SCÈNE Xyiir« ag
GOTTB*'
Comment ?
LAPLEum; Je le fais exprès.
GOTTE
Tu le fais exprés?
LAFLEURr
Ta ne sais donc pas comme les maîtres sont aises quand nous leur donnons occasion de dire i Ah! que ces gens-là sont bétes! ah! quelle ineptie 9 ah! quelle sotte espèce! Ils deyroient bien manger de l'herbe , et mille autres propos. C'est comme s'ils disoient à eux-mêmes : Ahl que j'ai d'esprit fi ah! quelle pénétration f ah! comme je suis aa«d«s« sus de tout ça! £h! pourquoi leur épargner ce plaisir-là ? Moi je le leur donne toujours , et tant qu'ils yeulent , et je m'en troure bien : qn'est-c« que cela coûte?
OOTTE.
Je ne te crojois ni si fin ni si adroit.
LAFLEVm.
J'ai déjà £atit cinq conditions ; j'ai été. renrojë de chez trois pour avoir fait l'entendu , pour leur avoir prouvé que j'avois plus de bon sens qu'eux. Depuis ce temps-là , )'ai fait tout le contraire , et cela me réussit ; car l'ai déj.à devant moi une assez bonne petite somme, que je veux mettre aux pieds de la charmante brodeuse, qui veut bien.... (Il veut tembroênr.)
GOTTE
Mais /finis donc, tu m'impatientes*
LAFLEUm.
Tiens, Gotte, j'ai lu dans un lÎTte relié, qne pour faire fortune , il suffit de n'avoir ni honneur ni humeur.
GOTTE
Il l'humeur près , ta fortune est faite.
LAFLEUB.
Ah! je ferai fortune.
Mais , tu as lu. Est-ce que tu sais lire ?
LAFLEUB.
Oui. Quand je suis entré ici , j'ai dit que je ne sayois ni lire ni écrire : cela fait hien , on se méfié moins de nous , et pourvu qu'on remplisse son de* voir , qu'on fasse hien ses commissions ; avec cela, l'air un f>eu stupîde , attaché , secret , yoilà tout. Ah! je ferai forttine. Mais avant, ô ma charmante petite Gotte. . .
GOTTE
Mais finis donc , finis donc , finis donc ; tu m'as fait casser mon fil. Tiens , tes manchettes seront faites c^uand elles voudront./ (£//e les jeffe par terre ^ La fleur les ramasse,)
LAFLEUB,
Vous respectez joliment mes manchettes» Aht t*est hien brodé. Mais les as-ta commencées poui; moi?