ACTE III, SCÈNE VIII
Gi
CLAUDINE
Peut-être bien des gens le trouveraient...
CLAUDE, vivement.
Fort laid !
CLAUDINE
Il n’est pas... élégant...
CLAUDE
Ah!
CLAUDINE
Mais enfin, je l’aime; -
Car il est bon, — si bon ! — aussi bon que toi-même I
CLAUDE, l’entraînant.
Cela ne suffit pas... N’as-tu jamais rêvé D’un amoureux ?..
CLAUDINE, regardant sa mère qui descend.
Oh ! si ! — que je n’ai pas trouvé.
Si !... j'ai rêvé parfois...
LAURE, lui prenant la main.
Folle 1 — d’un beau Léandre, En gilet bleu de ciel, en veste rose tendre,
Venant sous ton balcon roucouler à minuit;
— Par malheur le Léandre est en baisse aujourd’hui...
CLAUDE
« Pourquoi faut-il toujours que son secret m’échappe?..
(Se tournant vers Laure.)
« Ce n’est pas à l’esprit, c’est au cœur que je frappe.
(a Claudine.)
« Je veux te voir heureuse et je suis impuissant » « Devant la profondeur de ton œil innocent.
« Claudine, tire-moi de cette incertitude :
« Je sens mon cœur courbé sous tant de lassitude!
« Je n’aurais qu’à céder!... Ne mens pas!... Qui me dit « Que tu me mens ! — Eustache est vieux et sans esprit. « 11 est vrai qu’il est bon. mais je ne saurais croire « Que tu puisses l’aimer, ce serait dérisoire!
« Et si j’ai coascnti, tiens, c’est que j’espérais « Dans le fond de mon cœur que tu refuserais. »
Si tu ne l’aimais pas ?
CLAUDINE
Mais, père, je te jure,
Que j'aime Eustache, pour... sa loyale nature.
Je l’accepte avec joie et non les pleurs aux yeux ;
11 m’aime, il n’est plus laid; il m’aime, il n'est plus vieux.
LAURE
C’est Eustache !