CXXXVI
7 novembre 1828.
« Alphonse arrive, il a été très-bien reçu, particulièrement par le roi ^Charles X). On l'aurait envoyé tout de suite premier secrétaire en Espagne, s'il avait accepté; il a préféré attendre Londres, qu'on lui a promis dans un an et d'où l'on sort toujours ministre plénipotentiaire. Il m'a rapporté un beau lustre pour mon salon de Mâcon, et beaucoup d'argent dont il a deviné que j'avais un extrême besoin pour mes affaires afin de ne pas contrister mon pauvre mari. Que je suis heureuse de cette réunion ! Mes enfants vont passer l'hiver avec nous à Mâcon ; ils sont maintenant à Saint-Point. Alphonse m'a envoyé des vers qu'il vient d'y composer et qui m'ont bien émue ; il y dit précisé-
ment ce que je pense: il est ma voix, car je sens bien les belles choses, mais je suis muette quand je veux les dire, même à Dieu. J'ai, quand je médite, comme un grand foyer bien ardent dans le cœur, dont la flamme ne sort pas ; mais Dieu qui m'écoute n'a pas besoin de mes paroles; je le remercie de les avoir données à mon fils. »
(Ici un hymne de reconnaissance et de bénédiction à ce fils.)