CONSOMMATION LOCALE DE PARIS
Tableau IV
Sorties des entrepôts et introductions directes chez le consommateur
Entre-
pôts 1891 2379 1892 2309 1893 2315 1894 2186 1895 2295 1896 2250 1898 2074 1899 2260 1900 2192 1901 2211 1902 2102 1903 2134 1904 2064 1905 2073 1906 1922 1907 2088 1908 2022 1909 2219 1910 2351 1911 2201 1912 2369 1913 2257 1914 1736 1915 1584 1916 1291 1917 1438 1918 1322 1919 2054 1920 2223 1921 2284 1922 2165 1923 2188 1924 2274 1925 28320
Total intro.
direct.
Total consom.
Paris
Introductions directes chez le consommateur
Fer
Terre Eau 1083 6 1079 7 1070 9 1096 10 1295 9 1279 10 1614 13 1588 11 1749 11 1761 9 1751 10 1994 34 1976 10 2342 10 1960 55 2130 21 2188 16 1624 13 1788 18
% Fer % Terre % Eau
CG CO © ND Où Qt À O1 D ND ND I N ND N C2 Co
NT Tee Es vie wo le. 5/0), 5,1% 1%
% © 4% vw +
D ODOOOOORAOOOOAOCOO©OCO©O©0O
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Consommation locale de Paris
———— Consommation et Entrepots —— Toit des Introductions
Nas
Rte Terre
pôts pour Paris, un mouvement de livraisons à peu près constant.
Quant aux introductions directes par fer, elles présentent beaucoup plus de variabilité, surtout à partir de 1900 où elles passent de 1.617 à 2.760 en 1901 soit une augmentation de 3 /4 environ. Sauf pendant les mauvaises récoltes de 1902 et 1903 (reportées sur les années 1903 et 1904) elles se maintiennent jusqu’à la mauvaise récolte de 1910. Cependant, dès 1906, la courbe commence à décrire un mouvement de longue durée de baïsse, mouvement accentué par la mauvaise récolte de 1910, par la guerre et en 1925, elles ne semblent pas vouloir se relever.
Quelles conclusions pouvons-nous en tirer ?
Richard 8
Pour les arrivées par fer, c’est-à-dire venant directement de la propriété, après un moment de vogue de 1901 à 1910, elles ont perdu toute l'importance qu’elles avaient acquise. Nous croyons qu’il faut voir là un indice de ce que le particulier, ne sachant pas soigner convenablement son vin pour qu’il se conserve dans de bonnes conditions, est obligé de se fournir chez un intermédiaire qui fait ce travail-là pour lui, car, si ce mode d’approvisionnement lui avait donné toute satisfaction, nous ne voyons pas pourquoi il l'aurait supprimé alors que l’achat en fut était encore courant.
Pour les arrivées par terre, qui jusqu’en 1925 peuvent être considérées comme ne provenant que de la banlieue de Paris, elles sont en mouvement de longue durée de hausse grâce à l’existence, dans cette banlieue, de la majorité des maisons mères des succursales multipes : le développement de ces maisons amenant l’augmentation des quantités qu’elles livrent à Paris.
Pour l'influence des prix sur la consommation sur laquelle nous reviendrons dans le chapitre suivant au point de vue statistique, nous ne pouvons que donner des idées sans plus de précision. Le fait frappant de la courbe est la hausse de 1901 : la consommation augmente de 1 million et demi d’hectolitres en une seule année !... Elle s’explique par la fortediminution desprix provenant de deux facteurs : augmentation des quantités produites à la propriété, et surtout, disparition des impôts de la Ville de Paris en vertu de la loi du 29 décembre 1900.On ne peut nier ici la répercussion de l’impôt, même communal, sur la consommation. En 1903 et 1904, légère baisse provenant de mauvaises récoltes. En 1910, la récolte est très faible; la consommation diminue en 1911, pour
remonter en 1912, à 6 millions d’hectolitres. Acemoment, M. L. Defert peut écrire un article dans le Bulletin de la « Chambre Syndicale » de 1913 : « On peut donc conclure hardiement que les bas prix ont développé le goût du vin d’une façon très appréciable, et qu’une partie de l’augmentation acquise est définitive; alors que le chiffre de 5 millions d’hectolitres était le chiffre moyen et normal de la consommation avant 1900, il semble que le chiffre moyen pour les années postérieures à 1910 va s'établir aux environs de 6 millions d’hectolitres ».
Les faits ont démenti cette conclusion. La guerre en est sûrement la cause, tout au moins immédiate, de 1914 à 1918. Quant à l’après guerre, la consommation essaye de se relever, mais n’atteint, en 1925, que 5 millions 600 mille hectolitres : un million de moins qu’en 1910. Les prix sont-ils relativement plus élevés ? La qualité est-elle inférieure (depuis la guerre, le viticulteur mettant de plus en plus de « gros plants ») ? Ou bien, la jeunesse, privée de vin pendant la guerre et écoutant les ligues antialcooliques ? n’a-t-elle plus de goût pour le vin ?
Section II
Recherche d’un mouvement saisonnier de la consommation
La consommation taxée de Paris, qui ne correspond pas avec sa consommation réelle, doit cependant indi-
1. Et pourtant le vin (non pas le « vin légal », maïs le « vrai » vin) est autre chose que de l’eau alcoolisée : il renferme des sels minéraux naturels (et non pas chimiques), des vitamines qui font qu’il peut être considéré comme un aliment quand il est pris raisonnablement.