‹ Le marchand de SmyrneChapitre 262 sur 314 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Agathe I Vous v'ià vêtue comme une princesse

-Vous arrivais donc de Paris.... de Ifi cour?... Faut qu'vous y ayiez fait eune belle forteune, depuis six semaines quVous êtes disparue de Lieursain ! M. Jérôiae , vot'père , qu'est le pus p'tit fermier de ce cantop,iI n'a pas dû vous reconnoitre... Allais^;, TOUS devriais mourir de pure honte.

AGATHE, d'un air triste.

Hélas I les apparences sont contre moi; mais'jc ne §uis point coupable. Le marquis de Conchinî m'a fait enlever, malgré moi , et m'a fait conduire à Paris. Ce cruel m'a tenue six senit^ines dans une espèce de prison.... Ma vertu, mon courage et mon désespoir m'ont prêté les forces nécessaires pour me tirer de ses mains. Je me suis échappée; j'arrive à l'instant , et t'ayant aperçu d'abord , et ajant à te parler, je n'ai pas voulu me donner le temps de quitter ces habits, qu'on m'avoit forcée de prendre, et qui paroissent déposer contre mon Honneur.

LUCAS, d'un air moqueur, <c Déposer contre mon honneur!. .. » Les biaux tarmes! Comme ça est bian dit! V'ià ce que c'est que d'avoir demeuré , depuis vot' enfance jusqu'à l'âge de quatorze ans , cheux c'te signora Léonore GaUgaï , là ousque ce marquis de Conchini est devenu vot' amoureux. D^me! d'avoir été élevée cheux ces grands seigneurs , ça vous ouvre l'esprit d'eune jeune fille, ça! Ça vous a appris à bian parler..., et à mal agir.... Ma^, parce qu'oui

•yaia de l'esprit, pensais-yous pour ça -que je lommet des l>ête9, nous?... Grajais-vous que je vous crairons? Tarare! comme je sis la dupe de ç.'Ce ^elle loquenoe-là !

AGATHE

Mais , si tu veux bien , mon ami. .. .

tvcAs, t interrompant.

Moi t Yot'ami , après ce qu oas avais fait? l'ainr d*une parfide qui trahit M. Richard , à qni aile assure qu*air l'aime ; et qui après le plante là , pcar can seigneur qu'ail' ne peut épouser?... à qui ail' Vend son hoi^neur poct aroir de biaux babits/et n^ètre pus vêtue en pajsanne ? Moi , l'ami d'une oriature comme ça!... fi! morgue! ignia non pas d^amiquié pour vous dans mon coeur qui gni en a sur ma main ^ vojais>vous ?

AGATHE

Encore un eoup, Lucaa, rien n'est plus £itiz ^ue...»

LUCAS, tinterrompant,

RiaQ n'est pus vrai. . .. et ça est indigne h. vous d'avoir mis comm^çale trouble dans not' village... d'avoir arrêté, tout court, nos mariages... J'étois près dëpou^er , moi , mam 'selle Gatau , la sœur de M. Richard. M. Michau , son père , à elle et à lui , M« Michau, qu'est [le plus riche meunier de ce royaume, voua auroit mariée, vous -i- même ,4 M. Richard, son fils, qu'est un garçon d'es|>rit, qu'a fait ses études à Melun, qui parle comme ua livre, de même que voui,,.^ qui sait le latin /et

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