CHAPITRE III
L'intelligence des chapitres suivans exige que je parle de mes compagnons de voyage. Je le ferai avec le respect qu'on doit à la vérité : ces notices biographiques sur le caractère de quelques naturalistes pourront être agréables aux personnes qui font des études de zoologie; et je place ces essais innocens sous la protection des lecteurs que n'effraient pas le bourdonnement des mouches et le vol irrégulier des papillons.
L'usage du docteur, dans ses voyages sur les Alpes , était de commencer une histoire à l'entrée d'une vallée, d'en suivre le fil le long des ruisseaux qui la baignent, d'en raconter les traits les plus extraordinaires sur les roches les plus escarpées , d'échauffer son récit à mesure qu'il s'échauffait lui-même , et de n'arriver au dénoûment que lorsqu'il était parvenu sur le glacier ; en sorte que les aventures du héros de l'histoire et la sueur de l'historien se développaient toujours ensemble.
Lorsqu'il ne racontait pas , il discutait. Il discutait longuement sur les effets et sur les causes ,