‹ Le manuscrit de feu M. Jérôme [pseud]Chapitre 212 sur 233 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Nous nous acheminâmes vers une petite ville suisse d'après les affiches qui nous apprirent qu'on devait y célébrer une solennité intéressante. 11 y avait dans cette ville une Société qui était en possession , depuis plus de deux cents ans, de distribuer tous les ans et à une époque déterminée des prix et des couronnes à ceux d'entre les fleuristes qui, par une savante culture, produisaient les fleurs les plus parfaites. Un public nombreux accourait chaque année à cette fête. En nous y rendant nous crûmes que nous allions assister aux Etats-généraux de Flore.

Le lieu ordinaire des séances de la Société était un jardin qui lui appartenait et qu'elle cultivait. Les festons , les broderies , les compartimens y étaient dessinés avec une élégance extrême.Les bordures en buis, en if, en gazon, y étaient tirées au cordeau. La serpette, les ciseaux, la ratissoire avaient passé partout. Pas une feuille , pas un brin d'herbe ne

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