LIVRE V. CHAPITRE V. l\'lZ
pour porter les caisses et les pots à la serre après l'automne , et conduire Messieurs à leurs logis après la séance.
Ici , M. le rapporteur s'arrête et dit : Messieurs, je vous demande pardon, je trouve ici sous ma main une foule d'hommages et de pétitions qui ont sans doute échappé à l'examen de la commission, et je vous prie de me donner vos ordres pour en continuer ou en discontinuer la lecture.
M. le président se lève et dit : La publicité est un des fléaux qui désolent en cet instant le monde. Cependant il est nécessaire que nos séances soient publiques, afin que l'Europe entende les éloges que nous nous donnons entre nous avec le plus touchant abandon , et qu'elle partage les sentimens d'admiration que nous nous réciproquons. Tout ce qui appartient au genre laudatifdoit donc être lu en séance publique; et, quant à ce qui entre dans le domaine de la critique, il ne doit en être fait mention qu'à huis clos.
Un membre de la Société s'est alors levé, et il a controversé l'opinion de son président. Il a prétendu que la publicité était une des nécessités du siècle , et qu'il fallait l'accepter avec ses avantages, ou la rejeter à cause de ses inconvéniens; mais qu'on ne pouvait jamais en scinder le principe, au point de laisser toute liberté aux approbateurs, et de condamner les siffleurs au silence. Des bra-
l\'l[\ MANUSCRIT DE M. JEROME.
vos multipliés sont au même instant partis de tous les points de l'auditoire, et nous avons dèslors prévu que la séance serait orageuse. Le rapporteur, encouragé par les suffrages publics, a continué ainsi :
Essai sur la culture du dionœa muscipala, de Y arum muscivorum , de Yapocin androsemifoliurriy du Silène quinque vulnera, et de plusieurs autres végétaux connus sous la dénomination de plante gobe-mouche, dédié à la Société.
Procès-verbal de l'analyse chimique, qui a été faite par les commissaires de l'Académie des Sciences de Lucerne, des pavots cultivés par la Société, avec des observations qui établissent, d'une manière incontestable, la prééminence de leurs vertus sur toutes les autres espèces narcotiques.
Traité sur la culture de la julienne ou giroflée des dames, dans lequel on démontre que cette fleur est digne de porter le nom d'hesperis , parce qu'elle ne donne que le soir son parfum le plus abondant et le plus suave , et le second nom de matronatis, parce qu'elle dispose merveilleusement à cette époque du jour les dames à la conception , ainsi que le prouvent plusieurs exemples récens, tirés des jardins même de la Société.
On fait hommage d'une botte d'ognons de la fleur du coucou, dédiée à qui de droit. (Un regard flatteur du public se dirige sur la figure ra-