‹ Le marchand de SmyrneChapitre 196 sur 314 · MI99A · texte numérisé non relu

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Vous m*aimex , Téleim. . . vous ayez votre Minna, et vous êtes malheureux! Ecoutez combien je suis vaine et sensible. Je m*étois imaginée qae je snffisois à votre bonheur.

Il n'en est pas pour moi , privé ae vous , ma« dame. Je puis supporter mes disgrâces , m endurcir contre la cruauté et Tinjustice des hommes; mais je ne survivrai pas au coup qui nous sépare.

£h ! qui nous séparera ? Sera-ce vous , Téleim ?

TÉLEIM.

Ce sera l*honneur. Je ne suis plus ce Téleim que vous connûtes dans votre patrie, cet homme devant qui la carrière de l'honneur et de la fortune étoit ouverte; je suis un soldat disgracié, miné , perdu par ses ennemis , et je ne dois pas veut associer à mes malheurs.

MiirirA.

Et Yoilk précisément ce que Je suis venue cfaereher.

TiLEm.

Il ne me faut plus qu'un désert.

maNA.

Et Minna? Je vous permets d'en vonloirli toute la nature humaine; mais il laut que cette hainc-là

»8a LES AMANTS GÉNÉREUX.

tourne au profit de notre amour. Vous ayez à tous plaindre des hommes, mon cher Téleim? £h bien! abandonnez-les pour moi. Que je leur ai d'obliga* tion de m'avoit cédé tous leurs droits sur vous! Je ne les partageois qu'à regret ayec eux , je tous en aTcrtis. ConceYez>vous tout mon bonheur?

Téleim n'a plus d'engagements, de devoirs, de liens ; il ne tient plus aux rois , à leur cour, à d'injustes supérieurs ; tous ses moments sont à lui , et il me les donne : l'injustice des hommes l'a-séparé d'eux; il retournp à Minna, qui connoit, chérit, respecte ses vertus ; et l'estime et l'^nnour de Minna suf^ront à sa féUcit^.

t£leim..

Où suis-je? Laissez-moi; ne' m'offrez pas le bonheur trop incertain de vous appartenir; et tremblez que je n'aie pas la force de vous résister.

MIBNÀ.

Eh! mais, je l'espère bien pourtant.

TÉLEIM.

Rappelez- vous à vous-même, et songez à ce qu'est un homme tombé dans la disgrâce de son maitre , et attaqué dans son honneur.

S'il'cst coupable, je le plains; s'il est innocent, je le respecte davantage.

Ti;L£IM.

C'est un homme rayé de la société , que le plu« vil citoyen est en droit de mépriser, dont on évite l'entre lien, l'approahe, le regard, et qui »e. rend

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