‹ Le manuscrit de feu M. Jérôme [pseud]Chapitre 106 sur 233 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Il est affligeant d'avoir à s'occuper des passions des hommes. Ce spectacle contriste l'âme. Ce que les révolutions portent avec elles de fâcheux , c'est de mettre à nu le fond des cœurs. Que pour l'honneur de notre espèce cet abîme demeure toujours couvert d'un voile. Dormons bercés par le mensonge, puisque d'horribles vérités nous attendent au réveil.

M. Jacques Robinier était d'une nature prudente et pacifique. Il avait passé une moitié de sa vie à dompter ses passions, et il était condamné à employer l'autre moitié à contenir celles de ses enfans. Tout ce que le travail et l'industrie pouvaient offrir de ressources ne suffisait pas à alimenter leur activité et à remplir ce vide que laissait dans leurs âmes une vie remplie de tant d'évènemens et traversée par tant d'orages. Il fallait quelque chose qui parlât plus directement à leurs imaginations, et qui pût, si ce n'est les réconcilier entre eux, du moins les étourdir en les amusant.

Dans une telle situation , c'est beaucoup de ga-

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