MOIS
Janvier
Février. . . .
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre.
Octobre
Novembre.
Décembre .
Berlin
Moyenne 1900..
Bruxelles
Londres
Paris
St-Pélersbourg
de Pretoria, mais à Paris elles n'exercent aucune influence et ce n'est pas aux événements de Chine que Ton doit la baisse survenue dans la deuxième quinzaine de juin. Les valeurs de traction sont particulièrement atteintes et perdent 200 francs en moyenne. La spéculation à la hausse subit de grosses pertes qui se répercutent sur la tenue de l'ensemble du marché. Certaines valeurs de spéculation étant en fait solidaires les unes des autres, chaque progrès fait par la baisse menace de nouvelles positions et provoque de nouvelles ventes. L'abaissement de l'escompte par la Banque d'Angleterre de 3 1/2 à 3 0/0 passe à peu près inaperçu. La liquidation de juin se fait avec des reports de 5 0/0 à 6 0/0. Sur la rente 3 0/0 le report a été de 35 centimes. Le mois de juillet commence avec une très grande faiblesse. Il y a toujours un stock très important de valeurs non classées, et dont les banques ne peuvent pas se débarrasser, et il reste beaucoup de positions anciennes dont la liquidation est très difficile. Les mauvaises nouvelles reçues de la Chine et du Transvaal produisent leur effet sur le marché de Londres et, par contre-coup, une baisse sur la place de Paris, La morte-saison commence vers la mi-juillet avec les fortes chaleurs. Par suite du manque d'affaires la liquidation s'effectue très facilement avec 3.30 à 3.60 0/0 de report. Même tranquillité pendant le mois d'août; on est en vacances. Les événements de Chine prennent une meilleure tournure; les capitaux deviennent plus abondants et tout semble se préparer pour un mouvement de reprise. En septembre, les transactions sont insignifiantes. Avec octobre nous assistons à une nouvelle baisse des titres industriels provoquée par une dépréciation des valeurs similaires à Berlin. La liquidation des engagements à la hausse sur certaines valeurs de spéculation se poursuit dans de mauvaises conditions, notamment pour les tramways et surtout pour l'Extérieure. Néanmoins les reports de fin octobre n'ont pas été trop pénibles, mais la liquidation a amené des exécutions. Le mois de novembre ressemble beaucoup à celui d'octobre. Le marché est toujours mal disposé. La guerre du Transvaal et les négociations relatives à la Chine exercent toujours une mauvaise influence sur les places étrangères et par conséquent sur Paris. Il n'y a presque pas d'affaires, et si on n'avait pas à tenir compte des besoins pressants du gouvernement anglais, le prix de l'argent fléchirait davantage; il se maintient toujours à 3 1/2 et 4 0/0 en raison des demandes de Londres. Le mois de
décembre est marqué par une reprise générale des Fonds d'Etats, mais ce mouvement ne dure pas longtemps. L'année se termine au milieu d'un ralentissement complet des affaires. Il y a une grande quantité de capitaux disponibles. Les valeurs à revenu fixe sont assez recherchées, mais les valeurs industrielles sont complètement délaissées. Leur dépréciation est arrêtée, car on a compris qu'il y avait du danger à continuer la baisse.
Nous voudrions prophétiser une reprise générale sur ces valeurs ; mais nous n'y croyons pas. La Bourse de Paris se ressentira encore longtemps de son engouement pour les entreprises industrielles, et de la trop grande facilité avec laquelle elle a accueilli des valeurs dont les chances de réussite étaient manifestement insuffisantes.
31 déc. 189!) .n déc. 1900 Plus haut Plus bas
3 0/0 perpétuel 98.97 1/2 10115 102.30 99.15
3 0/0 amortissable
Tonkinois 2 1/2 0/0...
Madagascar 2 1/2 0/0..
Tunisienae
La rente perpétuelle 3 0/0 s'est tenue pendant toute Tannée aux environs du pair. Elle finit à 101.15, après avoir été jusqu'à 102.30 au commencement de décembre. Le cours le plus bas 99.15 a été atteint en janvier. Il convient de faire remarquer que la Caisse des Dépôts et consignations a très peu contribué à soutenir les cours car elle n'a presque rien acheté, ainsi que l'indique le tableau suivant :
Relevé des achats de renies effectuées par la Caisse des Dépôts (1).
Depuis le l"' janvier.
Janvier + 31.992 +31.894.604 + 31.992 -h 31.894.604
Février + 59.948 -4-25.597.205 + 91.940 + 57.491.809
Mars + — ^11.151.754 -4- 91.910 + 68.843.574
Avril + 25.996 4- 5.012.89G + 117.936 + 73.656.470
Mai + 29.980 + 6.697.048 + 147.916 + 80.353.518
Juin + 7.271.341 4-10.617.559 + 7.419 257 + 91.001.077
Juillet f 11.858.799 + 5.585.611 + 19.278.05'î + 95.576.688
Août + 9.126.985 +- 5.319.569 +28.405.041 +101896.257
Septembre.... + + 3.382.218 +28.405.041 +105 278.475
Octobre + 37.981 + 1.075.546 +28.443.022 +106.354.021
Novembre.... + 31.979 + 29.974 + 28.415.001 +106.383.975
(1) + signifie achats et — signifie ventes.
Année 1900 (totalUr. + 28.475.001 Année 1895 (total) Ir. — 23.612.890
Les fonds coloniaux j^arantis par TEtat ont suivi le mouvement de la rente, ils ont bénéficié de la reprise générale des valeurs à revenu fixe.
Les fonds étrangers se sont aussi relevés dans la deuxième partie de Tannée et finissent presque tous en hausse sauf les Consolidés qui sont à 97.70, après avoir été jusqu'à 103.65 dans les premiers mois.
31 décembre Dans riiilervalle
1899 1000 Plus haut Plus bas
Consolidés Anglais 99 1/8 97 70 103 65 97 . .
Argentin 4 0/0 Rescision 60 80 65 25 66,. 56 50
Autrichien 4 0/0 or 97 20 100 95 102 . . 95 50
Brésil 4 0/0 1889 58 50 63 50 68.. 58 55
Egypte Unifiée 4 0/0 102 75 105 20 107 . 103..
Extérieure Espagnole 66 15 70 60 74 90 66 80
Billets Cubains 6 0/0 306 25 319.. 341.. 290..
Hellénique Monopole 244. 218.. 242 . 202..
Hongrois 4 0/0 100.. 10150 103 25 96 95
Italien 5 0/0 93 75 95 75 95 75 90 90
Portugais 3 0/0 23 50 25 20 25 95 22 30
Ru-se 3 0/0 1891 86 50 86 70 90. 8140
Turc C 25 80 26 25 28 25 24 70
Priorité Ottomane 470 . . 490 . . 500 . . 471 . .
Les obligations de la ville de Paris et du Crédit Foncier ne se sont pas beaucoup ressenties de la hausse. A proprement parler, elle n'avaient jamais été abandonnées. Elles sont toujours très recherchées par une clientèle de petits rentiers, d'ouvriers et d'employés qui leur reste très fidèle, malgré le modique revenu qu'elles distribuent. Dans ces conditions leurs cours restent presque toujours les mêmes.
Ville de Paris 4 0/0 1865
Communales 2 60 1879
Foncières 3 0/0 1879
Communales 3 0/0 1880
Foncières 3 0/0 1883
Communales 3 0/0 1891
Foncières 2 80 1865
30 déc.
31 déc.
31 déccmbro 31 décembre 4899 1900
Banque de France 4.300 3 860
Banque de l'Algérie 930 890
Crédit Foncier 727 675
Crédit Lyonnais 990 1.095
Comptoir National d'Escompte 612 585
Société Générale 600 613
Crédit Industriel et Commercial 627 600
Banque de Paris 1.080 1.070
Banque Internationale 630 350
Rente Foncière 440 405
Sous-Comptoir des Entrepreneurs 232 247
Compagnie Algérienne 810 740
Banque du Mexique 680 740
Banque Ottomane 560 540
Banque des Pays Autrichiens 507 448
Crédit Foncier Egyptien 542 540
L'activité très grande que nous avions constatée pour les établissements de crédit en 1899 n'a pas continué en 1900. Les grandes opérations d'emprunts ont été rares, et il a fallu se contenter des bénéfices ne provenant que des opérations de banque et d'escompte proprement dites. Ceci aurait pu suffire, le taux de l'argent ayant été assez élevé et permettant aux
banques de retirer un bénéfice très appréciable de leurs opérations. Mais il y a eu des établissements qui s'étaient laissés entraîner vers les valeurs de traction et d'Exposition et qui ont eu à souffrir de la dépréciation de ces titres.
L'action de la Banque de France a fléchi de plus de 400 francs dans le cours de l'exercice. On a distribué comme dividende 75 francs pour le premier semestre, et 70 francs seulement pour le deuxième semestre. La Banque a subi le contre-coup de l'inactivité du marché et des abondantes disponibilités (1).
M. G. Pallain, gouverneur de la Banque de France, dans le compte rendu qu'il a présenté à l'assemblée générale des actionnaires le 31 janvier dernier, sur les opérations de l'année 1900, a apprécié avec beaucoup de justesse et en quelques mots précis les principaux événements économiques et fmanciersde l'exercice écoulé.
C'était la première fois, pendant cet exercice, que les succursales de la Banque, créées en vertu de la loi du renouvellement du privilège, ont régulièrement fonctionné.
« Les constants efforts de la Banque, a dit M. Pallain, tendent à assurer à ce vaste ensemble de créations le marché le plus profitable à nos intérêts comme aux intérêts du pays.
(( Le moment n'est pas encore venu de vous dire, étant données les charges que nous imposent ces nouveaux organes, quelles compensations la Banque peut en attendre, et si les résultats obtenus proviennent d'opérations qui leur sont propres ou simplement d'affaires qu'ils ont déplacées ; mais ce
(1) Il est toujours intéressant de comparer la situation des grandes banques d'émission.
Principaux chapitres des grandes Banques d'émission (en millions de francs).
Encaisse or Portefeuille commercial Avances sur titres
fin 1899
fin 1900
Diff. fin 1899 fin 1900
Diff.
fin
fin
Diff.
uquc de France. ... 1 .874
— d'Angleterre.. 73 i
— d'Allemagne . . tJ3ti
— de Russie (2).. -2.314
— d'Autriche-Hon-
grie 811
— des Pays-Bas. . 95
+ îi
— associées de
New- York.. 734(3)
(1) Escomptes et avances.
(2) Bilans au 30 novembre. (3)
Or et i
argen t
([iii est indiscutable, ce sont l(^s facilités assurées d'ores et déjà au commerce des régions intéressées.
u Avant d'aller plus loin, nous devons constater Tinduence que notre grande Exposition internationale a exercée sur la première partie de cette année 1900, qui demeurera l'année de FExposition.
« La lutte pacifique ouverte entre toutes les nations du monde pour l'accumulation de tant de merveilles de l'art et de rindustrie a déterminé un admirable développement de travaux de tout genre. Aussi, le premier semestre de l'année nous a procuré des éléments d'activité très satisfaisants, s'ils eussent été plus durables. Vous en trouverez les traces aussi bien dans le chiffre des opérations que dans l'afflux de For à nos caisses.
« La Banque, qui reflète les variations commerciales et financières du pays, a vu les transactions se ralentir à la fin du second semestre, et l'escompte des effets de commerce diminuer.
« Nous sommes revenus à une période plus calme où il semt)le que l'on s'efforce d'assurer l'existence des entreprises anciennes plutôt que d'en créer de nouvelles ».
Le gouverneur examine ensuite les opérations de l'année.
Parlant de la Masse des opérations qui se sont élevées à un des plus hauts chiffre s atteints jusqu'à présent, 18.063.048.500 fr., le gouverneur fait remarquer que cette rubrique masse des opérations u ne représente que la partie productive de nos affaires; les mouvements de caisse effectués gratuitement pour notre clientèle et pour le Trésor public, et môme les dépôts de titres qui ne figurent pas à notre bilan, n'y sont pas compris ».
Au sujet des Réserves métalliques qui se sont accrues de 415.800.000 francs en 1900 et des mouvements de l'encaisse-or dont l'accroissement dans les caisses de la Banque a été, en 1900, de 467.900.000 francs pendant que l'encaisse-argent a diminué de 52.100.000 francs, le gouverneur de la Banque s'exprime comme suit :
u L'afflux du métal jaune est d'autant plus remarquable que, depuis le mois de septembre 1899, le marché monétaire est privé des arrivages de l'Afrique du Sud.
« La marche ascendante de notre encaisse or a suivi, du commencement à la fin de l'année, un mouvement continu.
« Cet accroissement est dû à l'état des changes qui résulte
FRANCE 30â
(lu mouvement des opérations commerciales et financières de la France avec les pays étrangers, l^e cours des changes a dû être influencé par l'Exposition dans une mesure appréciable; en 1889, dans les circonstances analogues, on avait constaté une augmentation de plus de 250 millions.
« Vous savez, Messieurs, qu'une encaisse aussi forte nous impose des dépenses élevées; For déposé à la Banque est représenté dans la circulation par des billets dont la fabrication et le timbre grèvent sensiblement nos budgets. Mais, indépendamment des avantages d'ordre général qui peuvent résulter de la constitution d'une abondante réserve d'or, il ne faut pas pejxlre de vue que, dans nombre de cas, le public préfère le billet à l'or.
u Cette double considération nous dédommage des charges que nous avons à supporter de ce chef. »
« La diminution de l'encaisse argent, que nous vous signalons depuis deux ou trois ans, a continué dans le courant de l'année dernière, elle a été de 52.100.000 francs.
u La Suisse et la Belgique ont prélevé chez nous des sommes dune certaine importance et les colonies nous ont demandé des écus de 5 francs ; en outre, en vertu des conventions qui ont autorisé la frappe d'un nouveau contingent de monnaies divisionnaires, nous avons livré à la Monnaie, en 1900, pour huit millions de francs d'écus destinés à la refonte. »
M. Pallain s'occupe ensuite du taux de Vescompte, du montant de l'escompte et du portefeuille commercial, des avances sur titres et de la circulation des billets. Nous appelons l'attention sur ce dernier chapitre qui décompose le montant des billets en circulation et qui, en quelques mots, démontre qu'à l'heure actuelle nos billets de banque sont à peu près des certificats métalliques.
« Pendant Tannée écoulée, dit-il, la moyenne de la circulation représentant de Lor et de l'argent a été de 3.237.300.000 fr. La partie purement fiduciaire de nos billets ne s'est élevée qu'à 790.845. 100 francs, soit au cinquième environ de la circulation totale.
Le mouvement des caisses s'est élevé, en 1900, à 149 milliards 247.102.800 francs; c'est un chiffre énorme, un des plus élevés qui aient été atteints, ce qui prouve toute l'activité des affaires. Le nombre des effets présentés à l'encaissement a été do 2.480.972; le mouvement total des comptes courants et dépôts de fonds a atteint 130.618. SOO.SiX).
304 LE MARCllÉ FINANCIER EN 1900
Depuis 1897, la redevance à VElat s'est élevée au total à 16.497.837 fr. 7:î en suivant la progression suivante :
1897 Fr. 2.742.314 80
Fr. 16.497.837 73
Le gouverneur delà Banque souligne, par une seule phrase, ces chiffres caractéristiques : « L'Etat, dit-il, est donc largement intéressé à la prospérité de la Banque ». Les 5 655.833 fr. 72 répartis à TEtat, en 1900, représentent un peu plus de 30 francs par action ; c'estplus du cinquième du dividende distribué aux actionnaires. Le tableau suivant permet de constater le progrès constant du chiffre d'affaires de la Banque de France dans les quinze dernières années (31 juillet 1885 au 31 juillet 1901).
Encaisse or
— argent
Portefeuille Paris
— Succursales
Billets en circulation
Gompt. cour, particul. Paris
— — Succursales..
Cours des actions
:iO juillet
Millions de francs
31 juillet
l" août
3 août
2 août
Le privilège de la Banque de V Algérie a été prorogé jusqu'au 1®'' janvier 1920, avec cette réserve qu'il pourrait être dénoncé par une loi au P' janvier 1912.
L'examen des bilans des Etablissements de crédit présente toujours un très grand intérêt, car les chiffres que l'on y voit donnent le plus souvent une indication sur la richesse du pays. M. Neymarck a dressé des tableaux que nous reproduisons, permettant de comparer les divers chapitres des bilans de nos grandes sociétés de crédit.
A la fin de juillet dernier, d'après les derniers bilans publiés, les capitaux appartenant au public, déposés à la Banque de France, au Crédit foncier, au Comptoir national d'escompte au Crédit lyonnais, à la Société générale, au Crédit industriel et commercial, dépôts remboursables à vue, se contentant d'un minime intérêt et même ne recevant aucune
Comparaison des résultats des années 1885, 1890, 1895, 1899 et 1900 entre elles à l'époque correspondante de fin juillet.
31 juillet
31 juillet
31 juillet
31 juillet
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