‹ Le marchand malgre lui comedie en cinq actes en versChapitre 18 sur 80 · ACTE I, SCÈNE Vi · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE Vi

part.)

’ Déjà!

RENÉ

Fi donc! la droguerie-,

Ne peut pas s’appeler une plaisanterie,

C’est véritablement un état sérieux,

Et qui, dans son quartier, vous pose un homme au mieux. Je laisse de côté le chapitre des lucres...

— Si nous étudions la question des sucres?

La betterave...

CLAUDE, se levant.

Au diable !

RENÉ

Oh! ne disputons point 1

La canne à sucre a bien son charme... c’est un point Indiscutable, mais les profits en sont maigres Depuis qu’on s’est permis d’émanciper les nègres! 1 — Aussi la betterave...

Eh! pour Dieu, laisse aux sots Tes quolibets usés, tes mauvais jeux de mots.

Il n’est plus d’atelier où l’on ose les dire,

Et le dernier rapin les écoute sans rire...

— On ne devient pas sot pour gagner de l’argent,

Et l’on n’en est ni plus ni moins intelligent.

RENÉ

Sans doute ! mieux vaut être épicier ou droguiste. Ou je ne sais pas quoi, que d’être un faux artiste. Mieux vaut vendre du poivre, auner du calicot.

Que d’être un impuissant ou que d’être un écho ! Au moins le rôt est cuit à point, la soupe est bonne, Et l’on peut vivre gras sans offenser personne !

Mais lorsqu'on a la force et non la volonté.

Et qu’on déserte l’art, c’est une lâcheté !

CLAUDE

Ah! René!

• RENÉ

Soit! mon cher, je change de langage :

Ce n’est pas lâcheté, mais manque de courage !

Un quart d’heure a suffi pour te rendre oublieux! Où sont Palestrina?.., le Porpora?... tes dieux?...

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