A M. CH. DE LA ROUNAT
Nous avons contracté envers vous. Monsieur, une dette de reconnaissance que nous n’avons pas la prétention d’acquitter en vous offrant la dédicace de cette pièce. Nous tenons seulement à constater l’accueil sympathique que vous avez fait à une comédie sincère qui, à cause de sa sincérité même, n’était peut-être pas exempte de dangers. Quelque soit l’avenir litléraire qui nous est réservé, croyez, Monsieur, que nous n’oublierons jamais celte noble cordialité, qui est la marque des esprits élevés, dont vous avez entouré le début de deux inconnus. Elle est pour nous un légitime titre de fierté et le plus haut encouragement que nous puissions recevoir pour nos luttes futures. Agréez, une fois encore, l’expression de toute notre gratitude.
Quelques mots à propos du Marchand malgré lui.
Nous avons simplement voulu montrer les conséquences fatales d’un reniement, fût-il motivé par les raisons les plus probantes. Jeté, malgré lui, liors de sa voie, notre Claude Champin, organisation artistique, et par conséquent sensitive, en est arrivé dans un moment de lâcheté morale, dont il ne se rend pas lui-même un compte bien exact, jusqu’fi sacrifier sa fille. Nature généreuse au début, il va toucher à l’égoïsme ;c.’est l’éternel roman des déclassés,— le grand roman de notre époque! — Il nous a paru moral, dans un moment où le proverbe anglais, « le temps est de l'argent, » semble être la devise de