VICTOIRE, CLAUDE
VICTOIRE
Vous voulez me parler, mon père?
CLAUDE
Oui, Victoire.
Approche, mon enfant, — approche; tu dois croire
(Prenant la main de sa fille.)
Que je veux ton bonheur, n’est-ce pas?
' VICTOIRE
C’est certain.
CLAUDE
Eh bien! ta mère et moi, nous parlions ce matin... — Remarque qu’il s’agit du bonheur de ta vio —
De te marier.
VICTOIRE
Ah I — Mon père, votre envie
Est et sera toujours comme un ordre pour moi.
Cl. AUDE, vivement.
Ce n’est rien là qu’un vœu, ce n’est pas une loi,
Car il faut avant tout que le mari te plaise.
VICTOIRE
Il suffit que maman l’ait choisi.
CLAUDE
• Je suis aise.
Ma fille, de te voir en ce bon sentiment;
Mais c’est grave.
VICTOIRE
Je crois tout ce que dit raamqn.
CLAUDE
Eh! ce n’est pas maman, c’est toi que l’on marie! Ainsi donc, réponds moi sans détour, je te prie... Nous pouvons nous tromper tous les deux.
VICTOIRE
Je ne sais,
Mais je crois que maman ne se trompe jamais.
CLAUDE
Connais-tu ton futur? Te paraît-il aimable ?
Te convient-il?
VICTOIRE
Maman le trouve convenable.
CLAUDE
J’en suis charmé pour elle et pour toi ! — Du moment Que tu n'as d’yeux, de voix, de cœur que par maman, Accepte le mari que maman te propose:
Je ne vois rien du tout à redire à la chose;
Je m’en lave les mains! — Fais-moi venir ta sœur !
(a part.)
Elle a moins de raison, mais elle a plus de cœur !
(Haut.)
La voilà !
(Entre Claudine ; Victoire sort.)