‹ Le marchand de SmyrneChapitre 253 sur 314 · ACTE 17 SCÈNE Vf · texte numérisé non relu

ACTE 17 SCÈNE Vf

tre-saingris! 1 éclaircissement que vous me donnez sur ce billet répond lui seul à tout.... k tout, et je B*ai plus rien à entendre»

LE DUC DE fttJLLi, avôc ic pius gréutd^èu.

Pardonnez - moi , sire, il est de toute nécessité que YOus ajez la bonté d'entendre ma justiûca^ tien ; et la voici.... Depuis trente*trois ans je tous sers; j'ose vous dire plus, je vous aime. A' mon attachement inviolable pour votre majesté se joint rhonneur, dont je ne me suis et dont je ne veux jamais m'écarter. Ils se réunissent, l'un et l'autre , à mon intérêt personnel, qui est de vous servir jusqu'à mon dernier soupir.... Ce sont là mes vrais sentiments.... Pour vous persuader, au contraire , ou que je veux ou que je puis vous trahir, mes ennemis couverts , ces petites gens, n'établissent dans leurs propos et dans leurs libelles que des possibilités purement chimériques.... Eh! en effet, quel seroit mon but dans une trahison prise dans le grand ?.. De me mettre votre couronne sur ]a tête? Vous ne me croyea pas assez dépourvu de jugement pour tenter l'impossible. De la faire passer à quelqu 'autre branche de votre maison , ou à quelque puissance étrangère? Ahl-^non f)rince ! ah! mon héros I quel autre monarque , quelles puissances , quels Etats peuvent jamais élever ma fortune aussi hs^t que vous avez élevé la mienne ?

HENRI, le serrant dans ses bras»,

Ahl mon cher fibsni I mon cher RosnU.

556 LA PARTIE DE GHil^SE DE HENRI IV.

LE Dtic DE S^LLi, poursuivatit avcc feu.

Ah ! mon cher maître , vous le serez teujoars... Vous m'aimez , vous m'estimez. ... oui , sive , vx>os m'estimez au point que j'ai la noble présomption <le croire que tous n'ayez point eu ( dans cette affeire-ci même ) de soupçons réels sur ma fidélité», ce que j'appelle de véritables soupçons. Non, sire> vous u'cn avez point eu.

H E K R 1 , reprenant vivement.

Pour de vrais soupçons , non , mon ami , jt n*en ai point eu ; à peine étoient-ce de légères- inquiétudes y et si foibles encore qu'elles n'avoieoC aucune tenue. .. . Eh! tiens, mon cher Rosni, je vais t'ouvrir mon cœur : je n'eusse jamais eu ces légères inquiétudes , jamais l'on ne Ait parvenu è me donner les moindres ombrages sur ta fidélité, si nous eussions vécu , tous les deux , dans un autre temps : mais , dans ce siècle affreux , dans ce siècle de troubles, de conspirations, de trahisons, où j'ai vu, où j'ai éprouvé les plus noires perfidies de la part de ceux que j 'a vois traités comme mes meilleurs amis ; où j'ai pensé être mille fois le jouet et la victime de la scélératesse de leurs complots.... tu me pardonneras bien , mon cher ami , ces petites échappées de défiance.... Je les réparcrai , M. de Rosni , par de nouveaux bienfaits , qui porteront au plus haut point d'élévation et vous et votre maison. Je veux que....

LE DUC DE svLLi, l* interrompant avec feu.

Arrêtez, tire! Vos bontés pour moi iroient p««l-

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