SCÈNE PREMIERE
ELÉONORE , PALÊME.
Eléonore eat encore endormie dana son Hamac suspendu à deux arbres auprès de l'ajoupa. Paiera* , accroupi devant Un petit feu resserré entre deux pierres, fait cuire ded bananes; il attise son feu, puis regarde du côté d'Eléonore et continue de soigner scs bananes; il eu tire une, la pose sur la pierre, va jusqu'au hamac, regarde d* plus près, et revient tranquillement éplucher sa banane et la manger.
kléonork, s'éveillant.
Le ciel... des arbres... il me semble pourtant... Ai-je révé l’hospitalité que nous avons reçue... ou si je rêve encore? ( Elle se soulève.) Hébert... ( Pins haut.) Mademoiselle Hébert I ( Avec impatience.) Fémil...
palêmb, allant qu hamac en mangeant une banane et en offrant une autre à Eléonore.
Avez- vous fairri? mal tresse ?
iiionou.
Où suis-je donc ?
PALftn.
Chez moi, voici mon ajoupa:
ÉLKONORK.
Un ajoupa!... Qu’est-il donc arrivé? Il y a quelques heures, j’étais bien auprès d’Hébert, entourée de mes esclaves... et maintenant... seule avec cet homme ! comment cela est-il possible?.*, qui es-tu ?
PAt.ÊMK.
Est-ce que vous ne me reconnaissez pas?
ÉLionoRB, l'examinant.
Palême!...
PALÊME.
Oui, Palême, l’esclave de M. de la Rebeliére, votre tuteur et mon doux maître» (Montrant ses épaules.) Voyez, j’en porte encore les marques. ki. ko orf , à elle-même.
Palême!... et moi ici... tout ceta se confond dans ma tête, comme si j'étais frappée de vertige.
PALÊMB.
Vous êtes surprise, maîtresse. Ob! c’est que quand on a éprouvé beaucoup de fatigue, et qu'on n’en a pas l’habitude... le sommeil est profond... et puis nous nous y sommes pris bien doucement,
allez. ..nous marchions avec tant de précautions!. .. élkomork, avec joie.
Vous êtes donc plusieurs?
PALÊMB.
Je ne poüvais vous emporter à moi tout seul; mais le compagnon est retourné à la case, il n'y a plus que vous et moi... soyez tranquille.
ÉLÊorfoRK, tremblante.
Ahl je suis tranquille. (A part.) Quel peut être le dessein de cct homme. ( Haut. ) Qui t'a donné l’ordre de m’amener ici ? pourquoi m’a-t-on séparée de M n « Hébert? Voyons, parle, réponds.
palêmb.
Vous ne voulez donc pas manger? C’est pour- | tant à votre intention que je les ai fait griller, ' maîtresse!
| Il retourne au fond pour prendre une iroisicme banane.
ÉLK050RB , sautant du hamac avec résolution, pendant que Paléme s’éloigne et marchant droit à lui.
SI je suis ta maîtresse, comme tu le dis, tu vas marcher devant moi, et me reconduire d’où je viens.
PALÊMB, s'asseyant.
Non, je suis fatigué... d'ailleurs, voyez-vous... je l'ai mis dans ma tête... (s'animant) vous resterez ici avec moi. ( Eléonore frissonne.) Avezvous peur? et de quoi? Je n'ai point d'armes ; et [fuis rassurez-vous, vous savez que je ne tue pas les femmes. Allons, asseyez-vous donc.
• êlêohore, a part.
Ah! mon Dieu! mon Dieu, que faire? (ffaut.) Je veux partir à l’instant.
PALÊMB, riant.
Partir? où irez-vous? Vous ne savez pas les che mina. (Se levant.) Non, non. vous resterez.
éléoxohk . viohmment.
Jamais, jamais! Palême, reviens à la raison.
C’est moi, ta maîtresse, Eléonore de Kcrbran.
PAXÊMC.
Ah ! oui tout-à-l’heure la femme de M. de la Rebeliére, répéte*-le-moi... j’ai besoin de ne pas l’oublier, vous serez la femme de cet homme dont la plus grande joie est de faire souffrir jnille morts aux malheureux esclaves, de cet homme qui a tor