‹ Le manuscrit de BayeuxChapitre 8 sur 33 · LUI · texte numérisé non relu

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avec cette < queue » ajoutée à la mélodie. De raôme, au premier vers, le mot « joue » est ornt d'une manière expressive.

11 y aura donc lieu d'examiner attentivement chaque cas. Les effets vocaux ne manquent pas dans nos chansons: il suffira de signaler encore celui rappelant l'ancien « hoquet » vers la fin de la chanson 93, sur les svUabes hin, lian. hin, h an.

Si nous essayons de résumer en (lueNjucs lignes les observations faites dans les pages précédentes et les résultats qui semblent acquis nous pourrons dire :

Le manuscrit de Bayeuî est une compilation de chansons provenant de différentes époques du XV'' siècle. Ces chansons tirent leur origine de la France proprement dite ou des provinces de l'Ouest, principalement de la Normandie, comme il ressort de quelques chansons historiques et de certains traits dialectaux.

Les auteurs des textes poétiques, comme aussi ceux des mélodies, nous sont inconnus. Plusieurs de nos chansons ont été mises en musique à plusieurs voix par des compositeurs célèbres. LTn grand nombre de pièces se rattachent à l'art courtois, tandis que d'autres ont un caractère plutôt populaire. Certaines d'entre elles reprennent des genres un peu légers, qui avaient déjà été cultivés par les trouvères, puis abandonnés pendant un certain temps.

Au point de vue du contenu, presque tous les genres sont représentés : chansons d'amour, chansouH historiques, romances, chansons satiriques, chansons à boire, rondes • seules les chansons religieuses nianijucnt. Au point de vue de la forme, on remarquera la tic(|uence du virelai cî l'extrême rareté des rondeaux et ballades.

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En ce qui concerne les mélodies, on constatera que quelques-unes seulement nous sont données sous leur forme originale. Beaucoup d'entre elles semblent avoir été tirées de pièces polyphoniques à plusieurs voix ou de compositions pour une voix avec accompagnement instrumental. Ce dernier tait corroborera l'hypothèse émise par plusieurs musicologues, que jusqu'au commencement du XVI® siècle la chanson pour une voix seule soutenue par un instrument a été très répandue.

Au point de vue esthétique la lecture des chansons du ms de Bayeux (quelques-unes mises à part, un peu trop a grassettes » , comme disait le prêtre musicien Eloi d'Amerval) et surtout de leurs mélodies constitue une jouissance artistique, qui ne peut que contribuer à rehausser l'intérêt pour Tancienne chanson française.

Il reste à mentionner un point. Pour faciliter la compréhension des mélodies, on y a introduit, ainsi qu'il a été dit, des barres de mesure, et le« valeurs des notes ont été réduites. Le même principe a fait conserver dans le texte poétique quelques signes modernes, certains accents, l'apostrophe, afin de faciliter la lecture des poésies aux personnes peu habituées aux textes médiévaux.

J'ai enfin à exprimer ma gratitude à ceux qui m'ont aidé de leurs conseils, notamment à mon collègue et ami Monsieur E. Hœpffner, qui a eu l'extrême obligeance de lire les épreuves avec moi, et à mon ami le professeur Ed. Schncegans, qui m'a donné quelques indications précieuses.

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