LES VEILLÉES ET LES AMUSEMENTS DANGFREUX
Mais on ne peut enfermer les jeunes gens, dites-vous encore! Plût à Dieu que ceux qui sont la honte de leurs parents eussent été séquestrés avant de se perdre dans ces courses nocturnes! Au reste, ce moyen extrême n'est pas nécessaire, Accoutumez-les, dès leur enfance, à aimer la maison paternelle, à ne se trouver bien qu'en famille Habituez-les à consacrer de longues heures à lire, à chanter, et à des amusements inoffensifs, te!s que le jeu de cartes, de dames, etc.
Quand aux veillées hors de la maison paternelle, les parenis prudents ne les doivent permettre que rarement, et pour de bonnes raisons. Alors, que l’un des époux ‘ccompagne ceux qui vont veiller, et que l'autre ait soin du reste de la famille, Je leur conseille tout de même de conduire quelque-fois leurs enfants chez les parents et les amis; Car, en prenant les précautions que la prudence suggère, ces veillées intimes où tout se passe bien, n’ont rien de préhensible. Mais je suis convaincu que les enfants n'aiment à aller veuiller seuls, mème chez des parents, que s'ils en ont contracté l'habitude. Ceux que les parents savent amuser et recréer à la maison, s'y plaisent toujours, et s’ennuient en dehors du cercle familial, si on ne les a pas laissés contracter l'habitude de ces sorties, qui, comme toutes les habitudes, finit par régner en souveraine absolue et tyranniser.
J'ignore comment ils concilient leur devoir avec leur conscience, ceux qui ouvrent ainsi leur maison à tout venant, favorisent le relâchement des mœurs et la désobéissance des enfants envers les Parents qui s'opposent à ces sorties. Un père qui comprend sa responsabilité ne devrait pas oublier qu'il a assez de ses propres enfants à surveiller, sans se charger de ceux des autres paroissiens,
puisqu'il répond à Dieu de la manière dont ils se comportent chez lui.
Quel est le devoir des pères et des mères dont les enfants vont ainsi veiller seuls ? Saint Alphonse enseigne qu'ils sont tenus de s'informer où il vont, comment ils se comportent et quelles personnes ils fréquentent. Cette obligation repose sur le principe que les enfants sont à la garde des parents, et qu'ils ont l'obligation -rave de veiller sur eux; car, dit Saint Paul,‘ ceux qui sont préposés à la conduite des autres doivent veiller sur eux, comme devant rendre compte de leurs âmes.” Vous êtes donc obligés de chercher à connaître ce qu'ils font dans ces veillées, et de prier les familles qui les reçoivent de veiller sur eux et de vous renseigner.
Les informations, ne les demandez pas à vos enfants, et méfiez-vous de ce qu'ils vous disent, car ils ont intérêt à tromper. Vous n'êtes même pas sûrs d’être bien renseignés par les personnes qui savent pourtant à quoi s'en tenir. Que d’ennuis et d'’inquiétudes s'éviteraient les parents en prévenant, en temps et lieu, ces sorties du soir. |
Faites donc l'impossible pour y mettre fin. Cependant je ne vous conseille pas d'agir de rigueur, de menacer votre enfant de le chasser de la maison, ou de lui défendre rigoureusement ces veillées, surtout s'il paraît décidé à passer outre. Cette attitude n'aurait probablement pour résultat que de l’aigrir, de le pousser à vous désobéir ouvertement, et attirer sur lui la malédiction de Dieu. En pareil cas, consultez votre curé. Mais n'oubliez jamais que la meilleure politique est de ne rien épargner pour faire aimer aux enfants la maison paternelle.
On remédierait vite à ce désordre, si les familles de chaque paroisse mettaient ces principes en pratique et se liguaient pour interdire l'entrée de leurs maisons aux
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