ACTE II, SCÈNE XIIL
HENRI, souriant^ Oh ! oui , tout différent. . . Mais, ide grâce, tirez* moi d'ici à présenta
MICHAV.
Très volontiers , et pis que vous êtes honnête , je veux TOUS faire voir , moi , que je sis bon-homme. Venez vous-en cheux nous ; vous j verrez ma femme Margot, qui n'est pas encore si déchirée, et ma fille Catau , qui est jeune et jolie, elle !
HENRI, avec vivacités
Yotre fille Catau est jolie ? elle est jolie , ditesvous ?
MICRAU.
Guiahle! comme tous prenez feu d'abord! vous m'avez l'air d'un gaillard.
HENRI, vivement.
Mais, oui, j*aime tout ce qui est joli, moi, j'aime ' tout ce qui est joli.
MICHAU
Eh ! oui , Ton vous en garde ! . . . Oh ! mais , ne badinons pas.... Yenais-vous-en tant seulement souper cheux moi... Mon fils arrive c'soir; j'ons une poitreine de viau en ragoût, un cochon do lait et eun grand lièvre en civet.
HENRI, gàlment.
Vous aurez donc un lit à me donner ? . . . . Mais , sans découcher mademoiselle Catau.
M 1 H AtJ.
Oh! je vous coucherons dans un lit qui est dans not' grenier^ en liaut , et qu'est, au contraire , fort
éloigné de lendroit où couche Gataû , et ça poor cause. ... Je tous aurions bien baillé le lit de nof fils , s'il n etoit pas revenu ; mais , dame ! je yoo- Ions que not' enfant soit bian couché , par parierence.
B E N a I , toujours galment et avec bonté.
Cela est trop juste. Pardieu ! je serois Ûché de le déranger , et vous avez raison ; cela est d'un bon père..
MICHAU
C'est qu'j sera las, cest qu'j sera harassé, voyais-vous ? . . . Allons, a|lons, venais-vous-en, monsieur. . . Avons faim ?
HEHRi, viVemen/.
Ob ! une faim terrible !
MICHAU
Et soif à l'avenant , n'est-ce pas ?
HENRI
La soif d'un chasseur ; c'est tout dire^
MICHAU
Tant mieux! morgue! Y m'avais l'air d'nn boo vivant! Buvez- vous sec?
HERBi, galment.
Oui , oui , pas mal , pas mal.
MICHAU
Vous êtes mon homme.... Suivais-moi.... h voyons que nous nous tutoierons bentôt à table. J'allons vous faire boire du vin que j 'faisons ici. 11 est excellent ; quand ce seroit pour la bouche du roi... Laissez feire, nous allons nous en taper.