‹ Le marche de SaintPierre melodrame en cinq actesChapitre 1 sur 52 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

FftUI, PALÉME. puf. M"' HÉBERT.

Au lever du rideau, Fémi rangrdant l'appartemenl. Paie me entre vivement par Ir fond, en regardant derrière lui

PAt.ftME. à lui-mimr.

.Non, personne n'a pu me voir.

HÉBERT , traversant le théâtre de droite a gauche, ntt canevas à tapisserie à la main, s'arrête ù considérer Paléme, resté immobile et pen

rif.

F.h bien. Pnlême*

palEmr. se retourné»!.

Ah!... (il pari.) Ln gouvernante de mademoiselle est levée le bonne heure aujourd'hui.

magasii* tiii atiui..

M Ue iikuRnr.

- fels i ce que vous allez rester l.i debout, réfléchissant à je ne sais quoi? El M. de la Rebclière qui vous a commandé de mettre des bougie* nouvelles dans les candélabres, de tenir le* stores soigneusement baissés pour écarter ces vilains moustiques qui nous dévorent?.

. P a i. finit, regardant encore.

Oui. mamsel le- Hébert, oui, je vas le faire m 11 ' Hébert.

Prenez garde, vous êtes en retard, et vous vous ferez encore punir, mon pauvre l'aléme PAt.ftME, bainsnni le» tlorc*.

Vous avez raison, mademoiselle Hébert. M. de la ltebeliè>e est un maître qui ne laisse |wi* reposer long lemjw le fouet du commandeur.

M lle iiébkrt, reprenant »a mmrrhr.

Eli bien! puisque vous le savez, évite* donc de lui fournir un prétexte

KUr tort p*r la K««dir.

PALftMI.

lin prétexte! oh! il n'en a pas besoin.

lUtmiwtwtw» nv\,*M»*'W'WWW*

sr.KNK II.

PALÉME. PÉLAGIE. PÉMI.

i*é.i agis . i>auuni la tête /■ ar-dcssous un stor, qu'elle soulève

Peut on entrer?

PALftMU

Oui, toujours, il y a du monde.

Pélagie. quittant In fenêtre, et entrait/.

Bonjour, la compagnie.

PALftMU.

Eh! mais c’est Pélagie, la belle rapresse! .. La voilà donc de retour à la Martinique!

pémi.

D’où venez-vous donc comme ça ?

PÉLAGIE

De Cuba, où j'ai passé huit mois pour un petit héritage qu’une vieil armateur de ma connaissance m’a laissé. Grâce à lui, je vais devenir la providence de toutes vos riches créoles. Désormais je consacre ma petite fortune, mon imagination, mon commerce au soin de les embellir; avec des modes qui arrivent en droite ligne de France, et une recommandation du gouverneur-général, M .de Feuquières. on |>eut se présenter hardiment, on est bien sûr de réussir.

PALÉME.

Surtout quand on a un air et une tournure qui donneraient envie d'acheter jusqu'à la marchande!

PÉLAGIE

Flatteur!.. Mais vous deux, les ancienr serviteurs de II. de Kerbran, ruinment êtes vous chez M. de la Rebeliére

PÉMI.

Parce que depuis huit mois M. de Kerbran .n’exislc plus.

PALÉME.

Au moment de mourir. Il a nommé M. de la Rebclière tuteur de sa nièce Eléonore, et a fait

jurer a celle-ci de l’épouser; ee qui aura lieu dans lit semaines.

PÉL V G IB.

Quoi! la charmante Éléonorc va devenir sa femme! Je n'ai jamais pu m'habituer à ce M. de la Rebeliére. ni à sa figure ; elle n'est pas belle! a><c son air si patelin et si dur à la fois; et ses petits yeux gris qui vous font peur, quoiqu’ils ne vous regardent jamais en face. On m offrirait pour rien un mari comme ça...! [Avec myitêrr.) J’ai entendu dire qu’il n’était devenu riche que par des moyens dont on ne se vante pas, et que sa naissance...

PALÊMK.

On n 'en parle plus depuis qu’il est riche

PÉLAGIE

Mais que lebon M. de Kerbran ait pu avoir l'idée de lui donner sa jolie nièce, voilà qui ine passe.

PÉMI.

Il »’• pas pu faire autrement.

l'ALÉVI K.

l’.’est la vérité, M. de la Kcbelièrr, le plus *M*e calculateur de nos colonie» , lui avait tiré de* sommes considérables pour je lie sais quelle» spéculation* soiHUsant très-avantageuses: et au bout du compte, il avait si bien embrouillé les Affaire», que si le défunt avant de mourir n’eût pas arrélr le mariage de sa nièce, elle se serait trouvée ruinée.

PÉLAGIE

Ç» aurait peut-être mieux valu pour elle.

PaLÉUK.

Oh! elle est trop habituée aux douceurs de la vie des riches pour pouvoir sc passer de fortune: car son tuteur, malgré son awirlce. prévient toutes ses fantaisies, l’entoure et la comble de tout ce que k Iule a de plus rare et de plus séduisant.

PÉLAGIE

Il dore sa chaîne avant de la serrer. Eh! mais ce n’est pas maladroit, car, à seize ans, une jeune fille éblouie ne voit dans le mariage qu’une position nouvelle, un avenir de fête, une corbeille de noces, et elle prend le mari par-dosus le marché.

PALÊMK

Kst-cc que les femmes blanche» sc donnent seulement la peine d'examiner qui elles épouseut? Je suis sùr que notre jeune maîtresse n’y a pas encore sungé.. une vraie croule dans toute sa nonchalance hautaine!

PÉLAGIE

lié! hé! vous pourriez vous tromper, Falèrne ; je m’y connais: je l’ai vue souvent dans son enfance, et je vous jure qu’elle annonçait un caractère très-ferme et très-décidé !

PALftaa.

Oui, décidé a changer de volonté plus de vingt fois par jour.

PELAGIE.

On dirait que \ous lui en voulez... Que vous a-t-elle donc fait?

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