SCÈNE XL ig
point faire hésiter monsieur le marquis de vous présenter chez moi.
ADÉLAiDE.
J'ignore , madame , les raisons qui l'en ont empêché : j'aurois été la première à lui demander " cette grâce, si je n'apprenois à l'instant que j'avois l'honneur d'être chez vous.
LA MARQUISE
Tons ne saviez pas ?
Adélaïde.
^on j madame.
L^A MARQUISE
Vous redoublez ma curiosité.
ADÉLAÏDE
Je n'ai nulle raison pour ne pas la satisfaire; monsieur le marquis ne m'a jamais recommandé le seèret sur ce qui me concerne. ,
LA MARQUISE
Y a-t-il long-temps qu'il a l'honneur de vous eonnoitre ?
ADÉLAÏDE
Depuis mon enfance , madame. Dans le couvent où j'ai passé ma vie , je n'ai connu que lui pont tuteur , pour parent et pour ami.
LA MARQUISE, à la gouvernante»
Comment se nomme mademoiselle ?
LA GOUVERNABITE.
Mademoiselle Adélaïde.
LA MARQUISE
Point diantre nom ?
ao LA GAGEUHE IMPRÉV.UE.
LA GOUVERlTAirTE.
Non , madame.
LA MARQUISE
Non ! ... Et vous .me direz , mademoiselle , qu« vous ignorez les idées de monsieur le marquis en * vous amenant chez lui , et en vous dérobant à tous les jeux ?
ADELAÏDE, «/'tin ton un peu sec^ Lorsqu'on respecte les personnes, on ne les presse pas ide questions , madame ; et je respectois trop monsieur le marquis , pour le presser de me dire ce qu'il a voulu me taire.
LA MARQUISE
' On ne peut pas avoir plus de discrétion.
ADÉLAÏDE
Et j'ai déjà eu l'honneur de vous dire, madame que j'ignorois que j'étois chez vous..
LA MARQUISE
Vous me le feriez oublier.
ADÉLAiDE, «e levantm Madame , je me retire.
LA MARQUISE^ levée, d'un ton radouci, Mademoiselle , je désire que monsieur le marquis ne retarde pas le plaisir que j'au^ois de vous connoitre«
▲ DÉLAÎDE.
Je le désire aussi.
LA MARQUISE
Il a sans doute eu des motih que je ne crois în^ {urieux ni pour vous ni jpour moi : mais conrenev