CONCLUSION
est (heureusement sans doute) encore peu développée 1 mais, bien que de loin, elle suit à peu près le même processus qu’à l'étranger. Si l’agriculture « dirigée » française s'inspire Jusqu'au bout de l’exemple extérieur, peut-être en viendra-t-on aussi, comme dans un certain nombre de pays, à la « cartellisation obligatoire »?.
Les Etats-Unis l’ont réalisée pour les multiples industries soumises au système des « Codes »; d’autres Etats, tel la Pologne, ont cartellisé certaines branches de leur industrie ; en Angleterre, la cartellisation obligatoire est réalisée pour quelques produits agricoles essentiels (le lait par exemple). Il semble (surtout après les élections de 1936) que la tendance prépondérante actuellement soit favorable à cette évolution 5.
Au point de vue qui nous intéresse spécialement, celui de l’agriculture française, disons qu'après avoir pris les mesures d’urgence que nous avons exposées dans ce livre, l'Etat aurait dû entreprendre sérieusement une politique générale d’aménagement agricole.
Le protectionnisme excessif a sans doute amené un développement indésirable de nos productions ; mais les perturbations dues à un déséquilibre des échanges extérieurs sont bien davantage la cause des difficultés pré-
1. Voir B. Nogaro, Revue économique internationale, janvier 1936, p. 47 : « On voit qu’il serait prématuré de vouloir prédire jusqu’à quel point la politique agricole, en France, comme en dehors, tendra vers une généralisation de l'Economie dirigée ».
2. Voir B Nogaro, op. cit., p. 46 : « Cependant, si l’on veut tenir compte de l’aspiration bien compréhensible des producteurs vers la stabilité des prix —et à un taux qui rémunère leur travail — on est entraîné, peu à peu vers un régime qui tendrait à garantir à la fois l'écoulement du produit et son prix de vente, c’est-à-dire à substituer au mécanisme de l’offre et de la demande, l’achat par la collectivité de toute la production, à un cours fixé d’avance ».
3. Citons à ce sujet que le « Rassemblement populaire » a inscrit à son programme la création d’un « Office national interprofessionnel des céréales »,
sentes. « La grande erreur du passé a été de considérer que le commerce extérieur de la France devait être basé sur des importations de produits agricoles et de matières premières compensées uniquement par des exportations de produits fabriqués. Il y a une véritable révolution à accomplir sur ce point »1, Notre domaine d'Outre-Mer, autant que la métropole, souffre du déséquilibre de notre agriculture totale.
A l’intérieur, considérant l’empire français tout entier, la formule consacrée par la Conférence Impériale : «Réduction des cultures concurrentes et développement des cultures complémentaires » représente un programme, riche en possibilités.
Pour réaliser ce vaste programme, nos Pouvoirs publics n’ont jamais eu à leur disposition des moyens aussi efficaces que ceux qu'ils se sont attribués récemment pour sauver les agriculteurs français. C’est seulement en suivant un tel « Plan » que l'Economie dirigée pourra servir en France, non plus une politique à courte vue, mais une Politique Agricole digne de ce nom.
1. Exposé de M. du Fretay, paru dans le Bulletin des Ingénieurs Agronomes, 1935.
\'ATRE Vu :
Pour le Doyen, l’assesseur Le Président de thèse, G. RIPERT. NOGARO.
Vu et permis d'imprimer, Le Recteur de l’Académie de Paris, S. CHARLET Y.