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Chapitre Il

La consommation de Paris

Avant 1900, les boissons payaient un droit d'octroi à leur entrée dans Paris. Par ce moyen, nous avons une statistique assez exacte de la consommation.

Déjà, une loi du 29 décembre 1897 était venu réglementer les droits d'octroi perçus par les communes sur les boissons. Une loi du 29 décembre 19001 est venue supprimer les «droits de détail, d'entrée et de taxe unique sur les vins, cidres, poirés et hydromels ». Ceci permit à l'Etat d'’instituer une taxe unique pour toute la France, . taxe qu'il a plusieurs fois surélevée. Il en ristourne une partie à un fond commun des communes (loi du 22 février 1918) suivant un certain forfait.

Donc plus de statistiques dans les recettes de l’octroi de Paris, quant aux vins. Cependant, son service « des droits d’entrée » a continué à relever la consommation réelle de 1903 à 1925 dans le but de connaître la perte subie par la ville. Mais le Conseil municipal s’en désintéressait, le service coûteux fut supprimé (en 1925 il revenait à 30.000 fr.). |

1. Cette loi du 29 décembre 1900 a apporté des changements importants dans les tarifs, l’assiette et le mode de perception de l’impôt des boisson:. Elle a fait notamment disparaître, à partir du 1er janvier 1901, l’« exercice » des débits et a pour la première fois, assujetti à la «licence » les débitants de la ville de Paris. Bulletin de Statistique et de Législation comparée, 1902, 2° sem. p. 264.

Ces renseignements se trouvent à l’ Annuaire statistique de la Vilie de Paris, dans un tableau intitulé « Boissons exemptées des droits d'octroi par la loi du 29 décembre 1900 ».

Nous ne possédons plus actuellement que la « consommation taxée » correspondant à l’impôt perçu par l'Etat sur la dernière cireulation : celle qui précède la vente au détaillant ou parfois au consommateur. Mais une partie, non négligeable, du vin consommé à Paris provient de sa banlieue où les droïts sont perçus. La consommation taxée de Paris correspond à peu près avec les sorties des entrepôts, qui nous verrons, ne fournissent pas que Paris.

Devons-nous prendre la consommation taxée de la Seine comme mouvement représentatif de la consommation de Paris ? Pour la période d’avant guerre, celà n'aurait pas été possible, vu l'importance des arrivées par fer dont les droits de circulation sont payés à la propriété. Maintenant, ces arrivées ont beaucoup diminué avec la décadence de l’achat en fût. Mais les variations de la consommation de la Seine sont-elles proportionnelles à celles de Paris ?

Section I

La consommation de Paris et les entrepôts

À l’aide des renseignements quenousavons trouvé dans. l'anuaire statistique de la Ville de Paris nous voulons montrer que : les entrepôts ne fournissent pas que Paris,. Paris ne se fournit pas que dans les entrepôts.

$ 1. — Les entrepôts ne fournissent pas que Paris. Dans le tableau III, nous reproduisons les rensei--

gnements suivants : les sorties des entrepôts pour Paris dans la première colonne, celles pour l’extérieur de Paris dans une deuxième, dans la troisième nous avons cherché le pourcentage des sorties pour Paris par rapport au total, les sorties pour l’extérieur de Paris formant le complément. | D’après ces résultats, et si nous exceptons la période de guerre, nous voyons que les sorties des entrepôts pour Paris sont comprises entre 62% (1923 et 1924) et 76 % (1909). Les entrepôts fournissent ainsi entre les 2/3 et les 3/4 de leurs sorties la consommation de Paris. Il n’y a donc aucune précision pour déterminer la part des entrepôts dans la consommation parisienne. Les sorties des entrepôts pour Paris se font par la route. Si nous analysons celles qui se font en dehors de Paris, nous constatons que la majorité se fait par la route ; cependant nous trouvons des envois par fer et même par eau. Ces sorties, nous les mettons dans les 4e, 5e et 6€ colonnes de notre tableau III. Si nous cherchions un pourcentage des différentes sorties par rapport à leur total, nous verrions que les sorties par terre, c’est-à-dire les sorties pour la banlieue car le transport par route sur d’assez longues distances n’a pas encore pris de l’importance, sont comprises entre 71 % (1912) et 90 %,,(1904)sauf pendant la période de guerre, où il est descendu à 62 % (1917). Là encore rien de précis. Remarquons cependant que lorsque la récolte est mauvaise (en 1903 et en 1910) les sorties par terre des entrepôts pour l’extérieur de Paris augmentent en nombre absolu et relativement (en 1904 et en 1911). Le stock constitué dans les entrepôts devait jouer. Pour le fer, il a pris une certaine importance pendant la guerre, avec les

envois au front. Quant aux sorties par eau, si elles sont insignifiantes, elles existent cependant.

$ 2. — Paris ne se fournit pas qu'aux entrepôts.

Sur la consommation locale de Paris, nous avons trouvé en plus des renseignements qui se trouvent dans l'Annuaire statistique de la Ville de Paris de 1903 à 1925, d’autres renseignements de 1891 à 1903 1 auprès de la « Chambre Syndicale des vins et spiritueux de Paris et du département de la Seine ». On a ainsi dans le quatrième tableau : dans une première colonne les sorties des entrepôts pour Paris, dans une deuxième les introductions directes chez le consommateur, c’est-àdire ce qui est consommé dans Paris et qui ne passe pas en entrepôts; dans une troisième, la consommation totale de Paris, le tout en milliers d’hectolitres de 1891 à 1925. Si nous analysons les entrées directes chez le consommateur, nous avons dans les 48, 5e et 6e colonnes les arrivées directes par fer, par terre et par eau, et dans les 7e, 8e et 9e colonnes leur pourcentage par rapport à leur total annuel.

Le graphique III nous montre l’évolution de ces différentes introductions. Pour les sorties des entrepôts pour Paris, nous constatons qu’elles sont très peu variables : de 1891 à 1925, elles restent comprises entre 2 millions et 2 millions 350 mille hectolitres, sauf pendant la période de guerre. Par contre, pour le total desintroductions directes chez le consommateur, nous avons un mouvement fort ample, allant de 2 millions à 4 millions et demi, introductions déterminant les variations de la con-

1. Cependant comme nous les avons relevé dans deuxstatistiques différentes, l’année 1897 manque.

LE MARCHÉ DU VIN A PARIS (let

sommation totale de Paris : le parallélisme entre les deux courbes est d’ailleurs très net. Remarquons la très forte hausse de 1901 (les introductions directes passent de 2.986 en 1900 à 4.591 en 1901, soit une augmentation de moitié), hausse provenant d’une diminution des prix dont le principal facteur était la suppression des droits d'octroi (loi du 29 décembre 1900).

Pour les introductions par voie de terre, elles sont en progression constamment croissante de 1890 à 1913 et de 1919 à 1925, la guerre ayant forcément amené une diminution de la consommation parisienne. Si nous éliminions ce mouvement de longue durée de hausse, nous devrions trouver, comme pour les sorties des entre-

Tableau 1il

SORTIES DES ENTREPOTS Sorties des Entrepôts Sorties pour l’extérieur de Paris

pour # F

pour l'extérieur pour # LA %

Paris de Paris Paris Fer Terre Eau Fer Terre Eau 1903 2134 931 70 145 772 14 15,6 82,8 1,5 1904 2064 1011 67 90 908 13 8,8 89,8 1,2 1905 2073 880 70 124 746 10 14 84,7 1,1 1906 1922 891 68 161 705 25 18 79,12:7 1907 2088 875 70 147 697 31 16,7 79,6 3,5 1908 2022 741 73 140 555 47: 18,9 74,8 6,2 1909 2219 718 76 127: 559 32 17,7 77,8 4,4 1910 2351 797 75 128 644 24 16 80,8 3 1911 2201 1052 68 120-922 11. 11,3 87,5 1 1912 2369 1057 69 290 750 16 27,4 71 1,5 1913 2257 919 71 148 767 - 5 16 83,4 0,5 1914 1736 950 65 190 759 0 20 79,9 O0 1915 1584 1253 56 384 867 1 30,6 69,2 0,1 1916 1291 893 59 306 585 233,9 65,92 0,2 1917 1438 1315 52 483 812 20 36,7 61,7 1,5 1918 1322 1123 54 DOS iNeel 120 73,9 1 1919 2054 1240 62 304 936 1 24,5 75,4 0,04 1920 2223 1240 64 304 936 1 24,5 75,4 0,04 1921 2284 1121 67 184 937 16,3 83,6 1922 2165 1242 64 176 1053 13 14,1 84,8 1 1923 2188 1358 62 177 1181 13 86,9 1924 2274 1416 62 156 1260 11 88,9

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