‹ Le manuscrit de feu M. Jérôme [pseud]Chapitre 37 sur 233 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Vous saurez que j'ai été trouvée sur le col de l'Arche à moitié morte sous des monceaux de neige à l'âge de quatre ans, m'ignorant moi-même, et sachant seulement qu'on m'appelait Judith ; que j'avais été amenée dans un beau carrosse jusqu'à Coni ; et que nous avions été surpris , mon père et moi par une avalanche sans qu'on ait jamais pu retrouver mon père. Vous savez qu'un gapian* charitable faisant son service sur la frontière me ramassa comme un enfant de contrebande et alla implorer pour moi un asile dans les couvens les plus riches et chez les propriétaires les plus aisés qui ne voulurent pas de moi, et que ce fut le plus pauvre habitant de la commune de Seillac qui me reçut comme si je lui eusse été envoyée par la Providence.

Lorsque j'eus pris mes dix-sept ans, mon père adoptif voulut m'emmener avec lui pour l'aider dans les voyages qu'il fait tous les hivers dans la plaine où il va vendre les thés, les herbes et les

* Nom usité dans le pays pour désigner les commis aux douanes.

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