‹ Le marchand de SmyrneChapitre 197 sur 314 · ACTE III, SCÈNE II. a · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II. a

fastice, en s'éloignant de tout le monde; il n'a plus de connoissances , d'amis, de parents :-il est marqué du sceau de l'infamie.

Arrêtez, arrêtez, s'il vous plait : je ne yeux pa« de cet homme-là. J'en yeux un que tout le monde m'enyie ; et cet homme , c'est yous. Venez , yenez , Téleim , au milieu de ma patrie , au milieu de ces mêmes Saxons à qui yous ayez conseryé les hiens, la yie et l'honneur; et vous yerrez si je serai humiliée de yous appartenir !

TÉLEIM.

Ah! madame, quelle ingénieuse adresse pont m'éleyer au-dessus de moi-même !

jMINNA.

Eh! mais, non, il nj a pas d'adresse à tout cela. Voilà l'homme qu'on connoit en Saxe, et qu'on méconnoît à Berlin. Mais, si je yous suis chère , Téleim , n'ai-je pas à me plaindre de votre désespoir ? Tout est-il malheureux pour yous dans cette affaire, et n'y voulez-ypus rien voir qui yous console ? N 'estK;e pas sur le hruit que faisoit votre conduite en Saxe que j 'ambitionnai de yous con> noitre? Je volai dans toutes les sociétés où j'espérois yous rencontrer : sans cette belle action, yous m'auriez échappé; mais n'est-ce pas là de quoi vous réconcilier avec vos malheurs? Tout ne réussit pas également dans le monde , Téleim ; on n'a pas toujours tout ce qu'on mérite : mais il faut re» ceyoir les dédommagements que la J^rtune nou»

'donne , et dire : « J*ai perdu l'estime de quelles «< gens préyenus et trompés; mais j*ai fait une u belle action qui m*a valu le cœur de Minna. »Ub roi vous condamne, une femme vous rend justice; eh bien ! oubliez le roi , et prenez -moi pour ^otre souveraine : nos récompenses valent bien celles des rois.,

TiLEIM.

Ah ! Minna , un trône et vous , je ne balance* rois pas : mais je ne puis vous tendre la main pour vous attirer dans le précipice.

Mais vous avez de singulières idées... Vous crti* gnez de m'associer à votre sort; et c'est ce refiu de votre main qui va me déshonorer. Oui , monsieur, voilà le seul tort que vous puissiez me fidre. Nos Saxonnes ont connu mon amour, ma fbibiesse ; toutes m'ont envié le bonheur d'avoir pQ TOUS fixer.

TtiéEiUf avec un rit amer»

Ah ! oui , je connois les Ifemmes. ESles voas en* vieront le partage de mon infortune!... Non , ms* dame, non, l'heureuse Minna n'est point &its pour le malheureux Téleim.

MIVHA.

Et moi, je vous dis que nous n'avons jamais éti mieux faits l'un pour l'autre. Nous avons milW choses à partager ; moi vos chagrins , et vous mfi consolations. Je ne suis pas , à la vérité , la moini

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