SCENE PREMIERE
ÉLÉONORE, M"« HÉBERT
ELÉONORE, sortant de sa chambre , ù M 11 * Hébert, qui arrive de l’extérieur.
Que sc passe-t-il donc? Que signifie cc que je viens de voir? Que veulent ces hommes de la milice?
M 1,e HÉBERT.
Michel prétend qu'on exécute les ordres de M. de la Rebeliére.
ELÉONORE
Il n’est pas Ici pourtant: h peine avons-nous été de retour, qu’il est reparti, soi-disant pour vingt-quatre heures; et voila près d’une semaine dépassée, mais. absent comme présent, il faut que quelque châtiment cruel signale son pouvoir. Àbî béni soit le ciel, qui veut que demain je sois majeure! mon courage est à bout, et je n'ai plus la force de me contraindre. Si vous saviez cé que je > souffre! si vous saviez ce que t'est que l’idée de devenir un jour la femme d'un homme dont pas une pensée, pas un sentiment ne sympathise avec les vôtres!... c’est une mort anticipée... une mort de tous les jours! et comme si ce if était pas assez de l’avenir d’un pareil supplice, il faut que j’en ledoute un cent fols plus horrible encore, celui d’avoir causé la perte d’un homme qui nous a donné tant de preuves de dévouement!
M IIe HÉBERT.
Ab bil eût mieux valu pour lui ne jamais nous •voir connues.
ÉLÉONOBI. .
A chaque instant je tremble d'apprendre quelque malheur; la moindre circonstance, ces soldats , ce mystère. .. tout m’épouvante, jusqu’à l’absence de mon tuteur.
M ,le HÉBERT.
Espérons que vous vou/ effrayez sans motif.
ÉLÉONORB.
Ob ! non, non; je connais M. de la Rebeliére ! et la rencontre entre lui et Donatien, la colère qui l’ânimait lorsque je me suis placée en tre eux deux. . . il avait fout deviné, et s’il en est ainsi, la liberté, la vie de Donatien sont menacées.
eémi, accourant.
Ah! maîtresse!...
• . ÉLÉONORB.
Qu’y a-L-il donc? Parle, explique-toi!
né an.
Un malheur! un grand malheur!...