‹ Le manuel des parents chrétiensChapitre 58 sur 78 · TRADITIONS A CONSERVER · texte numérisé non relu

TRADITIONS A CONSERVER

nature, il sent que tutoyer «es parents, est un manque de respect ? D'ailleurs, l'origine seule de cette innovyation suffit pour en dégoûter, puisqu'elle à pour père Jean-Jacques Rousseau.

Tenons-nous-en sur ce point délicat aux traditions de nos pères.

Point de vertu qui fut plus en honneur chez les anciens patriarches, que l'hospitalité! Abraham eut le bonheur, comme ré ‘ompense de cette vertu, de recevoir des anges, de leur laver les pieds, et de leur donner à manger. Loth, assis sur la place publique de Sodome, y voyant arriver deux anges, sous la figure de voyageurs, va aussitôt à leur rencontre, se prosterne pour leur témoigner son respect, et les conjure de venir loger chez lui. On sait aussi que les de % apôtres, avec lesquels Jésus- Christ fit route jusqu'à Emmaiis, pressèrent vivement celui qu'ils regardaient coinme un voyageur, de passer la nuit avec eux.

C'est surtout depuis que le Sauveur est venu sur la terre, par amour pour les hommes, que l'hospitalité est devenue comme un besoin du cœur humain. C'était Jésus-Christ que les chrétiens logeaient chez eux, lorsqu'ils donnaient l'hospitalité, se rappelant la parole de la sainte Ecriture: «J'étais voyageur, étranger, el vous m'avez logé. » (1)

Nos premiers missionnaires s'étaient appliqués à faire de nos ancêtres le petple le plus hospitalier. Les anciens habitants de nos campagnes se rappellent encore le cordial accueil que l’on faisait au Passant. Il était traité comme membre de la famille, qui faisait cercle autour de lui pen-

(1) S. Matt, XXV, 43.

dant qu'il racontait ses voyages, ses aventures, les nouvelles vraies ot fausses, qu'il avait recueillies sur la route. C'était une intéressante veillée à laquelle toute la famille prenait part.

La vertu d'hospitalité n'est plus en honneur comme autrefois. Il arr've même que le pèlerin ou le mendiant est obligé de frapper à plusieurs portes, avant d'être accueilli.

Ce fait prouve qu'ou ne se préoccupe plus guère de la parole de Jésus-Christ qui regarde l'hospitalité envers lun des siens, comme exercée envers lui-mên:

Je ne prétends pas qu'on doive héberger gratuitement

les voyageurs et les colporteurs capables de payer leu

pension, offrir l'hospitalité à tous les passants; mais ne le efusons jamais à ceux qui la demandent par charité, pour l'amour de Dieu.

La croix, depuis que le divin Crucifié y a été cloué, est devenue un objet de profonde vénération, Les rois l'ont portée sur leurs couronnes, les guerriers sur leurs banniéres; elle couronne les tours et les clochers de nos églises ; elle orne les ornements sacerdotaux; Îcs femmes chrétiennes l'ont portée comme leur plus belle parure, et, dans les régions catholiques, elle est dressée, de distance, en en distance sur le bord du chemin public, rappelant aux passants le souvenir de Celui qui a tant aimé les hommes.

Cette tradition, grâce à Dieu, est encore en honneur dans la province, bien que parfois, ces croix érigées sur les chemins publics, soient dans un état lamentable, manquent d'un grillage protecteur: et pèchent contre les règles du goût. Un mot du curé, en passant, aux paroiïssiens intéressés, sufhit pour prévenir ces négligences et remédier au mal.

La croix traditionnelle que chaque arrondissement doit

tenir et posséder, et dont la vue est un exemple, ne man-

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