‹ Le manuscrit de feu M. Jérôme [pseud]Chapitre 158 sur 233 · CHAPITRE XIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIL

M. le Préfet, demeuré seul, dans son salon , arec deux ou trois de ses commensaux habituels, comprit qu'il avait tout*à-fait manqué le but qu'il dé* sirait, et il en témoigna hautement ses regrets. Un professeur émérite qui avait long -temps occupé une chaire de droit public appliqué à l'histoire, se trouva parmi les assistans, et s'étant approché du préfet, il lui dit : «Si vous prenez, Monsieur, la peine d'y réfléchir sérieusement, vous demeurerez convaincu que votre insuccès, dans la tentative que vous venez de faire, est un véritable bonheur. Il y a des choses incompatibles par leur essence propre, et qui ne seraient plus elles-mêmes si on les neutralisait en les réunissant. L'unité des doctrines politiques c'est la servitude; l'unité des dogmes religieux c'est l'islamisme, ou un papisme outré. La diversité des doctrines est le fondement d'une sage liberté, et la lutte des partie qui les professent, fait la force de l'état, comme leur équi-

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