‹ Le Marchand de Venise, opéra en 3 actes et 5 tableaux, adaptation en vers de la comédie de ShakespeareChapitre 8 sur 27 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

SHYLOCK, TUBAL. puis LORENZO et GRATIANO.

Tubal.

En tend s-tu, venant des gondoles.

Les chants des garçons déments et des tilles folles

Que leur folie a rapprochés?

Shylock, rudement.

Nous sommes leurs obligés!

C’est pour ces filles

Que les garçons de famille.

Ruinés par le goût des bijoux.

Viennent chez nous...

L’important c’est que par l’effet de la morale

Ancestrale,

Nos filles gardent la notion formelle

De l’autorité paternelle!

Au revoir... Tout à l’heure, ici,

Je te dirai si tout a bien réussi...

Il va s’assurer que sa porte est bien fermée puis, s’acheminant vers la gauche, il se heurte dans l'ombre à Lorenzo.

Shylock, sursautant.

Oh là ! si près de ma demeure

A cette heure

Qui se cache?... Des voleurs?

Lorenzo,

Hé non! des veilleurs!

Gratiano.

Des veilleurs,

Et parmi les meilleurs!

Shylock.

Vive le Seigneur Doge!...

Mais êtes-vous les gardiens

Des juifs autant que des chrétiens?

Gratiano.

Bien sûr, voyons !

Shylock, montrant sa maison.

Alors, c'est ici que je loge...

Préservez du voleur et du mauvais garçon

Ma fille et ma maison !

(Il sort à gauche.)

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