‹ Le marchand malgre lui comedie en cinq actes en versChapitre 53 sur 80 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les mêmes, EUSTACHE.

CLAUDE, à Eustacbe qui entre.

Ta main?... Tout dépend de Claudine.

(Regardant Claudine.)

Si Claudine dit ouil

EUSTACBE.

Cher patron, je devine.

C’est le plus grand bonheur que je puisse rêver;

Mais soyez sûr de moi quoi qu’il puisse arriver;

Je me connais très-bien. Ce n’est pas à mon âge Que sans réflexions on se met en ménage.

Et si Claudine hésite à me donner sa main.

Ne voyez plus en moi que le commis demain...

(Se précipitant vers Claudine.)

Écoutez-moi, Claudine, et répondez-moi vite.

Je vous connais depuis que vous êtes petite,

Et je suis un ami qu’on peut affliger; mais Je suis de ces amis qu’on n’offense jamais.

Je suis vieux, je n’ai rien... tout ce que je vous offre,

C’est un cœur simple et franc, c’est le fond de mon coffre; Ainsi n’hésitez pas : voulez-vous de mon nom ?

Dites oui franchement ou bien franchement non !

LAURE, à Claudine.

Nous attendons!

(Appuyant.)

Ton père attend !

CLAUDE

N’aie point de crainte,

Plains-toi, si tu te crois quelque sujet de plainte :

On ne te force en rien, nia fille.

LAURE

Réponds donc !

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