‹ Le marchand de SmyrneChapitre 62 sur 314 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

Bon métier! Et dis-moi, rends-tu ce beau scr- ▼ice-là II ceux qui ont tort, à ceux qui ont raison, indifféremment ?

l'italien.

Sans doute : la justice est pour tout le monde.

H AS s a H.'

Et on souffre cela à Padoue ?

l'italien.

Assurément.

HASSAN, riant. Le drôle de pajs que Padoue! Il se passera bien de toi , je m'imagine. (A André,) Et toi , qui es-tu ?

ANDné.

Moins que rien. Je suis un pauvre homme*

HASSAN

Tu es pauvre ? Tu ne fais donc rien ^

ANDRE

Hélas ! je suis (Ils d'un pajsan , je l'ai été moimême.

Bon ! c'est sur ceux-là que je me sauve.

ANDRÉ

Je me suis ensuite attaché au service d'un bon maitrc , mais qui est plus malheureux que mol.

HASSAN

Gela se peut bien. Il ne sait peut-être pas laboarer la terre. Mais c'est l'habit françois que tu as là?

8flf ÎLE MARCHAND DE SMYRNE.

Je le suis aussi.

Tu es François ? bonnes gens que les François : ils ne haïssent personne. Tu es François , mon ami ? il suffit , c'est toi qu'il faut que je délivre.

ANDRÉ

Généreux Musulman , si c'est un François que TOUS voulez délivrer, choisissez quelqu'autre que moi. Je n'ai ni père , ni mère ; ni femme , ni enfants. J'ai l'habitude du malheur; ce n'est pas moi qui suis le plus à plaindre,^ Délivrez mon pauvre maître.

HASSAV.

Ton maître? Qu'est-ce que j'entends! quelle générosité! quoi!... Ces François.... Mais est-cei qu'ils' sont tous comme cela?*.. Et où est-il, towi maître ?

ANDRÉ, lui montrant Dornal,

Le voilà, il est abîmé dans sa douleur.

HASSAN

Qu'il ^arle donc! il se cache, il détourne la vue, il garde le silence. (Hassan avance, le considère malgré lui. ) Que vois- je! Est-il possible? Je ne me trompe pas; c'est lui, c'est lui-même; c'est mon libérateur. ( Il l'embrasse avec transport* )

ponN AL.

.0 bonheur ! ô rencontre imprévue !

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