SCENE VI
ÊLÉONORE, LA REBELIÈRE, M»« HEBERT,
éléonork, assise, et pendant ./ne la Rebelière lui verse le the.
Maintenant que nous sommes seuls, un mot, monsieur : ce matin, vous vous êtes opposé à tous mes désirs, vous m'avez refusé toutes mes demandes. Eh bien, écoulez! jusqu'à présent, je vous ai obéi aveuglément, j'étais votre pupille cela devail-êtrc. mais dans deux mois j'aurai seize ans.... je serai libre, vous me l’avez dit?
LA lt VBhLIÈRK.
Sans doute, les femmes, dans nos colonies, sont majeures a cet âge.
ELEONORE.
Alors, je vous eu préviens, j'habiterai àainti Pierre souvent toute l'année... je veux mro, agir
6 MAGASIN THEATRAL
selon mes goûts; enfin, en devenant votre femme, je prétends obtenir ce que je souhaite depuis si longtemps, ma liberté !
LA REBELIfeBB.
Votre liberté! ne l'avez-vouspas Ici T... Ne commandez-vous pas en souveraine? ne faites-vous pas toutes vos volontés? à l'exception du voyage de Saint- Pierre, ue suis- je pas prêta consentir?...
éléonorb.
Eh! bien, monsieur, demain, je vais aux Eaux Chaudes, et si je m'y trouve bien, j’y passe huit, dix, quinze jours, tout le tempsde votreabsence.
LA REBELlfeRB.
Aux Eaux Chaudes t../mais il y a pour une journée de marche, dans des chemins affreux, à travers un pays désert.
ELEONORE.
Qu'importe! il faut que je me promène ; ne venez-vous pas de me dire que j’avais toute Liberté?
LA RBBBLlfeRB.
Certainement, mais je crains les dangers du voyage.
AI U* Hébert lève le* yeux de dessus ton ouvrage , à ces
mot et écoute eu dci acliaut le (vnevai du métier.
ÉLÉONORB.
N’nllez-vous pas vouloir m’effrayer?... Urne semble que la solitude et les mauvais cheminsnc nous manquent pas ici plus qu’ailleurs; et puis, Je ne serai pas seule. { A .W 11 * Hubert.) N’est-ee pas, bonne amie, que vous êtes contente de cette promenade aux Kdux Chaudes? ça vous reposera decetravail assidu. Je ne comprends paspourquoi vous n'avez pas fait faire cela à noire Fémi, elle est adroite comine les fées.
SS lu HÉBERT.
Et moi, qu'aurais-je fait alors, ma chère?
ÉLÉONORR.
Rien du tout, comme moi.
Oui ; mais alors, comme vous je me serais mortellement ennuyée.
éléonorb, s'étendant dam son fauteuil avec un soupir.
Ah! c'est bien possible. (Se levant brusquement.) Voyons, monsieur, vous consentez?
la RERELifcRE, prenant ses mains.
Puisque vous levoulez absolument... Mais soyez prudeute, je vous en supplie ; s’il vous arrivait malheur, je serais au désespoir, ma chère ame; vous savez mon amour pour vous?
élkoNORb, lui abandonnant ses mains avec impatience.
Oui, monsieur, oui, je le sais, vous m'en parlez tous les jours, et je vous en remercie.
Jcion enteuJ une graude ilaouur , puis un i»nd inuuve ment.
■ ll « HEBERT.
Eh ! qu’y a-'-** 1 ?
ÉI.ÉOVPUB.
Qu’est-ce que cela veut dire?
LA RBBBLlfeRB, tremblant .
Est-ce que ce* coquins de nègre* se révolteraient ?