, «Si quel qu'un, dit S, Paul, n'a pas soin des siens et particulière-
ment de ceux de sa maison, il a renoncé à la foi et il est pire qu'un infidèle » (1)
De leur côté, vos serviteurs doivent vous ètre soumis et vous obéir en tout, comme l'enseigne le même apôtre. € Vous, serviteurs, obéissez à vos maîtres selon la chair, avec la même crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur, comme à Jésus-Christ même... les serant avec affection, comme si vous serviez le Seigneur, et non les hommes.» (1) Ils doivent donc vous regarder comme tenant la place de Dieu, et vous obéir comme vos propres enfants. Quant à vous, pères et mères, vous manqueriez à votre devoir, si vous n'exigiez d'eux ce respect, cette soumission et cette obéissance indispensables au bon ordre de votre maison et à l'édification de vos enfants. Ainsi, les laisser maîtres de faire ce qui leur plaît, d'aller où ils veulent, quand vous n'avez pas besoin de leurs services, le soir où les dimanches, serait manquer à votre devoir. Tant qu'ils sont à votre service, vous êtes responsables à Dieu des fautes qu'ils commettent parce que vous ne veillez pas suffisamment sur eux.
C'est un second devoir que vous devez remplir envers eux. Puisque vous êtes obligés d'éloigner vos enfants des réunions et des veillées dangereuses, des danses et de tout ce qui peut les scandaliser, vous l'êtes également à l'égard de vos serviteurs. La preuve de cette obligation se trouve dans le texte de S. Paul, cité plus haut, Les murmures et les plaintes de vos serviteurs contre une sévérité qui est pour leur bien, ne doivent jamais vous empêch" de faire votre devoir. Si quelquefois, vous jugez bon de les laisser sortir. prenez les mêmes précautions que pour vos enfants. Lorsqu'ils refusent de s» soumettre à ce régime, congédiez-les, à moins de ne pou-
(1) Col. IT, 2
imis
OiN uer OUS ent
voir faire autrement, Vous avez tout à perdre et rien à sagner, en retenant à votre service de pareils serviteurs.
Un troisième devoir envers vos serviteurs, est de les corriger et de les reprendre, quand ils font ou disent quelque chose de mal. C'est ordinairement par la douceur et des avis charitables que vous réussirez à les amender. Les procédés violents et durs, les réprimandes acerbes et sur un ton irascible, sont rarement salutaires. Si, après plusieurs avertissements, ils continuent à agir à leur guise, payez-les et remerciez-les.
Un quatrième devoir, est de les instruire ou faire instruire, s'ils ignorent les vérités nécessaires au salut, ou leurs devoirs de religion. Vous devez, de plus, les envoyer régulièrement à confcsse, aux offices divins, aux éatéchismes ; veiller à ce qu'ils fassent bien leurs prières, se tiennent avec respect dans le heu saint, et ne scandalisent pas votre famille.
La charité toujours, et !a justice, si vos serviteurs sont malades par votre faute, vous fait un devoir de les Soigner “omme vos enfants. Imitez le centenier de l'Evangile, qui garda chez lui son serviteur malade, et le soigna. Ayant entendu dire que Jésus guérissait les malades, il vint le prier de guérir son serviteur. Jésus fut si touché de la charité de ce bon maître. qu'ii lui accorda à l’instant même la guérison de celui auquel il s’intéressait tant.
Vous devez aussi payer fidèlement vos serviteurs. C'est un des conseils que Tobie donnait à son fils : («Lorsqu'un homme aura travaillé pour vous, disait-il, payez-lui aussitôt ce qui lui est dû pour son tra vail ; et que la récompense du mercenaire ne demeure jamais chez vous. » (1)
Rien n'irrite Dieu comme certains maîtres qui négligent de payer leurs serviteurs, sous un prétexte ou sous un autre. Qu'ils méditent, ces paroles de S. Jacques € Voilà que le salaire dû aux ouvriers qui ont moissonné vos champs, et dont vous les avez frustrés, élève sa voix , et les cris qu'ils poussent sont parvenus aux oreilles du Dieu des armées. » (1) Payez donc fidèlement ceux qui vous servent, et n'exigez jamais qu'ils remboursent le prix des objets brisés ou cassés par mégarde.
N'oubliez pas que vos serviteurs ont droit à leur réputation. Ne les dénigrez donc pas, lorsqu'ils ne sont plus à votre service, c-r vous compromettriez leur avenir. Vous n'êtes tenus de dévoiler certains défauts que si la charité envers le prochain vous en fait une obligation.
Enfin, n'aubliez jamais, maîtres et maîtresses, que vous devez, en tout, le bon exemple à vos serviteurs et à vos servantes, et qu'il est criminel deles scandaliser ou d'abuser d'eux. Vous remplacez leurs pères et leurs mères, par conséquent vous êtes les gardiens de leur innocence. Malheur donc au maître ou à la maîtresse qui abuserait de l'autorité que. Dieu lui a donnée sur une servante ou sur un serviteur, pour les faire tomber dans le péché ! Quel monstre qu'un maître qui, devant regarder sa servante comme son enfant et en être le gardien e le père, la déshonore ! Misérable ! Dieu vous redemandera son âme, son honneur, son avenir, que vous lui avez lâchement ravis.
Le luxe et les parures des femmes
Dans mes réflexions sur le luxe et les folles dépenses qu’il occasionne, je le considérerai seulement comme opposé aux enseignements de la religion. Cependant, je prie mes lecteurs de remarquer que s’il est contraire à nos intérêts spirituels, il l'est aussi à nos intérêts temporels. Aussi le luxe, condamné par la religion comme opposé aux principes du christianisme, a été pareïillement condamné par les économistes, comme préjudiciable à la propriété temporelle d’un peuple.
Si je n'écrivais pour des catholiques, je me garderais bien d’invoquer la sainte Ecriture, les saints Pères et les écrivains catholiques, à l'appui de ma thèse contre le luxe et les vaines parutes, dont une âme chrétienne ne devrait pas se préoccuper plus que de la toilette d’une poupée.
Je prie les personnes du sexe de ne pas s'étonner si les autorités que je vais citer sont toutes à leur adresse. C'est un fait indiscutable qu'elles ont plus besoin d'être prémunies contre un penchant inné chez elles, et qui les domine plus impérieusement que les hommes,
Le prophète Isaïe avertit les chefs du peuple de Dieu des malheurs qui vont fondre sur eux, parce qu'ils ont
ravi la part du pauvre, et qu'ils ont meurtri son visage de coups : puis s'adressant aux filles de Sion, il leur dit de la part de Dieu : « Parce que les filles de Sion se sont élevées d'orgueil, qu’elles ont marché la tête haute, en faisant des signes des yeux, et des gestes des mains. qu'elles ont mesuré tous leurs pas. et étudié toutes leurs démarches, le Seigneur rendra chauve la tête des filles de Sion, et il arrachera tous leurs cheveux ; en ce jour-là, le Seigneur leur ôtera leurs chaussures magnifiques, leurs croissants d'or, leurs colliers, leurs filets de perles, leurs bracelets, leurs coiffes, leurs rubans de cheveux, leurs jarretières, leurs chaînes d’or, leurs boîtes de parfums, leurs pendants-d'oreilles, leurs bagues, leurs pierreries qui leur pendent sur le front, leurs robes magnifiques, leurs écharpes, leurs beaux linges et leurs poinçons de diamant, leurs miroirs, leurs chemises de grand prix, leurs bandeaux et leurs habillements légers ; et leur parfum sera changé en puanteur, leur ceinture dorée en une corde, leurs cheveux frisés en une tête nue et sans cheveux, et leurs riches corps de jupes en un cilice, » (1)
Malheureusement, combieri de chrétiennes portent, sans Scrupule, des ornements qui ont attiré, sur ces filles et ces femmes juives, la colère de Dieu !
Voyons maintenant ce que les Apôtres ont prescrit aux femmes chrétiennes sur ce point important.
« Que les femmes aussi prient, étant vètues comme l'honnêteté le demande : qu'elles se parent de modestie et de chasteté, et non avec des cheveux frisés, ni des orne ments d'or, ni de perles, ni des habits somptueux ; mais avec des bonnes œuvres, comme le doivent faire de:
(1) Isate, III, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 28, 24.
age dit ont , en ins, 'urs
de
lemmes qui font profession de piété.» (1) « Femmes, dit S. Pierre, ne mettez pas votre gloire à vous parer au ‘Ichors par la frisure des cheveux. les enrichissements d'or ct la beauté des habits, mais à parer l'homme invisible caché dans le cœur, par la pureté incorruptible d'un esprit plein de douceur et de paix : ce qui est un riche et magnifique ornement aux yeux de Dieu. » (2)
Les filles et les femmes mondaines mettent leurs plus belles Loilettes pour venir aux offices divins, et les apôtres leur prescrivent de n'y venir qu'avec des habits modestes, el convenables à des personnes qui s'y rendent Pour prier un Dieu crucifié. Elles admettront sans doute qu'il vaut mieux suivre l'enseignement de ces derniers.
« Les femmes, dit S. Basile, ne doivent, en aucune manière que ce soit, s'étudier à rehausser leur beauté par leurs parures, mais mettre plutôt tous leurs soins à faire des bonnes œuvres, étant persuadées que c'est en cela que doit consister tout l'ornement des femmes chrétiennes.
(Une femme chrétienne, dit Tertullien, ne peut en consclence désirer de plaire par sa beauté qu'elle sait être naturellement propre à exciter de mauvais désirs. Elle doit non seulement rejeter les parures affectées, mais cacher et obscurcir sa beauté naturelle, en la négligeant, afin de se mettre à couvert des désirs imprudents des hommes. Si une personne chrétienne doit se glorifier en sa chair, c'est quand elle est déchirée pour Jésus-Christ, et non
quand elle attire les veux et les soupirs des jeunes gens. {Sachez qu'une femme parfaite, c'est-à-dire chrétienne et chaste, bien loin de désirer qu'on ait de l'amour pour
() 1 Tim, IL, 9, 10 (3) 8. P,. 1LIE. 3, 4,
elle, en doit même avoir de l'horreur; car nous savons que le soin de plaire par la beauté, laquelle porte naturellement à la volupté, vient d'une conscience blessée et qui n'a point toute son intégrité. »
Quand l’apôtre S. Paul, dit S. Paulin, donne une règle aux femmes sur la manière de s'habiller, il ne veut pas les obliger à être sales et malpropres.., mais il veut seulement modérer l'excès et retrancher la superfluité de leurs parures, en leur recommandant en tout cola la simplicité et la modestie. »
(La recherche qu'on met à orner son corps, dit S, Chrysostôme, est le signe d'une difformité intérieure, et des habits somptueux marquent la nudité d'une âme, car il est impossible d’avoir quelque soin de son âme, et mettre tant d'intérêt à orner et à embellir son corps.
C'est une marque de stupidité, de petitesse d'esprit et de mollesse, que de faire cas de la beauté, de la richesse et de l'ajustement des habits. Car l’âme étant créée pour de plus grandes choses, si elle peut une fois bien concevoir quel est son ornement véritable, elle ne regardera qu'avec mépris tout ce vain éclat qui ne brille que dans les habits, »
« Que votre habillement, dit S. Augustin, en s'adressant aux femmes, ne soit pas recherché. N'ayez jamais l'intention de plaire par vos habits, mais uniquement par la pureté de vos mœurs... Ne laissez pas tomber vos cheveux négligemment, et ne les arrangez pas avec industrie, Qu'il n’x ait rien dans vos habits et dans les mouvements de votre corps qui soit de nature à exciter l'amour de qui que soit, mais que tout en vous porte à la piété, »
Entre les remèdes propres à préserver les âmes du péché, le catéchisme du Concile de Trente prescrit : « d'éviter le trop grand ajustement dans les habits, qui attirent les regards et qui donne souvent lieu à l’impu-
ons reté, «C'est pourquoi l'Ecclésiastique conseille de détour. tu- ner votre vue d'une femme parée. » Ainsi, comme les et
femmes sont
ments et aux parures du corps, il faut que une
prennent soin, de temps en temps, de
ordinairement fort attachées aux ajuste-
les pasteurs
les avertir d'éviter
eut ce défaut, leur représentant souvent ce que l’apôtre S. eut Pierre leur ordonne sur ce sujet: ‘ne mettez point votre de ornement à vous parer au dehors, par la frisure des Im- cheveux, les enrichissements d'or et la beauté des
habits. ” (1) S. (Que les évêques, dit S. Charles Borromce, mettent et tous leurs soins, et fassent usage de toute leur autorité ne, pour interdire, ôter et détruire radicalement, chez les et hommes et les femmes, le luxe, les habits somptueux et à. les parures vaines et inutiles, et opposés aux pratiques rit de la vie chrétienne, et qui deviennent chaque jour la ne semence de tant de maux. »
ur Le même saint ‘enjoint à tous les curés de son diocèse ee d'employer toute leur sollicitude et tous les moyens de a persuation en leur pouvoir. afin de faire abandonner aux ns lemmes de leur paroisse, le luxe, la frisure des cheveux,
les pendants-d'oreille, que S. Augustin appelle le signe nt du démon; le fard, les robes traînantes, ete.» n- CNe craignez rien tant que la vanité dans les filles, dit la Fénelon: elles naissent avec un violent désir de plaire. à Une coiffe, un bout de rüban, le choix d'une couleur ; ce €. sont pour elles autant d'affaires importantes.‘ Parlant ts ensuite du désir de plaire, qui est le but des vaines parule res des femmes, il ajoute: (Cet aveugle désir de plaire
convient-il à une âme chrétienne, qui doit regarder u comme une idolâtrie tout ce qui détourne de l'amour du Créateur, et du mépris des créatures ? »
(1) 18. Pierre, II, 8
«€ La vanité, dans les femmes, dit le R. P. Berthier, est
une sorte de péché originel. Ceux qui les instruisent. dans la jeunesse, auraient remporté une grande victoire. S'ils avaient pu leur persuader que la vanité est la chose du monde la plus frivole ; que ce corps, qu'elles parent avec tant de soin, est une portion de la terre destinée à se résoudre en poussière, et à devenir auparavant la pâture des vers... N'est-il pas honteux que des personnes qui adorent un chef couronné d'épines, passent une partie de leur temps à couvrir leur tête de tous les ornements du luxe... ? Mais ce qu’il y a d'extrêmement scandaleux, c'est qu'à l'éclat de la magnificence des parures ; on ajoute tous les articles capables de séduire, c'est que des femmes et des filles, qui se disent chrétiennes, empruntent du démon tous les secrets dont il se sert pour perdre les ânes.
Les personnes du sexe aimeraient peut-être à connaître le sentiment de sainte Thérèse. «Je commençai, dit-elle,
dans le temps qu'elle lisait des romans.—-de prendre plaisir à m'ajuster et à désirer de paraître bien: j'avais un grand soin de mes mains et de ma coiffure, j'aimais les parfums et toutes les autres vanités: mon intention n'était pas mauvaise. Je demeurai plusieurs années dans cette excessive curiosité, sans comprendre qu'il y eût du péché, mais je vois bien maintenant qu'il était fort grand. »
QU suffit d'avoir une legère teinture de l’histoire, dit Bernier, pour savoir que c'est le luxe qui a détruit les ancienites monarchies des Assvriens, des Perses, des Romains. En faut-il davantage, pour nous convaincre que la même cause produira toujours le même etfet ?
(On ne peut mettre en question si le luxe est conforme ou contraire à l'esprit du christianisme. Une religion qui nous prêche la mortification, l'amour de la croix et
des souffrances. le renoncem à nous-mâmes, comime
, est ent, dire, hose rent ée à la sonune les ent paest nes, our
ître lle, dre ais les tait tte hé,
dit les des
cre
Iue ion et
re
des vertus absolument nécessaires au salut, ne peut pas +pprouver le luxe ou la recherche des superfluités, Jésus- Christ a condamné ce vice par ses leçons et par ses exemmourir dans la pauvreté, par conséquent dans la privation des commodités de la vie; c'est un sujet de consolation pour les pauvres, mais cest aussi un motif de crainte pour les riches, qui se permettent tout ce qui peut flatter leur sensualité, Jésus- Christ leur adresse ces paroles terribles: (Malheur à vous, riches; parce que Vous avez votre félicité sur la terre...» (1)
ples; il a vouln naître, vivre et
(Lorsque chez une nation le luxe est poussé à son comble, on ne peut plus supporter la morale chrétienne, °n se retranche dans l'épicurisme spéculatif et pratique, pour justifier l'excès de sensualité auquel on se livre; mais alors ce sont les mœurs publiques qui pèchent, et non l'Evangile, »
Le langage suivant contre le luxe n'aura-t-il pas, jusqu'à un certain point sa raison d'être dans certains milieux de la société canadienne.
€ Faut-il s'étonner, grand Dieu ! de cette envie et de cette haine des pauvres contre les riches, haine qui s'entretient et se perpétue dans les sociétés secrètes, et lait de temps en temps explosion dans des conspira- Uons ? Faut-il s'étonner de cette guerre qui parlage en deux corps la société, et met d’un côté ceux qui pôssèdent, et de l’autre ceux qui n'ont rien ? Guerre sourde encore, mais qui menace à chaque instant d’éclater. Faut-il s'étonner lorsque l'on compare le faste insolent des riches avec l'humiliante misère des pauvres ? Ceux- “ savent bien qu'ils sont les enfants du même Père céleste, qu'ils ont été raChetés par le même Dieu. e
(1) S. Luc, VL 24.
« Où allez-vous ainsi parée, femme. qui croyez en un Dieu pauvre et crucifié ? Où vous portent ces coursiers elces équipages somptueux qui vous épargnent la peine de vous servir des membres que Dieu vous a donnés ? Où vous allez, je ne vois pour vous que des sujets de confusion. [rez-vous dans les temples du crucifié, implorer la clémence du Dieu qui a maudit votre luxe et vos richesses ? Irez-vous vous asseoir à la Lable sainte. au risque de rencontrer près de vous un indigent que vous laissez mourir de faim, et qui vient demander à Dieu la force de ne pas murmurer contre vous, et de ne pas vous haïr à cause de la dureté de votre cœur? Si vous ouvrez l'Evangile, il vous condamne. Si vous allez écouter la parole de Dieu, vous n'avez que des reproches à entendre. Si vous sortez pour aller étaler
dans les rues votre luxe maudit, comment supporterez-
vous la vue de ces pauvres, qui ont à peine quelques haillons pour couvrir leurs corps exténués par le travail ou la maladie, et qui sont réduits à envier le ri des chevaux qui traînent votre équipage ? Ne craindrez-vous pas de voir s amonceler contre vous la haine de ces pauvres dont votre luxe insulte la misère ? Si vous échappez à leur colère, vous ne fuirez pas celle du Dieu vivant, qui a maudit l'usage que vous faites de vos richesses, et qui vous à montré dans sa vie et dans ses
enseignements l'emploi que vous deviez en faire.» (1) Thomas Morus, chancelier d'Angleterre. décapité en 39, soûs Henri VIII pour sa foi. rencontrant une de l'aristocratie qui s'arranigeait les cheveux,
e manière à faire paraître son front plus large, et qui
1) Charles de Sunte Rai
s'étouffait Presque, afin d'avoir une taille plus délicate, lui dit: «Si Dieu, Pour tout le travail et Ia peine que VOUS vous donnez, ne vous met pas dans l'enfer, il vous fera certainement une très grande injustice, »
«€ Je loue et J'admire Jes Lacédémoniens, dit S. Clément d'Alexandrie, qui ne permettaient qu'aux femmes publiques de porter des ornements d'or et des habits ornés de fleurs, et qui interdisaient aux honnêtes femmes le soin de se Parer, parce qu'ils regardaient les parures ‘omme convenables aux seules femmes de mauvaise vie.»
Je termine ces citations par des extraits de deux Ordonnances de Monseigneur de Saint-Vailier, second évêque de Québec, traitant, l'une de la vénération due aux églises, et l'autre, de l'ivrognerie et de l'impureté,
€ Ce qui nous a causé une plus sensible tristesse, est le dérèglement du luxe et de sa vanité que l'on voit régner par tout le, pays, parmi les filles et les femmes du siècle, avec plus de licence et de scandale que jamais. Elles ne se Contentent pas d'avoir sur soi des habits, dont le prix et l'éclat sont beaucoup au-dessus des moyens ou de la condition de celles qui les portent, l'on affecte encore des coiffures immodestes, Paraissant dehors et dans la maison, et souvent même dans les églises, 14 tête découverte, ou qui n'est couverte que d’une coiffe transparente, avec un assemblage Le rubans, de dentelles, de frisures, et autres vanités, lequel est tout à fait indigne d'une Personne chrétienne : et ce qui est beau- Coup plus à déplorer, et qui nous perce l'âme de douleur, est quon ne fait ‘ne difficulté de se rendre les instruments du démon, et de coopérer à la perte des âmes rachetées du sang de Jésus-Christ, découvrant des nudités de gorge dont lu vue fait périr une infinité de Personnes, qui trouvent malheureusement dans ces objets seanda
eux la cause de leur: péchés et leur damnation éternelle .