RÉMI
Que diçai-je ?
• ELÉONORE
Tu diras... ( après avoir regardé, du côté du cabinet ) rien... non... je ne veux pas que tu parles. ( A part. ) Je ne veux pas qu'elle sache... (Uaut J Attends, attends... ( Elle regarde encore, court d la table, et écrit rapidement .) « Mou tuteur est de ■ retour, ne venez pas. ■
MAGASIN THEATRAL
U RKBF.nfcRi , revenant A Eléonore, qui se relève brusquement.
Tous voyez que je n'ai pas lardé, ma chère.
U lui jweod la maiu: elle ns qar le temps de dire Irès-ba*
à Ferai en loi montrant le papier <J«’«tyc vient «tVcrira
et dont elle est déjà separëe. .
ÉLÉONORE
Prends ! irai
fémi, qui n'a pas entendu.
PlaU-il, maîtresse?
LA RBBKLifcRB , prenant Eléonore por Us deux mains.
Quand on a été si long-temps éloigné de vous, ce n est pasen une fois qu on se rassasiedu plaisir de vous voir.
éléonore, *â part.
Je tremble !
rÊm, pris de la table
Qu’e$t-ce qu elle in’a donc dit?
LA RKBEUfcRV.
Mai» j’en reviens au goût que nos lieux vous ont donné pour la retraite. La solüude n’est pas aussi complète que je croyais d'abord.
ÉLÉONORE , à part.
O mon Dieu !
LA REBELlkRE.
Quelle est donc cette case neuve là-haut sur la montagne? ( Le conduisant per la main et montrant du doigt. ) Ne voyez-vous pas ce to4 rouge, à 1a crête du rooher ?
ÉI.ÉONORE .
Oui, monsieur.
LA REBEUÉRB.
Vous avez donc un voisio?.. Comment s'appelle-t-il ? •
éléonore, avec une froideur affectée.
C’est un mulâtre, nommé Donatien.
LA RKBKLfËRB , soulagé.
Abî oui, ce Donatien !... Je conçois, ma chère Éléonore. que vous ne m’ayez point parlé d’un pareil voisinage. Un mulâtre! autrefois on ne voyait guère que des hoir* et des blancs; aujourd'hui celte race mêlée est partout.