‹ Le marchand de SmyrneChapitre 252 sur 314 · ACTE I, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VI

DUC DÇ suLLi, d'un air noble et respectueux, Srre, avec tout autre prince que Henri je me croirois perdu , en vojant que vous m'avez retiré cette bonté familière que vous me témoigniez toujours; mais, avec vatre majesté^ j'ai pour moi. "^rotre équité,, vos sentiments... oserois-je iiire vorc-re amitié et mon innocence? Tout cela me ras»* s^ire ; je suis tranquille.

HENRI, d'un air un peu attendri.

Cette tranquillité peut marquer, je vous l'avoue, Xc témoignage d'une conscience pure , et qui n'a point de reproches à se faire; mais, cependant, nonsieur, vous ne pouvez pas ignorer que toute la France crie et m'adresse des plaintes contre vous , et vous gardez le plus profond silence^ .

LE DUC DE suLLi, d'uu ait ferme et respectueu»*^ Oui, sire, c'est dans un silence respectueux que je dois attendre que votre majesté m'ouvre la bouche sur des faits dont il n'j a pas un seul qui ne soit de la plus giHjssière calomnie. . . . Parler le premier à votre majesté de toutes ces imputations odieuses et absurdes , c'eût été, en quelque façon, leur donner du crédit , et en reconnoître la vérité. Il ne me convient pas de craindre de pareilles accusations auxquelles vous-même ne crojez pas, sire.

HENRI, avec bontés Eh! mais, mais....

LE DUC DE SULLI, fljrCC/Ôrce.

Non, sire, vous ny croyez pas.... Il n'y a

qu'une seule de ces aceusAtîons qui ait quelque air de yéiHté , on , pour mieux dire , de la yraisem« blance. ... { Tirant de sa poche un papier. ) C'est c« billet de moi , que tous me renvoyâtes hier an soir par La Yarenne. Quatre mots , que j'ai mis au bas, TOUS en développeront toute l'énigme. Que votre majesté daigne jeter les jeux sur l'explication qu« j'y donne. (H donne au roi ce papier,') H E 9 n I , regardant le papier.

Je tombe de mon baut!... {Prenant la main du àttc de SuUi, ) Ah ! M. de Rosni , comme Us m'ont trompé) les crnelies gens l

LE DUC DE STTLLi:

Quant aux satires , et surfout , sire , au libella fait par Juvigni , avec tant de force de style cl d'éloquence, et que j'ai lu, tout aussi bien que votre majesté. . . .

hehui, l'interrompant f avec feu.

Quoi! vous l'avex lu, Rosni ? et vous n'êtes pas veuu , tout de' suite , pour vous expliquer avec

moi?..

LE DUC DE SULLI, l* interrompant.

Non , sire , je l'ai méprisé. Ce n'est pas que si votre majesté m'en eût parlé la première , j'eusse voulu et que je veuille encore avoir l'orgueil criminel de ne point entrer dans les détails d'una justification qui doit. . . -

BENAi, l'interrompant.

<2n'appclcz-vous justification , mon ami ? VfO-

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