ACTE I, SCÈNE If
• BOBINETTE
De ?...
RENÉ
De mon cœur.
BOBINETTE, boudeuse.
Je l’ai, mais c’est insuffisant.
RENÉ, riant.
Elle se plaint encor l
BOBINETTE
Claude est bien plus aimable. '
(Claude va chercher au fond une bouteille de champagne.)
Ah ! vraiment ! et quel est ce don inestimable Qui vaut mieux que mon cœur?
BOBINETTE , à Claude.
Dites votre chanson, - Et que ceci, Monsieur, vous serve de leçon.
(ils sc lèvent. — A René.)
Mettez-vous au piano.
R EN É
. Comment! une romance
De Claude?
CLAUDE
Eh! oui ! musique et paroles.
(a René, assis au piano.)
Commence !
CLAUDE, chantant.
C’est la chanson de Bobinette,
Qui, pied leste et le cœur en fête,
Le soir, la nuit et le matin.
Est, dans sa modeste toilette,
La perle du quartier Latin.
Bobinette, en fait de nature.
Tu ne sais rien Qu’aller manger une friture Au lac d’Engliien,
Ou te promener belle etfière Dans le bateau Des petits canotiers d'Asnière
Qui vont sur l’eau!
C’est la chanson de Bobinette, etc.
« Tu ne conuais pas les luzernes « Ni le sainfoin,
« Ni les monts grisâtres et ternes « Tout bleus de loin.
« Le peuplier au clair des lunes « Pâle et tremblant,
« Et les pruniers qui font des prunes « Une fois l’an * !
C’est la chanson de Bobinette, etc.
Mais on aime tes gaietés franches Et sans souci;
Quand on voit rire tes dents blanches On rit aussi.
Et ton œil, miroir de ton âme,
A, triomphant.
Toutes les grâces de la femme Et de l’enfant!
C’est la chanson de Bobinette, etc.
RENÉ, se levant.
Bravo ! mon cher, je te fais compliment !
BOBINETTE
C’est-il assez gentil ?
nENÉ.
C’est bon, sincèrement;
Mais...
CLAUDE, souriant.
Ah ! voyons ton mais...
RENÉ
L’air est joli, sans doute,
Frais comme un coin de parc que la mousse veloute,
Mais c’est un coin de parc; — j’aime mieux les grands bois, Ami, ce n’est pas l’art ainsi que je le vois.
A ce concert charmant, Claude, je trouve à dire - Une note que tout dans le monde soupire :
C’est l’amour!... Aime un peu, tu sentiras après,
* Les vers marqués de guillemets ne se disent pas à la représentation.