SC EN K IX
ÉLÉONORE. M'>* HÉBERT, pui< FBMI, Ni-
GRESSES.
ÉLÉONORE
Oh! combien tous les événemens de cette journée vont m’occuper désormais!... Kl notre libérateur... sa physionomie est si douce!... scs manières si distinguées! si affectueuses...
M lle HÉBERT.
Oui, il est très-bien, ce jeune homme.
ÉLÉONORE
En l’écoutant on croit l’avoir toujours connu; étpuis, avez-vous remarqué quand il parlait de notre danger, sa voix était tremblante, et il paraissait plus ému que nous-mêmes. Un frère, un ami ne se serait pas exprimé autrement.
■ (l * UÉBERT.
El n'aurait pas mieux agi ! Sans lui nousétions perdues !
ÉLÉONORE
Savez-vous, ma bonne amie, que c’est très-bien de nous proposer de nous accompagner? Et puis c’est une attention dont on peut être flatté; car elle prouve que, si sa présence nous est agréable, la nôtre ne lui déplaît pas trop.
M n ® HÉBERT.
Ce qui ajoute surtout a la bonne opinion que j’ai de lui, c’est l'ordre et le bonheur qui paraissent régner sur cette petite habitation ; aussi, dit-on que les nègres viennent s’offrir à lui dés qu’ils sont libres de disposer d’eux -mêmes.
ÉLÉONORE
Tandis que les nôtres nous quittent.
EuUccdr Ferai vl Uct Brpctni qui prdparcnl le liam-ic pcoiUnl Initie L fia de celle. terne.
H 11 ® UÉBERT.
Ahl voici vos négresses!
ÉLÉONORE
Tant mieux ! je suis brisée, et mes paupières sout lourdes de sommeil. Fémi n’aura pas, jecrois, besoin de me bercer pour m’endormir... (A Fémi ) Eh bien! t’es-tu informée? as-tu demandé?
FÉMI
Oui, mattresse, le brave homme qui nous reçoit si bien, c’est le mulâtre.
If 41 ® HÉBERT et ÉLÉONORK.
Un mulâtre! lui! mais il est plus blanc que M. de la Rebelièrc.
MAGASIN THEATRAL
fémi.
* 11 ne faut pas que cela vous .lionne, il y en t beaucoup comme cela.
ÉLÉONOIIE.
Et lu es bien sûre?...
FÉMI
Oh t oui, maîtresse... je inc suis bien fait expliquer... c'est le même dont nous a parlé SI. Mathieu, et qui a sauvé votre habitation des flammes.
M u * HÉBKRl .
Donatien !
FÉMI
Justement.
ÉLÉONORK.
Il se pourrait !... cet homme qui s’exprime si bien... qui est mieux que nos colons les plus distingués... cet homme qui s’est conduit si noblement. . qui a des senlimens... un esprit si élevés!...
Mlle HÉBERT.
Voilà qui renverse un peu vos idées de créole, n’csl-ce pas, ina bonne petite? Et que serait-ce si, comme inoi, vous aviez eulcudu ses louanges dans toutes les bouches?
éi.konork. pensive.
Des esclaves qui bénissent leur maître; ce n’est pas comme à la Kekelicre.
M ,,e HÉBERT.
Enfin» si vous saviez qu'il n’a pas besoin de ouct ni de supplice pour obtenir le travail de •es nègres?
ÉLÉONORK.
Ah! sUdtquc je serai majeure... j'abolirai tout cela pour les miens. *
ek mi A Eléonore.
Maîtresse, voulez-vous que je vous aide ?
ÉLÉONORK.
Non, non, je me jetterai toute habillée dans mon hamac... Allez vous reposer.
FÉMI
Adieu, maîtresse; que Dieu vous garde de mauvais rêves!
, EÜc w>rt èVec le» negreue*.