‹ Le marchand de SmyrneChapitre 220 sur 314 · ACTE IV, SCÈNE VL 3ii · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VL 3ii

rroyolt que l'amour suffisoit au bonheur l'un de rautre; point du^tout, yous lui ôtez toutes ces idées-là de la tête-

, J'ai dû kii conseiller de fuir un infortuné.

FAHCHETTE.

Et vous l'arez forcée à tous délivrer par gênérosîté d'une feinme encore plus à plaindre que rooSr

TilEIBT.,

Gomment^' plus à plaindre que moi?

FASCHETTE.

Oui. Tous connoissez le comte de Bruxhal ?

t£leim.

Son cher oncle?

FASCHETTE.

C*est son ennemi , c'est le vôtre. NoQS vous avons lacriûé sa tendresse , sa fortune , un époux qu'il ^ouloit nous donner de sa main ; et nous sommes nain tenant déshéritées , fugitives , et poursuivies par cet homme impétueux et absolu.

xiLEIM.

O ciel! que me dis-tu?

Madame la comtesse étoit venue vous chercher; nais vous avez refusé sa main , et elle a cru qu'elle ievoit renoncer à vous pour jamais*

TÉLEIM..

Pour jamais! Minna malheureuse m'appartient, !t je la disputerois à tout l'univers.

3ia L£S AMANTS G£n£REUX.

PAvcBEXtiy à part.

Bon ! nôiH le tenons.

tIleim.

Il falloit mourir tantôt , n étant plus soutenu par lespoir de lir posséder; Minfifa, enTÎronrnée dt tout réclat de sa fortune, me sembloit une dlTini té que je derois respecter ; mais Minna avec ses jnalheurs est la personne du monde là plus mtéressante pour moi , et je dois voler à son secours. Que de plaisirs , de devoirs , d'engagements chen et sacrés vont m'attacher à là vie et me la rendre précieuse en dépit du inonde entier! Mes malheurs m'avoient accablé : je ne formois que des projets sinistres, enfantés par la mélancolie et le désespoir. Minna malheureuse ! Je sens mon connut s'élever, mon Ame reuaitte , et je* tiens enfin à uoe vie qui peut f^re la sûreté de la sienne. Bllem'a sacrifié l'opinion des hommes, elle me fait oublier leur injustice , et je me pique de Tégaler en générosité, l^e est à moi , je suis à elle , et il ne nouâ manque plus rien. Tois-trr, voisr-tti tous les biens que me procure son infortune? Ah! je suis trop heureux !

FAOrCBETTS.

Eh! mais.... oui, en effet.'... Je n j avois pti pen%é : ce malhfeur>là pourroic rapprocher, bieq des choses.

Tout , tout , tout. Mais est-il Fien vrai qu'elle soit persécutée, déshéritée, poursuivie par son

■^™-til-

Page 1