‹ Le marché financier en 1900-1901Chapitre 11 sur 132 · PAYS-ETRANGERS · texte numérisé non relu

PAYS-ETRANGERS

F'onds dEtats étrangers

Compagnies de chemins de fer américains..

CompagDies de chemins de fer d'autres pays

étrangers

Total (Pays étranger?)

Total général

(1) En fiuelques cas le montant ne représente pas la somme origiualc qui a été autorisée.

(2) Ajoutant les fonds d'Elal qui ne sont pas compris dans le List Stock-Eœchaiif/e, la dette nationale au .30 avril 1890 s élevait à 63o.0il.000 livres sterling. Eu 181G, la dette nationale dépassait 900.000.000 livres sterling.

(3) Y compris les compagnies de chemins de fer, etc., fondées dans le Royaume-Uui pour développer les Indes, colonies et possessions britanniques.

(4) Dans cette somme sont compris les emprunts — qui ont été presque entièrement réalisés à l'aide de l'émission d'obligations remboursables en livres sterling — d'un petit nombre de villes étrangères.

Un grand nombre des compagnies de premier ordre n'ont pas demandé l'admission de leurs noms au List du Stock- L'xchange. Conséquemment ni leurs noms ni leurs capitaux n'y paraissent; leurs actions sont, néanmoins, fréquemment achetées et vendues par les courtiers ou les ventes sont effectuées par contrat privé.

En outre, il y a une foule de compagnies — dont quelquesunes sont de premier ordre — qui ne pourraient pas obtenir l'admission de leurs noms au List. 11 faut qu'une compagnie soit considérée par le comité du Stock-Exchange d'une importance suffisante — « of sufficient magnitude and importance ». Ce règlement du Stock-Exchange tend à diminuer les dangers qui peuvent exister de l'extrême libéralité de la loi anglaise à l'égard de la formation d'une compagnie. Toutefois, ceci ne s'applique pas à une compagnie d'assurances sur la vie.

Chaque nouvelle compagnie d'assurances sur la vie, soit anonyme, soit mutuelle, est obligée de déposer un cautionnement de 20.000 £ entre les mains du Gouvernement, pour une certaine période. En ce qui concerne les autres catégories de compagnies, l'écart entre le capital social et le capital versé est fréquemment très disproportionné. La loi se tait sur cette matière importante. Le comité du Stock-Exchange lui-même se déclare satisfait à cet égard si la moitié du capital social d'une Compagnie est souscrite et si 10 0/0 du capital souscrit est versé, à moins qu'une Compagnie se forme pour continuer une affaire existante, auquel cas les deux tiers du capital social doivent être souscrits.

Ce serait une tâche énorme de chercher à découvrir le montant des actions, stocks, bons et obligations de toutes les compagnies qui ne sont pas cotées au Stock-Exchange; mais il est certain que ces capitaux s'élèveraient à plusieurs centaines de millions de livres sterling.

Nonobstant l'exclusion de ces compagnies, le résumé de M. Cook démontre que les capitaux placés en actions, stocks, bons et obligations des compagnies qui sont comprises dans le List du Stock-Exchange s'élevaient au 30 décembre 1899 à la somme énorme de 2.040.624. 145 £ (51.015.603.672 fr.),

Les valeurs comprises sous la désignation « Emprunts de Villes» (Stocks), qui ne sont remboursables qu'après beaucoup d'années de la date de leur commencement, ne comprennent pas tous les capitaux prêtés aux Villes qui empruntent aussi, sur hypothèque, jusqu'aux limites fixées par les Acts du Par-

Jement, des sommes qu'elles peuvent rembourser ou que les prêteurs peuvent retirer en donnant avis six mois à ravancc.

Le Stock-Exchange n'a pas beaucoup à se féliciter de Tannée 1900 ; les affaires ont été peu animées, il y a eu moins de transactions effectives et le niveau général des prix s'est abaissé. Le public a fait preuve d'apathie, aussi bien à l'égard des valeurs de placement, qu'à celui des valeurs de spéculation. Il ne faudrait cependant pas trop prendre à la lettre les plaintes des intermédiaires, comme le fait observer VEconomist : il y a trois mille membres au Stock-Exchange avec de nombreux commis, des frais de bureau considérables; d'autre part, sauf l'accident arrivé à la fm de l'année avec la Société du London and Globe, qui a amené un certain nombre de faillites, celles-ci ont été peu nombreuses à la Bourse.

A en juger par les chiffres du Clearing-House, les jours de liquidation, les compensations du Clearing ont diminué en 1900 de 13 0/0, tandis que les compensations, les jours de paiement du Consolidé, ont augmenté de 8.70 0/0 ; c'est la conséquence de l'Emprunt de guerre, des émissions de bons du Trésor et de l'Echiquier.

L'année a été une succession d'espérances et de déceptions pour les professionnels qui, en temps normal, réussissent à se faire suivre du public. Au début de l'année, les revers anglais en Afrique ont produit de la baisse; les cours ont repris avec la nomination de Lord Roberts et 1 opinion que l'occupation des capitales du Transvaal et de l'Orange termineraient la guerre. Mais les événements ont été autres.

Malgré la prise de Pretoria et de Johannesburg, la guerre a traîné et il a fallu faire de nouveaux emprunts.

L'incertitude dans laquelle a été tenu le marché monétaire a réagi sur la Bourse. Durant le premier semestre de 1899, l'argent est meilleur marché que dans la période correspondante de 1900, mais l'automne de cette année a vu le loyer des capitaux demeurer fort au-dessous de 1899(1). L'argent n'a été

Escompte hors banque ù Londres.

Janvier.. . 3.86 2.36

Février 3.70 2.14

Mars 3.90 2.41

Avril 3.99 2.25

Mai 3.47 2.24

Juin 2 63 2.22

iy..o

Juillet 3.27.

Août 3.91

Septeuibre . . 3.^0

Octobre 3.87

Novembre. . . 3 90

Décembre,.. 4.12

82 LE marciih; financirk en 1000

ni trop rare ni trop cher. Ce qui a pesé surtout sur ]c marché, c'est l'obscurité sur l'issue de la guerre, sur la reprise des opérations minières, ce sont les perturbations de la Chine, la crainte peu justifiée de complications internationales. Les Anglais ont pu constater amplement l'attitude peu sympathique de l'Europe à leur égard. Les industries anglaises ont eu à souffrir du haut prix du fer et de la houille; quelquesunes ont eu de gros bénéfices qu'elles ont employés principalement en extension et en amélioration.

Nous avions constaté l'an dernier la dépréciation qui avait affecté particulièrement les valeurs dites dorées sur tranches qui, en donnant une sécurité presque absolue aux capitaux, produisent un intérêt peu élevé. En 1896 les Consolidés anglais, qui deviennent du 2 1/2 en 1903, cotaient 1 14; le Canadien 4 0/0 garanti 122, le 3 0/0 Egypte 110, le 2 1/2 Métropolitain 107, les 4 0/0 des Chemins anglais valaient 162. Le relèvement du loyer des capitaux, en 1899, avait eu son contre-coup très marqué sur la cote. En 1900 cette catégorie de grandes valeurs a eu h souffrir du taux relativement élevé auquel le gouvernement anglais a dû emprunter; il est naturel que lorsqu'on peut se procurer des bons du Trésor anglais à 3 3/4 l'an, la capitalisation se modifie et qu'un rentier, qui se contentait jadis de 2 1/2 0/0 l'an, avec la signature du gouvernement, ait d'autres prétentions aujourd'hui (1).

Le gouvernement anglais a constaté que les acheteurs devenaient plus rares au fur et à mesure qu'il offrait de meilleurs taux. Le gouvernement a donc exercé une influence considérable sur le marché; il n'a pas voulu recourir à une émission de Consolidés pour ne pas augmenter la dette permanente et aussi dans l'espoir qu'une partie des frais de la guerre pourrait être recouvrée sur les nouvelles colonies. Après la baisse subie vers la fm de 1899, il est assez naturel qu'en 190 ) les Consolidés aient été moins affectés, ils sont toutefois près de deux points au-dessous des cours de la fin de l'année précédente. Les fonds indiens ont été plus stables que les Consolidés ; le 3 0/0 égyptien, garanti par l'Europe, s'est maintenu entre 100 3/8 et 103, pour finir l'année à 101 1/2 ; le 2 1/2 grec a oscillé entre 95 et 88, il finit à 90.50; le 4 0/0 canadien a valu entre 101 et 108 pour finir à ce cours.

Le Local Loan Stock, fonds commun duquel on fait des

(1) En 1898, on put encore émettre à 100.50 du grec 2 1/2 garanti.

avances aux autorités locales et dont il a été émis du 3 0/0 à 97, a repris dans le courant de l'année :

Dec. 1900 Dec. 1899 Plus Us Plus haut

Cons. 2 3/4 0/0 jusque 1903,

puis 2 1/2 0/0, red., 1923. 97 1/4 99 - 13/4 103 1/4 96 3/4

2 8/4 0/0 red , 1905 97 1/2 98 - 1/2 1011/8 97

2 1/2 0/0 red.. 1905 97 1/2 96 1/2 + 1 100 1/2 95 5/8

Local Loans stock 100 1/2 100 + 1/2 105 7/8 9S .3/4

Bank of England stock... 328 3311/2 — 6 1/2 349 326

India3 1/2 0/0 10? 108 1/2 — 1/2 112 1/2 105

Do 3 0/0 red 1948.... .. 101 101 105 1/2 93

Do Hupee 54 55......... 64 63 1/2 -f 1/2 65 62

2 1/2 Grec .,. .. 90 1/2 95 — 4 1/2 95 88

Les fonds municipaux ont été négligés et la dépréciation a fait de nouveaux progrès. La hausse avait été exagérée en 189G-97. Actuellement ce sont les titres portant seulement 2 1/2, 2 3/4 et 3 0/0 qui ont le plus à souffrir. Les municipalités ont eu l)eaucoup de peine à placer leurs emprunts.

Home Corporation Stocks Dec. 1900 Dec. 1899 Plus bas Plus haut.

Metropolitan 3 % 0/0 110 110 113 1/2 107

Birmingham 3 ♦/* 0/0 110 1111/2 — 11/2 116 3/4 109

Leeds4 0/0 112 1/2 114 1/2 — 2 116 3/4 112

Liverpool 3 /, 0/0 118 1/2 118 + 1/2 122 1/2 117

Manchesîer 4 0/0 133 1/2 135 1/? — 2 1/4 139 1/2 133

Nottinghain 3 0/0 104 105 — i 108 98

Colonial Inscribcd Stocks D('c. 1900 Dec. 1899 Plus bq,s Plus haul.

Canada 3 »/, 0/0 102 1/2 104 - 11/2 107 1011/2

Cap 4 0/0 (188.3) 111 104 1/2 -\- 6 1/2 112 102 1/2

NalaI4 0/0 111 105 + 6 116 1/4 104

New South Wales 4 0/0... 113 110 1/2 + 2 1/2 117 3/4 110 1/2

Do3}/, 0/t 104 101 -+-3 107 • 101

Queeiisland 4 0/0 J07 104 + 3 113 1/2 103 1/2

Do 3 »/^ 0/0. .. 102 1011/2 + 1/2 106 1/2 101

South Auslralian 4 0/0 108 106 1/2 + 11/2 111 106 1/4

Do 3^0/0 106 lOi + 2 107 3/4 103 1/2

Tasmanian 3 }4 0/0 1011/2 102 1/2 — 1 105 1/2 100 1/1

Victorian 4 0/0 82-4 .' 102 105 1/2 - 3 1/2 104 1/4 100 5/8

Do 3 y, 0/0. . 102 100 1/2 - 1 1/2 105 3/i 100 1/2

En 1900 une loi a été votée admettant les fonds coloniaux au nombre des placements de Trustée, h certaines conditions;

elle n'a pas beaucoup attiré rattention et l'effet n'en a pas été marqué sur les cours. Le Canada et la Nouvelle-Zélande se sont conformés aux exigences de la nouvelle loi. La plupart des emprunts canadiens sont en hausse de 2 à. 3 points, ils sont au niveau des meilleurs Trustée Stocks. Le Cap et Natal ont gagné 6 points. Les titres des colonies de la couronne sont plus faibles.

Les fonds étrangers sont en général en plus-value sur les cours de fin 1899. Ce sont les rentes françaises, égyptiennes, TExtérieure espagnole, le Russe, le Hongrois, l'Italien, le Portugais et le Turc qui ont le plus profité. Les fonds chinois ont naturellement passé par des fluctuations très considérables, mais ils ont regagné une grande partie du terrain perdu.

Dec. 1900

Egypte Unifiée 104

Français 3 0/0 101

Allemand 3 0/0 87

Grec 5 0/0 1881 40

D° 4 0/0 Monopole. 44

D» 4 0/0 Rentes 31

Do 5 0/0 1890 39

Hongrois or 99 1/2

Italien 5 0/0 95 1/4

Portugais 3 0/0 25

Russe 4 0/0. Série I. . . 101

Espagnol 4 0/0 69 3/4

Turc 4 0/0, 1891 100

Groupe B 47 3/4

7 Chinois argent 102

4 Japonais 82

Les fonds de l'Amérique du Centre et du Sud ont améhoré leur niveau. Sous la sage administration de Porfirio Diaz, le Mexique reste à la tête de ces républiques : le 5 0/0 converti s'est maintenu aux environs du pair. La République Argentine est arrivée à un arrangement concernant les dettes provinciales et municipales et, bien qu'il en résulte une aggravation de charges, elle a pu y faire face. Le budget présenté pour 1901 prévoit léquilibre, il promet des économies. Le crédit argen-

Dec. 1899

iOOO

Plus haut.

Plus bas.

lin s'est relevé. Les fonds brésiliens sont en reprise, on ne sait pas encore si le Brésil sera en mesure de reprendre le service intégral de la dette extérieure en 1900; le change s'est amélioré. A la fm de 1900, il est à 10 5/32. Le gouvernement a interrompu, puis repris les incinérations de papier-monnaie. Voici le tableau du change et des billets en circulation.

Change Billets en circulation Valeur des billets.

Milreis Livres st.

Avril 1898 6 ,789.364.614 19.734.115

Août 1898 7 1/2 786.364.614 24.667.644

Décembre 1898 7 3/4 785.941.758 25.379.-369

Décembre 1899 7 1/32 733.727.153 22.306.431

Décembre 1900 10 699.642.374 29.151.765

En deux ans, le montant des billets a diminué de 90 miUions milreis. Le taux du milreis est sous l'influence de la diminution du volume de papier en circulation et aussi du fait que le gouvernement, pendant un temps limité, n'a pas à prendre de l'or à l'intérieur ou à faire des remises à l'étranger pour le paiement de la dette extérieure. Les fonds chiliens sont en progrès.

Dec. 1900 D(5c. 1899 1900 Plus haut. Plus bas.

Argentin 5 0/0, 1886 95 92 + 3 95 87 1/2

— Funding Loan 96 92+4 96 1/4 89 3/4

— B. Cedulas 41 36 -+- 5 41 35 1/2

Brésilien 4 1/2 0/0, 1883 63 57+6 69 57

— W. de Minas 73 58 +5 73 3/8 57 7/8

Chilien 4 1/2 0/0 Gold Loan, 1889. 84 86—2 87 82 1/4

Colombien 15 16—1 17 1/2 111/2

Costa Rica « B » 24 1/2 22 + 2 1/2 26 1/8 21

Guatemala New Ext 19 22—3 22 3/4 16

Mexicain,Do 50/0 Cons. Ext., 1899 100 98 — 1/2 102 97 1/4

Paraguay, 1886-96 20 17+3 20 15

Venezuela 33 24+9 33 23 1/4

Les recettes des compagnies de chemins de fer anglais ont été vraisemblablement les plus fortes que l'on ait connues, et cependant l'année a été déplorable pour les valeurs de chemins de fer. C'est à cause de l'augmentation des frais d'exploitation, du renchérissement du combustible, de la plus-value des matériaux et des salaires. Tout cela a absorbé les plus-values de recettes; les dividendes du premier semestre 1900 ont été inférieurs à ceux de 1899 et le second semestre est encore plus

mauvais. Sien 1890 les cours s'étaient déjà abaissés, en 1900 il y a eu un efTondrement; le Brighton Deferred a perdu 48 points, le Metropolitan 25 (après avoir perdu 18 en 1899), le North Western 19. Il y a quelques causes spéciales de dépression. Les chemins de fer souterrains à Londres ont perdu du trafic, par suite de la concurrence de nouveaux chemins de fer électriques et se trouvent en présence de la perspective de grandes dépenses en capital, nécessaires pour adapter leurs lignes à la nouvelle force motrice. En général, cependant, la cause première est la perte de revenu net, par suite du renchérissement du combustible ; c'est donc là une cause temporaire. La dépréciation paraît à i'Economist avoir été exagérée. Il n'est pas impossible que les actions ordinaires aient à compter avec un dividende réduit dans l'avenir; en tous cas, la baisse semble aujourd'hui avoir été excessive.

Dans le premier semestre, les quinze principales lignes ont eu une plus-value de recettes de 1.265.000 £, plus-value qui a été absorbée largement par l'augmentation des dépenses d'exploitation. Quant à la seconde partie de l'année, les recettes brutes sont en plus-value de 1.041.000 £.

Les dividendes de la plupart des lignes anglaises et écossaises sont en diminution marquée : Barry 5 au lieu de 8, Lancashire 4 1/4 au lieu de 5 1/2, Metropolitan 2 1/2 au lieu de 3 1/4.

Dec.

Dec

190C Plus haut. Plus bas.

Caledonian Deferred 43 1/4 48 3/4 — 5 1/2 49 7/8 37 1/8

Great Central Deferred 12 1/4 17 3/4 — 5 1/2 18 12 1/8

Great Eastern 107 1/2 123 1/4 — 15 3/4 127 1/2 100 1/2

Great Northern « A .> 42 52 — 10 54 3/8 37

Gr^at Western 114 164 —20 168 1/4 139

Hull and Barnsley 58 1/2 49 + 9 1/2 6ô 5/8 46 7/8

Lancashire and Yorkshire 139 142 1/2 — 3 1/2 146 1/2 128 3/4

London and Brighton « A » 131 179 1/2 — 48 1/2 180 1/4 124 1/2

London, Chatham, and Dover.... 17 3/4 23 1/4 — 5 1/2 25 1/2 1613/16

London and North- Werstern.... 179 197 1/2 — 18 1/2 198 3/4 174 3/4

London and South- Western. .. . 187 1/2 183 + 4 1/2 211 180

Metropolitan Consolidated 83 109 —26 113 1/2 82

Metropolitan District 29 3/4 29 1/2 + 1/4 32 21 1/2

Midland Preferred Ordinary 75 79 — 4 811/2 74

Do Deferred Ordinary 75 87 1/2 —12 1/2 89 71

North British Preferred Ordinary. 83 1/2 83 -h 1/2 89 1/2 78

D" Ordinary 411/2 39 1/4 + 2 1/4 42 5/8 311/4

North-Eastern - Consols 167 171 3/8 — 4 3/8 177 159

North Staffordshire 115 1011/2 +13 1/2 115 110 1/2

South-Eastern > A ». 69 1/2 100 3/4 — 31 1/2 103 1/4 66 1/4

Le contraste entre la tenue des valeurs de chemins de 1er anglaises et américaines est considérable. Vers la fm de l'année, il y a eu un « boom » après Télection de Mac Kinley, notamment sur les valeurs favorites, telles que le Northern Pacific, le Milwaukee, les Erié, etc. Dans la première moitié de Tannée, la tendance avait été plutôt faible, à l'exception de quelques actions: Baltimore. Atchison, Norfolk. Les recettes cependant étaient considérables et au fur et à mesure qu'on s'approchait de la fm de la campagne électorale, les spéculateurs de profession ont engagé des opérations qui ont eu ensuite le concours du public indigène, tandis que l'Europe a profité des prix élevés pour diminuer encore son portefeuille et revendre aux Américains.

Malgré l'augmentation du dividende du Canadian Pacific à 5 0/0, les actions n'ont pas beaucoup monté. Le trafic ne s'est pas développé d'une façon satisfaisante et les dépenses d'exploitation ont augmenté. Les chemins indiens, notamment ceux soumis à l'éventualité prochaine du rachat par le gouvernement, ont été plus faibles. Gela tient à la façon rigoureuse dont le gouvernement a exécuté les conditions du rachat de la hgne deBoml)ay-Baroda. Malgré la famine, le trafic des chemins de fer indiens a été considérable. Les chemins argentins sont plus faibles.

Dec.

Atchison shares 48 3/4

Chicago, Mil. and St Paul.. 190

Denver and Rio Grande, Ord. 31

Do Preferred 88 1/2

Erie 26

lUiuois Central.s 13M/2

Louisville and Nashville 89 1/2

New York Centrais 147

N. Y. Ontario aod Western.. 30

Northern Pacific, Preferred.. 90

Pennsylvania g 50 Shares . . 74 3/4

Reading Com. Stock 13

Union Pacifies 80

AA'abash Preferred Shares. . . 26

Do « B » Debentures 44

Canadian Pacific 94 3/4

Grand Trujik 1 st 89 1/2

Mexican Ord 18

Dec.

Plus haut. Plus bas

Plus haut

Plus bas

Dec. Wc.

Nitrate Ordinary 5 1/4 7 1/4 — 2

Buenos AyresGreat Southern. 139 145 — 6

Buenos-Ayres Rosario 65 15 — 10

Central Bahia 34 41 — 7

GreatWesternofBraziljShares 8 7 H- 1

San-Paulo, Shares 140 127 + 13 143 125

Un compartiment du Stock-Exchange présente un aspect morne et désolé, c'est le grand désert des valeurs commerciales et industrielles. Un silence de mort annonce que les affaires sont nulles. On subit les conséquences de capitalisations excessives, qui doivent être réduites. Malgré Finclémence du temps présent, on s'est obstiné à Londres à faire de la finance contre vents et marées; le public n'a guère pris de nouvelles valeurs. Les banques ont eu une bonne année, notamment celles de Londres (1). Il y a eu une forte baisse sur les brasseries; quelques-unes ont fléchi de 76 points comme Allsopps; la situation financière de quelques-unes est peu satisfaisante. Watney Combe et Gomp. a réduit son dividende de 6 à 4 0/0. Il y a une forte baisse dans les valeurs des « débits » ; il semble que ce soit là un élément considérable. Les symptômes de cette dépression apparaissent dans le nombre croissant de faillites de débitants. Les matières premières sont plus chères, les impôts plus lourds, la consommation se restreint, et puis il y a eu une panique locale, provenant de cas d'empoisonnements par des bières arseniquées.

Les valeurs industrielles, malgré des dividendes élevés, résultant de l'activité des deux dernières années, n'ont pas obtenu la faveur du public, qu'elles auraient eue dans d'autres circonstances. Les branches du fer, de la houille et de l'acier ont été les plus prospères de toutes et les actions ont subi une hausse considérable, à laquelle a succédé de la baisse vers la fin de l'année; il en est de même pour les affaires de thés, de tramways, de télégraphes. Les entreprises qui fabriquent des machines, des appareils et des machines électriques sont en plus-value, de même les entreprises d'hôtel.

(1) La Hong Kong and Shanghaï a eu en 1900 un bénéfice brut de 47 0/0 sur le capital de 10 millions de dollars.

Dec. Dec.

1900 1899 1900 Plus haut. Plus bas.

Hong Kong and Shanghai 60 58 -f 2 62 48

Impérial Ottoman 113/4 12 1/4— 1/2 13 1/4 111/16

London and County 106 104 + 2 106 1/2 1011/2

London and Westminster 66 1/2 611/2+ 5 66 7/8 61

London Trust Preferred 94 1/2 102 1/2— 8 102 1/2 93

Do Deferred 68 1/2 72 1/2— 4 75 1/2 67

Railwaylnvestment Preferred. 103 1/2 111 — 7 1/2 112 99

Do Deferred 18 1/2 23 — 4 1/2 24 16

Gas Light aod Coke 96 1011/2— 8 1/2 110 3/4 95

Allsopp's Prefd. Ordinary 52 1/2 128 1/2 — 76 131 1/2 49 1/4

Guinness and Go 535 530 + 5 570 516 1/2

Brunner, Mond, and Co 5 5 1/8— 1/8 5 11/16 4 3/4

J. andP. Coats 810 720 +90 842 1/2 700

Harrod^s Stores 3 1/2 2 3/4 4- 3/4 2 3/4

La position des mines sud-africaines, à la fin de 1899, paraissait aussi mauvaise que possible. On ne doutait pas du succès final de la guerre, mais on redoutait les éventualités pouvant résulter de la campagne pour la sécurité des mines. Les actions se sont successivement relevées dans le courant de Tannée, malgré la cessation de toute exploitation et malgré l'incertitude de Tavenir.

Il serait intéressant de savoir dans quelle mesure les grandes maisons intéressées ont soutenu les cours ; il semble vraisemblable que la France a revendu une partie de ses valeurs sudafricaines. Quant aux mines de diamant, elles sont également en plus-value.

Pendant l'exercice 1899-1900, la production des diamants de la Compagnie De Beers a été de 2.070.415 £, les dépenses se sont élevées à 1.016.247, laissant un bénéfice de 581.000 £. contre 2.0O1.O0O pour le précédent exercice. Les dépenses pendant la guerre se sont élevées à 167.000 £; la compagnie réclame une compensation de 100.000 £ pour le préjudice qui lui a été causé. La réserve est de 1.179.557 £. L'exploitation a été suspendue pendant le siège de Kimberley (octobre 1899février 1900). Depuis lors, on a peu travaillé par suite du manque de main-d'œuvre.

Les mines west-australiennes ont fait assez triste figure, à la suite des révélations concernant tantôt une mine, tantôt l'autre ; elles semblent exploitées plutôt dans l'intérêt des groupes financiers peu scrupuleux, qui dirigent le marché, que dans l'intérêt des actionnaires. Cette méfiance assez légi-

time, tant que les choses ne changeront pas, estpréjudiciahle, d'autant plus que les champs aurifères de la colonie ont une valeur incontestable (1).

Anglo-French 3 5/16

Bonanza 3 3/4

Ghartered British 3 1/4

GityandSuburban (£4). 5 1/16

Gon. Gold Fields Def . . . 7 3/16

CrowQ Reef... 14 3/4

De Beers (£5) 28 7/8

Durban Roodepoort 5 1/4

East Rand 7 1/16

Ferreira 20

Geldenhuis Deep 9

Do Estate 5 15/16

Henry Nourse 8 3/8

Heriot (New) 6 1/4

Jagersfontein (£5) 16 1/2

Jubilee 9 5/8

Meyer and Gharlton... 5

Modderfontein (£4).... 5 5/8

Rand Mines 38 3/4

Robinson (£5) 8 1/4

Rose Deep 8 1/4

Selukwe 2 3/16

Simmer and Jack (£5). 5 7/8

S. A. Gold Trust 7 1/4

Village Main Reef 7 1/2

Wemmer 10 3/4

Wolhuter 3 7/8

(l^ Si Ton compare les cours de quelques valeurs westaustraliennes en 1899 et actuellement, on constate une dépréciation effrayante.

Capital Août 1899 février 1901 Perle en capital

Associated 500.000

Golden Horseshoe... . 300.000

Golden Links 347.183

Great Bould. Prop ... £ 175.000

Great Bould. Pers... . 175.000

Haouans Brownhill . . . 140.000

Ivanhoe £1.000.000

Kalgurli 120.000

Lake View Consols.... 250.000

Sons of Gwalia 300.000

London et Globe Fin. £ 2.000 000

Les actions du Great Boulder sont de 2 sh , cel'es d'jvanhoe de 5 £, les autres d'une £.

Dec.

Plus haut

Plus bas

32 sh

2 sh

VEconomist anglais a fait remarquer qu'en 1809 Findustrie aurifère deTAustralie occidentale adonné de meilleurs résultats qu'en J900. La nature du minerai a changé et il faut de nouveaux procédés, qui exigent des transformations d'outillage. La production a été de 1.580.949 onces valant 6.007.612 £ en 1900, de 1.643.873 onces = 6.246.729 £ en 1899, de 1 millions 050.180 onces = 3.990.693 £ en 1898. Les dividendes déclarés représentent 1.259.000 £ en 1900 contre 2.169.000 en 1899, 771.000 en 1898.

Les dividendes distribués ont été :

Dividende Dividende

Associated Gold..... 7 1/2 40

Golden Horseshoe 15 30

Great Boulder 10 15

Hannan's Brownhill 75 212

Ivanhoe 20 25

Lake View 125 275

Voici les cours comparés :

Dée. Dec.

1900 1899 1900 Plus haut Plus bas

Associated Gold 3 3/16 6 1/2 — 3 5/16 7 1/2 2 3/4

Golden Horseshoe 10 1/2 13 1/2 — 3 14 7/8 9 9/16

Great Boulder Proprie-

tary 1 5/16 111/16 — 3/8 1 7/8 1 1/4

Hannan's Brownhill ... . 8 911/16 — 111/16 8 7

Ivanhoe (New) .9 1/16 13 — 3 13/16 15 3/8 8 5/8

Kalgurli 4 15/16 7 — 2 1/16 9 1/2 4 1/16

Lady Shenton 3/4 1 1/2 - 3/4 113/16 3/4

Lake View Consols 13 13 — ... 15 1/4 9 9/16

London and Glohe 11/16 7/8 — 3/16 1 1/16 11/16

W. A. Gold Fields 1 13/16 2 — 3/16 2 13/16 1 13/16

Les mines indiennes ont une bonne réputation ; par suite de la stabilité de leur production, des dividendes satisfaisants ont été payés.

Les mines de la Nouvelle-Zélande ont donné lieu à des déceptions, sauf celles de Waihi. Les mines de la Colombie britannique, qui ont été malheureusement dans les mains des groupes qui manipulaient le marché west-australien, ont eu à souffrir du manque de confiance. On a ouvert un nouveau compartiment des mines d'or, celui des Achantis, qu'on appelle les Jungles.

Le cuivre s'est maintenu à des prix fort élevés durant

Tannée ; en mars il a valu 78 £. Il s'est ouvert de nouvelles mines, on a remis en exploitation rranciennes mines, mais il est à craindre qu'avec le ralentissement dans la construction des navires et dans les autres industries qui emploient beaucoup ce métal, les prix ne puissent se maintenir. Entre temps les mines ont faits d'excellentes affaires (i).

(1) En 1900, le cuivre a oscillé de 69 liv. H sh. 9 pence à 19 livres, ce qui établit un cours moyen de 73-12-6 contre 73-13-8 en 1899.

La fermeté qu'ont géoéralement présentée les prix est due principalement au soutien donné par les représentants de l'Amalgamated Gopper G" de New-Jersey et à ses achats lorsque la place présentait des signes de faiblesse. Les cours ont été poussés en février et en mars de £ 71,15 à £ 79,10 en rai- .son de la difficulté d'obtention des warrants pour faire face aux livraisons résultant des ventes effectuées à terme et venant à échéance; les warrants étaient presque entièrement aux mains des spéculateurs américains.

Cependant, par suite de Taddilion aux stocks de fortes quantités de cuivre Standard et électrolylique et par suite des oxpéditif ns des Etals-Unis (en augmentation de 36. .371 tonnes ou Ô7 1/2 0/0 pour le semestre), les prix ont fléchi à £ 70-15 vers la fin de juin. Durant les six derniers mois de l'année, les cours se sont maintenus à un niveau uniforme, les variations n'ayant pas excédé 3 £ par tonne.

MM. James Lewis et fils estiment que la consommation a été très cunsidérable en 1900, et présente sur celle de 1899 une notable augmentation. En Angleterre, l'augmentation a été de près de 21.000 tonnes et en Allemagne de 15.000 tonnes; l'Italie, l'Autriche et la Russie ont absorbé 4.000 tonnes de cuivre des Etats-Unis de plus qu'en 1899; en France, la consommation a diminué de 1.200 tonnes. L'augmentation totale pour l'Europe est de 38.500 tonnes et il semble, d'après les statistiques, que la consommation américaine ait augmenté de 23.500 tonnes (celle de 1899 sur 1898 avait augmenté de 52.000 tonnes). L'accroissement total en Europe et en Amérique a atteint 62.000 tonnes pour l'année écoulée. Cet accroissement doit être attribué surtout au développement de l'emploi de l'électricité, principalement pour la traction et la force motrice. Les besoins pour la fabrication des munitions ont également été considérables, et les manufacturiers de sulfate de cuivre ont, en outre, absorbé des quantités plus importantes (5.000 tonnes de plus pour les Etats-Unis). La construction de navires a été très active, ainsi que celle des locomotives. Les exportations d'Europe ont diminué de 20.215 tonnes ; celles des Etats-Unis ont augmenté de 42.334 tonnes. Aux Etats-Unis, la production a augmenté de 18.640 tonnes, soit de 7 8/16 0/0, et les importations de ce pays se sont accrues de 7.500 tonnes, principalement du Canada et du Mexique, celles de provenance européenne ou chilienne ayant été stationnaires. Les exportations pour l'Europe, autres que^celles des Etats-Unis on diminué de 690 tonnes. L'augmentation de la production dans l'Amérique du Nord et les pays producteurs autres que l'Europe, a été au total de 25.500 tonnes.

Dec. Dec.

1900 1899 1900 Plus haut Plus bas

Anaconda 10 1/4 7 7/8 ^- 2 3/8 11 1/4 7 11/16

Broken Hill Proprietary. 1 1/16 2 1/16 - 1 13/8 11/16

Cape Gopper 5 1/2 5 1/4 + 1/4 6 7/8 4 3/8

Champion Reef 6 1/16 5 3/8 + 11/16 6 7/16 5

Mason and Barry (£1)... 3 1/8 4 - 7/8 3 1/8 2 15/16

MountLyell (£3) 6 1/8 8 1/2 - 2 3/8 10 7/16 7 1/8

MountMorgan 5 1/16 4 15/16 + 1/8 5 1/4 4 13/16

Mysore (10s) 5 1/2 5 3/8 + 1/8 5 3/4 3 15/16

Nundydroog 3 3/16 3 -f- 3/16 3 15/16 2 7/8

Ooregum 3 3/4 3 1/4 + 1/2 4 7/8 3 1/2

DoPref 4 15/16 4 1/4 + 11/16 5 1/4 4 3/16

Rio TiDto Def 57 3/4 42 3/4 +15 6û 1/4 42 3/4

Tharsis 8 1/2 8 3/4 - 1/4 11 7 7/8

Waihi 11 3/16 9 3/8 -+- 1 13/16 12 1/2 9

Waitekauri 111/16 1 7/8 - 3/16 3 1 1/2

Les derniers jours de Tannée 1900 ont été marqués par la chute retentissante de la London and Globe Finance Corporation qui a entraîné la faillite d'une vingtaine de maisons (impliquant 36 personnes) au Stock-Exchange. La London and Globe Finance Corporation est d'origine récente ; elle est issue, il y trois ans, de la fusion de la West Australian Exploring and Finance Company, constituée en 1894 et de la London and Globe Company, fondée en 1895. Les actions de la première de ces deux sociétés ont touché 265 0/0, celles de la seconde 230 0/0 ; quant à celles de la Compagnie actuelle, elles ont obtenu un revenu de 25 0/0. La London and Globe Finance corporation s'est occupée spécialement de lancer de nouvelles affaires, d'introduire des valeurs minières west- australiennes de la Colombie britannique, de Victoria (1).

Elle a d'abord fondé la Lake View Consols Company, de l'Australie occidentale, dont les actions d'une livre sont montées jusqu'à 15 £ et qui, en trois ans, a remboursé quatre fois et demie son capital primitif de 250.000 £ ; elle a créé ensuite l'Ivanhoe, qui a payé en dividendes une somme égale à la moitié du capital d'un million. Elle a constitué plus tard les sociétés « Le Roi Mine » et « Le Roi Mine n° 2 » deux affaires ayant leur champ d'opération dans la Colombie bri-

(1) Lake View; îvanhoe; British American corporation ; Standard Exploration Company , qui remplaçait douze sociétés australiennes ; Baker Street and Waterloo Railway; Nickel corporation; Rowland Great Western; Kooteoay Exploitation, etc.

tanniquc et a pris en outre de larges intérêts dans d'autres entreprises importantes ayant pour objet l'exploitation de mines d'or, de cuivre, de fer. Enfin elle a engagé 700.000 £ dans le chemin de fer de Baker-Street à Waterloo, mais elle entrait ici sur un terrain plus dangereux; des travaux publics exigent des ressources réelles et l'on ne peut pour des salaires des achats de matériel, des expropriations, procéder comme avec des engagements de bourse qu'on reporte. De plus, sur la foi des rapports de ses ingénieurs, la corporation voulut augmenter sa participation dans la Lake View, puis elle rôva d'acquérir toutes les actions et se mit à les acheter entre 10 et 15 £. Pour arriver à ses fins, elle dut emprunter 500.000 £ et donna, en garantie de l'avance, 40.000 actions de la Lake View et d'autres valeurs. L'elfort était au-dessus des forces de la société ; des concours promis firent défaut, la corporation ne put tenir ses engagements, les titres remis en nantissement furent jetés sur le marché, où ils provoquèrent une déroule générale. Bien que la London and Globe Corporation opérât spécialement sur le marché des mines, sa chute eut une répercussion violente au Stock-Exchange où, comme nous l'avons dit, une vingtaine de maisons durent déposer leur bilan pendant la journée du 29 décembre ; on prétend que leur passif est de près de 4 millions ( i

(1) Depuis le collapse Baring, il y a dix ans, écrit VInvestors' Monthl;/^ aucun événement n'a donné lieu à plus de difficultés que l'efTondrement du London and Globe. La cause immédiate en a élé le retrait du concours financier que M. W. Wright avait arrangé en vue d'étrangler les vendeurs à découvert des actions Lake Views, le bruit ayant été habilement répandu qu'elles allaient monter de 10 à 15 £. Quelques membres du syndicat semblent avoir reconnu le fait que le prix en était exagéré à 10 £ et loin de soutenir leur associé, ils se mirent à vendre des paquets considérables, durant les quelques jours qui précédèrent la catastrophe. On a raconté que le London and Globe leur faisait un procès en dommages et intérêts pour inexécution du contrat; il est peu probable cependant qu'on se décide à laver tout ce linge sale en public devant un jury. Il est assez étonnant que tant de maisons aient succombé au Stock-Exchange, où l'on savait fort bien que le London and Globe avait entamé toutes ses ressources financières. On a proposé de déclarer nulles les transactions faites sur un certain nombre d'émanations du Globe and London, sous prétexte d'inexactitudes dans les prospectus, afin de rejeter sur le public les pertes subies par les courtiers.

Voici les cours de quelques-unes des valeurs :

il déc. 28 déc. 29 déc.

Lake View -... £ 13 7 3/4 8 1/2

Le Roi Mine 6 1/2 4 1/2 5

Kootenay 6 6 2 1/4

• Globe sh. 14 7 1/2 9 1/2

Ce qui donne un caractère tragique à cette déconfiture, qui n'a pas surpris les gens perspicaces, c'est que le président du Globe était lord Dufferin, ancien vice-roi des Indes, ancien ambassadeur à Paris, à Saint-Pétersbourg, à Constantinople, ancien haut commissaire en Egypte. Lord Dufferin avait été pris par M. Whitaker Wright, l'administrateur délégué, comme président, afin de donner du prestige à ses affaires et d'attirer le public. Deux autres hommes très distingués. Sir William Robinson et lord Loch faisaient partie du conseil, dont lord Dufferin devait rehausser encore l'influence. L'ancien ambassadeur s'aperçut assez vite (il l'a déclaré lui-même aux actionnaires), que les intérêts de bourse de la compagnie étaient plus compliqués et plus considérables qu'il ne l'avait imaginé ; personne en dehors d'un homme rompu aux affaires ne pouvait espérer en saisir tous les fils, et il abandonna tout à M. Whitaker Wright, qui n'hésita pas à engager, en dehors de lord Dufferin et des autres membres du Conseil, une série d'opérations qui ont abouti à perdre 500.000 £ et à ruiner la compagnie. Lord DufTerin a prêté son nom et son autorité à un financier, qui en a abusé. M. Wright passe pour un homme fort habile, qui a palais à la ville, palais à la campagne, yacht, écurie de course, qui mène un train de millionnaire, et qui a promis aux actionnaires d'apporter une contribution de 250.000 £ pour arranger leurs affaires. M. Horatio Bottomley fit de même pour les actionnaires de la Hansard Union, mais il ne put jamais s'exécuter. La mésaventure de lord Dufferin afflige ses nombreux amis : il y a une leçon à en tirer c'est que les grands seigneurs et les diplomates en retraite feront sagement de ne pas entrer dans les affaires qu'ils ne connaissent pas.

La première assemblée des actionnaires de la London and Globe Corporation, tenue après la catastrophe, a amené cependant M. Whitaker Wright, le véritable esprit dirigeant de la Société, à fournir quelques éclaircissements, l^a première affaire que nous ayons placée sur le marché, a-t-il dit, fut la

« Lako View Consols », dont les actions de 1 £ faisaient 15 £ en décembre, avant la dél)âcle. Vinrent ensuite la « Ivanlioe Gold Corporation » dont les actions de 5 £ cotaient 10 £, la mine « Le Roi » dont les actions de 5 £ faisaient 7 £ 10. Fort bonne, sans doute, la « Lake View » notamment, dont la « London and Globe », après l'avoir lancée, a voulu accaparer * les actions; mais M. Wbitaker Wright est obligé d'avouer que, subitement, la partie riche du gisement a lâché. C'est sur tous ces points que la liquidation officielle ferait lumière complète. Dans une seconde réunion, sous la présidence de Lord Dufferin, M. Wbitaker W>ight a déclaré que la Corporation avait conclu un arrangement par lequel elle serait libérée de tous ses engagements, se montant environ à 1 million de £, contre payement de 485.000 £. La Corporation obtiendra cette somme par la vente pour 500.000 £ de sa participation dans le chemin de fer souterrain Waterloo-Baker-street; cette vente sera réalisée immédiatement. Cette vente débarrassera la Corporation de ses créanciers et lui laissera un certain actif. Mais pour continuer à faire fonctionner la Société, un fonds de roulement est nécessaire. M. Wliitaker Wright propose donc la liquidation volontaire de la Corporation et sa reconstitution par rémission de nouvelles actions sur lesquelles 5 sh. auront à être versés. L'assemblée a voté, en conséquence, la liquidation volontaire de la Corporation. Mais cette liquidation ne marchera pas aussi facilement que l'insinue M. Wbitaker Wright; il y a des créanciers récalcitrants qui paraissent décidés à mettre des bâtons dans les roues. Lord Dufferin a annoncé qu'il se retirait de la présidence de la London and Globe, mais qu'il restait actionnaire. Pour tout le monde il eût mieux valu qu'il n'eût jamais compromis dans cette aventure, ni sa fortune ni son nom.

Depuis une dizaine d'années, le Stock-Exchange a vu se succéder une série d'engouements financiers, qui ont porté sur les trust companies d'avant la crise Baring (omniums financiers), brasseries, valeurs sud-américaines, sud-africaines, westrahennes, élevages de bestiaux, bicyclettes, etc. Parmi les derniers venus, il y a eu ce que M. Wilson appelle le « jungle fever of west Africa », les mines d'or westafricaines. Il y a eu là.un accès de folie, qui a enrichi quelques brasseurs d'affaires. Il a été formé plus de 120 compagnies, avec un capital nominal de 11.000.000 £. Très peu d'entre elles ont émis des prospectus, qui contenaient de mirobolantes des-

AMGLETERRE 97

criptions d'immenses concessions aurifères et des promesses de dividendes extraordinaires ; la plupart se sont bornées à se faire enregistrer à Somerset House et ont essayé, à Faide d'introductions plus ou moins clandestines, de se créer un marché au Stock-Exchange. Quelques-unes sont de date assez ancienne ; la Wassau Mining Company date de 1882 : en rlixsept ans, elle a produit 46.000 onces d'or, et distribué 1 sh. de dividende par action de 20 sh. (cotée 2 3/8) sur un capital dé 260.000 £ ; la Taquah et Abosso, fondée en 1888, au capital de 150.009 £ en actions d'une livre, valant 2 sh., indique sa production en pennyvveight, non pas en onces. L'Achanti Goldfields est la troisième compagnie qui ait produit de For, 12.000 onces ; les actions valent 24 sh.

Il est à craindre qu'on ait jusqu'ici exagéré la richesse aurifère de la région, tout au moins au point de vue de Factionnaire. De 1889 à 1899,les exportations d'or ont été de 915.289 £ et elles sont allées plutôt en diminuant.

M. Wilson fait remarquer que presque toutes ces actions de la côte des Achanti sont de pures vignettes pour joueurs. Dans FAchanti Goldfields, sur 260.000 actions, 250.000 ont été déclarées comme actions d'apport libérées, remises au syndicat primitif et 10.000 seulement offertes en souscription. Il suffit de quelques manœuvres pour donner lieu à un boom, passager d'ailleurs et coûteux pour les victimes (1).

(1) Comme les courtiers des maisons anglaises cherchent à intéresser le public français à ces spéculations, le Journal des Débats a jugé utile de dire quelques mots de ces nouvelles affaires et de prémunir les capitalistes contre leurs dangers. 11 existe dans ce pays des Compagnies qui exploitent depuis une vingtaine d'années des gisements aurifères. L'année dernière, des ingénieurs ont reconnu ou cru reconnaître que ces gisements s'étendaient sur une longueur de 18 kilomètres et offraient une constitution géologique presque identique à celle des filons de banket du Witwatersrand, Leur épaisseur varie de 6 à 60 pieds et leur teneur semble être très riche par places. Un sondage effectué par un Syndicat formé par les soins de la Consolidated Goldfields of South Africa et la South African Gold Trust, a recoupé à 1.500 pieds de l'affleurement d'une mine qui récoltait depuis une dizaine d'années environ 1 once par tonne extraite, un filon de 43 pouces contenant 22 dwls d'or et 7 1/2 dwts d'argent à l'essai. Cette découverte a été faite le 21 novembre à 773 pieds de profondeur et, quand elle fut connue, les Actions de la Gold Coast Agency, nom du susdit Syndicat, montèrent à la Bourse de Londres de 1 £ â 35 £, entraînant une hausse considérable de toute la cote du marché ouest-africain. Le même Syndicat procède en ce R. 7

En 1900 le comité du Stock-Exchange a prononcé la suspension pendant cinq ans d'un broker du nom do Guy Nickalls.

Lorsque la Société de Vickers-Maxim, dont les canons sont connus, décida d'augmenter son capital, elle réserva à ses actionnaires, dans la souscription du capital nouveau, un droit de préférence. Bien que l'action à souscrire, qui était d'une livre sterling, se vendît 3 £ au Stock-Exchange, beaucoup de ces actionnaires avaient négligé d'user de leur droit. Guy Nickalls en eut vent. Il se fit délivrer au siège social, moyennant le shilling que la loi anglaise fixe pour la rémunération de ce renseignement, la liste des actionnaires. Puis il acheta les lumières d'un employé qui nota au crayon, sur cette liste, les actionnaires non souscripteurs. Le lendemain; Nickalls apportait à la Société un lot égal de souscriptions, prenait livraison des titres et les revendait sur le marché avec 2 £ de bénéfice chacune !

On eut bientôt vent de cette escroquerie. Une enquête en confirma la réalité et le broker fut suspendu pour cinq ans.

Une autre histoire qui a défrayé la chronique scandaleuse de la Bourse de Londres, c'est celle de la WestraUan London and Johannesburg Company. Des actionnaires se sont plaints que

moment à ua second sondage qui doit recouper le filon à 1.500 pieds et peut-être moins bas, si le gisement affecte la forme d'une cuvette, comme au Rand.

En dehors du gisement de banket, il existe dans le pays de nombreux travaux anciens sur des formations quartzeuses et dans des terrains d'alluvion, exploités par les indigènes, de longue date, el qui ont servi à la formation d'un grand nombre de Compagnies, dont les titres se traitent un peu à l'aveuglette avec des primes plus ou moins fortes et difficiles à justifier.

Le pays, sur une largeur variant de 150 à 400 kilomètres de la côte, est couvert d'une épaisse forêt vierge. Jusqu'ici, les transports ne se faisaient que par pirogues sur les fleuves navigables pendant la saison des pluies, ou à dos d'homme. Un chemin de fer est en construction, en ce moment, aux frais du gouvernement anglais et doit être terminé dans trois mois. Cette ligne doit permettre de développer les propriétés situées sur le gisement, mais les chances de succès des autres mines seront en raison inverse de leur éloignemeut de la côte et du chemin de fer. Le climat est très meurtrier pour les Européens pendant la saison des pluies qui dure six mois ; la main-d'œuvre indigène laisse beaucoup à désirer, car les noirs du pays sont très paresseux et peu intelligents. Enfin, les titres de propriété d'un grand nombre de Compagnies récemment formées sont sujets à contestations. On dit que la même propriété a été concédée à plusieurs Compagnies différentes. On procède sur ce po nt à une revision générale.

ANGLETERRÏ: 99

des dividendes fictifs de 280 0/0 aient été distribués, avant la formation de la Société, parle syndicat qui avait fait apport dune Société antérieure. L'enquête établit le bien-fondé de leurs réclamations.

On s'était procuré les fonds pour cette répartition des dividendes, en partie au moyen de la vente de terrains à la Nigel Extension Company [limiled) et principalement en opérant sur les actions de cette Compagnie, ce qui conduisit à la vente des actions reçues du syndicat. Le prospectus d'émission disait :

« Le syndicat fut incorporé en mars 1895, à l'effet de faire des émissions publiques d'actions et des opérations fmancièrcs en général. Le capital du syndicat apporteur est de 10.000 £, divisé en 10.000 actions de 1 £ chacune, entièrement émises. Les actions sont cotées ou Stock-Exchange de Londres à 7 £ 5 sh. »

En commettant cet exposé, le président a dit que les actions avaient été cotées dans les journaux financiers du jour aux environs du cours indiqué: mais il semblerait que les cours avaient eu pour base un très petit nombre de transactions. En août 1895, trois paquets de 20 actions chacun furent vendus à 5, 5 9/16 et 6 3/8; en septembre, 10 actions furent vendues à 6 3/8, 10 à 6 5/8 et 20 à 6 7/8. Toutes ces actions furent transférées par des personnes en relation avec le syndicat à des personnes qui n'y étaient pas intéressées, et le prix le plus élevé qui fut payé par un étranger semble avoir été 6 7/8. Les actionnaires d'origine commencèrent ensuite à les acheter de nouveau et, entre octobre 1895 et mars 1896, ils achetèrent à des cours variant de 5 3/4 à 7 U/16, ce dernier prix n'ayant été pratiqué que pour une seule transaction de 10 titres.

Finalement on ne put s'entendre sur la désignation d'un liquidateur judiciaire, de sorte que ce dernier dut être nommé par la Cour.

M. de Tatistcheff, agent du ministère des Finances de Russie en Angleterread|e aeu ra, Times une sséttre pour mettre le public en garde contre une affaire sibérienne. Le ministère des Finances avait eu connaissance que les administrateurs de la Siberian Goldfields Development Company, au capital de 1 million de livres en actions d'une livre, tout en évitant l'émission publique, cherchaient à écouler des actions en faisant croire aux actionnaires qu'une concession pour l'exploitation de mines et de champs aurifères, appartenant au cabinet de

100 LE MARCflÉ FINANCIER EN 1900

l'empereur (domaine particulier) et situés dans le district de Nertchensk, avait été accordée à la Compagnie par le gouvernement impérial. Or, après enquête, il se trouve que la Compagnie a conclu avec le concessionnaire russe, le négociant Pershine, un arrangement pour le transfert des droits à l'exploitation des champs aurifères.

Cet arrangement, malgré les assurances du Conseil, n'a pas été et ne pourra pas être confirmé par le cabinet de Sa Majesté (administration du domaine), parce que, en vertu des lois en vigueur en Russie et reconnues par les traités internationaux, aucune Compagnie par action étrangère ne peut fonctionner qu'avec Tautorisation formelle du gouvernement. M. de Witte fait déclarer par l'organe de M. de Tatistcheff que la Compagnie des Goldfields sibériens, non seulement n'a pas reçu la sanction impériale nécessaire, mais encore que le gouvernement russe, bien que disposé toujours à favoriser les entreprises étrangères respectables, n'accordera pas, cette fois, l'autorisation de fonctionner en Russie à une Compagnie dont l'origine, la composition et le conseil ne présentent pas les garanties suffisantes.

Naturellement, la Compagnie a fait répondre qu'il y a un malentendu ; mais la déclaration russe est bien précise. Il s'agit d'une entreprise dont on a parlé, il y a un an, et qui passait pour avoir comme créateur le fameux Hooley, qui prétendait avoir affermé les champs aurifères de Nertchensk. Le Star raconte qu'un M. Berkeley Ormerod à réussi à placer 241.000 actions, si bien que, au lieu des 10 actionnaires primitifs, il y en aurait, aujourd'hui, 410. Ils feront peut-être bien de se renseigner et de réclamer leur argent.

VEconomist anglais constate que, dans le contrat préliminaire déposé àSomerset-House, une condition essentielle était que la Compagnie devait obtenir le consentement du gouvernement au transfert de la concession, avant le 7 août 1900. Le capital nominal est de 1.000.000 £; il a été versé à la date du 14 septembre seulement 2.350 £, sur 152.000 actions émises. 137.000 actions étaient déposées à la succursale de la Dresdner Bank pour être remises le jour du transfert de la concession.

Le gouvernement portugais a accordé, en décembre 1883, au colonel Mac Murdo, la concession pour la construction et l'exploitation pendant quatre-vingt-dix-neuf ans, d'un chemin de fer partant du port de Lourenço-Marquès à la frontière transvaalienne. En mai 1884, le colonel constitua une Société

portugaise, qui rencontra des difficultés à se procurer les capitaux.

En mars 1887, se fonda à Londres la Compagnie de Delagoa- Bay and East African Railway, ayant pour objet de construire le chemin de fer pour le compte de la Compagnie portugaise. Les titres de celle-ci passèrent aux mains de la Société anglaise. Des délais furent à plusieurs reprises accordés à la Société et la ligne n'approchait pas du point d'achèvement. Finalement le gouvernement portugais, s'appuyant sur une clause du contrat de concession, mit la main sur l'entreprise ébauchée et la termina pour son compte, tout en promettant une indemnité correspondante à la valeur des travaux effectués et du matériel fourni. Cet acte brutal souleva des protestations en Amérique et en Angleterre.

Après la mort de Mac Murdo, sa veuve obtint la protection du gouvernement américain; le gouvernement anglais intervint en faveur des intérêts anglais. Après de longues négociations, les trois gouvernements arrivèrent, en automne 1890, à la sage résolution de laisser à trois arbitres, désignés par le Président de la Confédération helvétique, le soin de déterminer l'indemnité à payer aux parties lésées. La ligne était laissée entre les mains du gouvernement portugais qui l'avait terminée et inaugurée dès le mois d'avril 1890. Les plaidoiries devant le tribunal arbitral furent terminées en 1896; une commission de trois experts fut chargée d'évaluer les travaux de la concession. Les arbitres, en mars 1900, rendirent leur sentence. Celle-ci ne répond pas aux espérances des porteurs. Le capital à payer par le Portugal est de 15.314.080 francs, plus onze ans d'intérêts à 5 0/0, 8.382.700 francs, soit ensemble 23 millions 1/2 de francs. VInvestor's Review croit qu'il n'a pas été dépensé plus de 15 millions de francs pour construire la ligne. Le capital nominal de la Société anglaise était de 1.250.000 livres, dont 500.000 livres en actions, 250.000 livres en obligations de première hypothèque, 500.000 en première hypothèque. Les actions sont tombées de 7 livres à 1 livre.

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