‹ Le marchand malgre lui comedie en cinq actes en versChapitre 22 sur 80 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

CLAUDINE, travaillant à on ouvrage de tapisserie, RENÉ. RENÉ, continuant la conversation.

Oui, voilà dix-huit ans, Claudine.

CLAUDINE

Dix-huit ans!

RENÉ

Dans le pays Latin, vivaient deux jeunes gens Frères, non par le sang mais par le cœur ; en frères.

Partageant les bonheurs, partageant les misères;

Tous les deux travaillant côte à côte, joyeux,

Pauvres et fiers, rêvant la gloire tous les deux,

Et tous les deux faisant, sans jamais être tristes.

Le dur noviciat des sincères artistes 1 C'étaient ton père et moi.

CLAUDINE

Pauvre père!

RENÉ

C'était

Un artiste, ton père, et lorsqu’il nous chantait,

De sa voix tyrge et claire au timbre métallique Les fragments inédits de son drame lyrique,

Nous disions entre amis que, grâce à Claude, Part S’en allait retrouver quelque nouveau Mozart...

A vingt ans, le Mozart, étoile disparue Sans laisser de sillons, tenait boutique, rue Des Lombards!

CLAUDINE

Ah ! René, que je l’ai vu souvent Rêver dans sa boutique et pleurer en rêvant!...

Hercule emprisonné dans sa robe de soufre,

1 se débat en vain contre son sort; il souffre *

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