‹ Le manuel des parents chrétiensChapitre 59 sur 78 · TRADITIONS À CONSERVER · texte numérisé non relu

TRADITIONS À CONSERVER

quez jamais de la saluer en passant, et de lui dire: (Ave, CrUX, spes unica!» Salut, 6 croix, not: unique espérance!» (1)

Autrefois presque toutes les lemmes portaient, sur la poitrine, un petit crucifix. Il était leur soutien au milieu des tribulations qui les assiégent généralement. Un regard sur leur crucifix les consolait, où du moins, les aidait à porter chrétiennement leurs croix. Cet usage est presque entièrement disparu.

Les personnes du sexe préfèrent maintenant des épinglettes ou des bijoux quelconques. La plupart ont renoncé à porter l'image du Sauveur, par vanité, par respect

humain, pour suivre la mode, on crainte de se singulari-

ser, de passer pour bigotes et rétrogrades, que la vue du crucifix qui brille sur leur poitrine ne fasse naître des remords importuns.

Quoiqu'il en soit des motifs qui ont fait disparaître cet usage, et sans avoir l'intention de le ressusciter, il est certain que les chrétiennes. de ce Lemps-là valaient bien celles d'aujourd'hui. Elles savaient que la pudeur, la modestie, la simplicité dans la toilette sont les plus belles parures d'une femme. Elles ne s'illusionnaient pas sur leur fragilité et sur les dangers du monde, C’est pourquoi, désireuses de se protéger et de se faire respecter, elles portaient leur petit crucifix, qui leur servait de bouclier.

Si les vierges folles eussent été aussi prudentes, elles auraient échappé au plus grand des malheurs.

Notre peuple est surtout resté aumônier, Le montant annuel des collectes, des quêtes publiques et privées qui

(1) Quiconque fait un acte extérieur de révérence en passant près d'une église et chapelle où le S, Sacre mert est conservé, peut gagner une iodulgence de 100 jours applicable aux Ames du purgatoire, S.C. des iudulgences, 3 juillet 1908. D. G.

ont lieu le démontre. La plupart des paroisses font vivre leurs pauvres, organisent, de temps à autre, une tournée qué le curé recommande en chaire. Les paroissiens, de même, s'entr'aident, si lun d'eux est éprouvé par un accident quelconque, De cette laçon, personne ne manque du nécessuire, ‘Tant que nous saurons faire aux pauvres une part des biens que Dieu nous donne, il benira note famille et notre pays, Soyons heureux qu'il y ait des pauvres parmi nous, nous suppliant de leur servir de Providence. Cette vue fait pen r à la reconnaissance que nous devons à Dieu de pouvoir donner plutôt que de tendre la main, enseigne à tre miséricordieux, détache des biens temporels et nous fournit l'occasion de racheter nos péchés.

[l'en est qui refusent de donner, sous prétexte que le pauvre peut abuser de leurs aumônes, Ils devra ent cependant savoir que l'aumône faite pour l'amour de Dieu, a son mérile, indépendamment de l'usage qui en est fait, selon cette parole de l'Ecclésiastique : * Renfermez votre aumône dans le sein du pauvre,elle pricra pour vous, afin de vous délivrer de tout mal. (1) C'est donc l'aumône seule qui est méritoire aux yeux de Dieu, et qui prie pour celui qui la donne.

L'aumône doit, sans doute, être faite à bon escient, mais il ne faut pas juger témérairement le pauvre qui tend la main, ni le rebutcr sans raisons graves, puisque Jésus- Christ ordonne de “ donner à quiconque demande”. Il arrive sans doute qu'un père de famille gaspille les aumônes qu'il a reçues ; mais il faut tout de même avoir

compassion de la misère de la mère et des enfants, qui

(1) Ecclé., XXIX, 15.

FRADITIONS À « ONSENH VE 150)

ne sont pas responsables de sa conduite, En pareil cas, on peut se servir d'un intermédiaire de confiance, qui veille sur la famille, et l'assiste au fur et à mesure, avec l'argent ou les provisions qu'on lui à confiés, Seuls les petits mendiants doivent être impitoyablement découragés, car c’est la voie qui mêne au vice et en fait des fainéants.

Sans prétendre ériger cette suggestion ‘ncipe, chaque paroisse, je cro:s, pourrait souten:, auvres. Ce serait peut-être la fin des abus commis «eux qui spéculent sur la charité publique, en Pärcourant nos camnagnes avec des billets portant des signatures contrelaites, ou loués par de misérables fainsants. Chaque paroisse connaît bien ses pauvres, et, de cette façon, les aumônes iraient toujours à bonne enseigne, En suggérant cela, je n'ai pas l'intention de recommander aux conseils municipaux une taxe pour les Pauvres, parce que cette manière de faire l'aumône est très opposée à l’es-

prit du chiistianisme : je ne prétends Pas non plus restreindre {a liberté de ceux qui aiment à donner indifféremment à tous les malheureux qui sollicitent leur assistance, Ma scule intention d’obvier aux abus, et de subvenir d'une manière plus jcace aux besoins des vrais et bons pauvres, en iserVar,. toutes les aumônes de leur paroisse à leur profi.

FABLE DES MATIÈRES

Lettre à Sa Grandeur Mur Bégin.

Réponse de Sa Grandeur Mgr Bégin....

L'abbé Alexis Mailloux, 1801-1877

Aux Pères et aux Mères

L— Le baptême

Le premier devoir des parents est de faire baptiser immédiatement leurs enfants — Prescriptions du Rituel sur ce point.-Toute personne doit savoir baptiser.--Un enfant en danger de mort doit être ondové. Les peres et les mères ne peuvent ondoyer leurs enfants que s'il n’y a personne Capable de le faire. On doit renseigner le curé sur la manière dont l'enfant a été ondoyé,. — Cas dans lesquels l'enfant doit être rebaptisé sous condition —Si l'enfant a été ondoyé, il doit

être pr' :nt4 à l'église pour que le prêtre puisse

suppléer les cérémonies omises dans le baptême privé.——Conditions requises pour la validité du baptême.—Il conviert que le père soit présent au baptême üe son enfant.

Les noms de baptême

Manie de certains parents sur ce point.--Son origine. Principes qui doivent guider le choix des noms de baptênie.-—Prescriptions du Rituel. Ce que disent $. Charles Borromée et Guillois sur ce sujet... -Le choix de noms profanes est un manque de charité à l'égard des enfants.

Laisser cet engouement à ceux qui ont peu de foi.—Dans ie doute, consultez le prêtre qui baptise.—Les besoins spirituels de l'enfant exigent qu'il ait un protecteur dans le ciel.

II.—Le choix des parrains et des marrainc Son importance, —Ce que sont les parrains et

marraines.--Ne choisir que de bons chrétiens. — Obligations des parrains et marraines. —

Choisir des personnes inaptes à remplir leurs obligations, c’est tromper l'Eglise et trahir les enfants.—Les curés doivent refuser les parrains

et marraines qui n’ont pas les qualités requises. —-Règles de modestie prescrites aux parrains et marraines, ainsi que pour l'enfant présenté au baptême.

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