ACTE II, SCÈNE VII
LE DUC DE SULLI
Je Tal donné à un malheureux valet, qui s est cassé la jambe deyant moi. Mais , dites>moi donc , messieurs , en quel endroit de la forêt nous trou- Tons-nous ici?
LE MARQrié DE CONCHINI*-
Ma foi, nous j sommes égarés; voilà tout ce que nous savons.
LE DDC DE BEtLEG^BDE.
Cela est agréable, et surtout pour un galant chevalier comme moi , qui devois , ce soir même , mettre fin k une aventure des plus brillantes. Soit dit, entre nous, sans vanité et sans indiscrétion, messieurs.
LE DUC DE SULLI, d'uti air brusque.
Duc de Bellegarde , vous n'avez que vos folies en tête ! Je pense au roi , moi. Il n'aura peut-être été suivi de personne; la nuit est sombre : je crains qu'il ne lui arrive quelqu'accident.
LE MAnQuzs DE COTS CBiJSi, d'un air indifférent.
Bon ! quel accident voulez-vous qu*il lui arrive?
LE DUC DE SULLI, vivetuent.
Eh quoi! monsieur, ne peut -il pas être ren-^ contré par un braconnier, par quelque voleur? Que sais-je, moi? (Avec colère.) En vérité, le roi devroit bien nous épatgner les alarmes où il nous met pour lui ! Que diable ! ne devroit-il pas être content d'être échappé à mille périls , qui étoient peut-êtrei nécessaires dans le t^mps? et cet homme-
38o UA PARTIE DE CHASSE DE HEfiTRI IT.
là ne sauroit-il se retenir de s'exposer encore Vh jourd'hui à des dangers tout-à-fait inutiles? LE DUC DE belleoArde, «/'«A air /é^er.
Eh! mais, mais, mon cher Sulli, vous mettex les choses au pis.... J aime le roi autant que YOVi Taimez, et....
LE MARQUIS DE coscRiBri, l'interrompant , if UM
air indifférent.
Et moi aussi, assurément... mais, par ma foi! c est vouloir s*inquiéter à plaisir que de.... LE DUC DE suLLi, i' interrompant brusquement
Vive dieu ! messieurs , nous ayons une façon d'aimer le roi tout-à-£ait 'différente ; car moi , je vous jure que, dans ce moment-ci , je ne suis nul* lement rassuré sur sa persoi^ne. J'ai peur de tout pour lui , moi ; je ne suis pas aussi tranquille qot vous l'êtes.