J ^XJ
Noitgedacht, 13 déc.
A Ladysmith pen-
dant le siège. . . .
Bataille du 6 janv. 00
Autres pertes
A Kimberley pen-
dant le siège. . . .
A Mafeking pendant
le sièere
lo2
Autres pertes
Total des pertes en
action relevées au
31 décembre....
10 LE MARCnÈ FINANCIER EN 1900
Sous-officiers Officiers et
soldats
Rapatriés: blessés ) 5.862
— malades ( 1.638 30.243
Cause non indiquée. ) 1.081
Tués en action 324 3.216
Morts de blessures 97 1 .035
Prisonniers morts en captivité. 4 92
Morts de maladies 174 7.011
— d'accidents 5 200
Total de morts en Afrique .... 604 18.584
Disparus et prisonniers 7 898
Rapatriés invalides 1.638 36.986 (1)
Pour les événements de Chine qui ont créé une indicible émotion relativement au sort des Européens enfermés à Pékin, nous nous bornerons à une série de dates chronologiques.
Le choc entre l'Est et l'Ouest, entre la civilisation et la barbarie, comme il plaît aux Anglais d'appeler les perturbations, a été d'une rare violence. L'occupation de certaines parties du territoire chinois, tout d'abord celle de Kiao-Tcheou par les Allemands, qui entraîna à sa suite celle de Port-Arthur et de Wei hei wei par les Russes et les Anglais, l'acharnement à obtenir des concessions de chemins de fer, de mines, pour ainsi dire par voie de conquête, non plus par des procédés commerciaux, avaient blessé le sentiment national. La Chine a toujours été un pays de sociétés secrètes, d'émeutes, de troubles. Depuis quelques années, les éléments chauvins se groupaient dans la société des Boxers, organisée par Yu-Hsien, préfet de Tsao-Chou et ensuite gouverneur du Chantung. Cette société commit toute sorte d'outrages et d'attentats contre les étrangers, si bien que le 20 mai les ministres européens, accrédités à Pékin, demandèrent la suppression des Boxers et de la propagande contre les étrangers. Devant l'attitude évasive du
(1) Sur ce chiffre, outre 4 officiers morts, 243 soldats sont morts, 1.570 ont quitté l'armée comme ne pouvant plus servir, 654 étaient à l'hôpital le 31 décembre.
Sur les 304 officiers et 8.042 hommes faits prisonniers, 293 officiers et 7.052 hommes ont été relâchés et se sont sauvés, 4 officiers et 92 hommes sont morts.
gouvernement, les ministres appelèrent une garde internationale pour les protéger ; 340 soldats et marins arrivèrent. Lorsqu'on voulut, le 7 juin, envoyer des renforts, la route se trouva barrée, le chemin de fer en partie détruit, les massacres de missionnaires et de chrétiens indigènes avaient lieu partout et Farmée chinoise fraternisait avec les fauteurs de désordres. 2.000 hommes, commandés par Tamiral Seymour et comprenant des troupes de toute nationalité, quittèrent Tien-Tsin le 11 juin, mais ils furent arrêtés à Langfang à moitié chemin de Pékin, par Tarmée du général Jungfuhsiang, durent battre en retraite et ne furent dégagés que quelques jours plus tard par des renforts envoyés de la côte. L'armée de secours délivra aussi Tien-Tsin, bombardé et menacé par les forces chinoises. Le 17 juin, les forts de Takou furent pris par les forces alliées.
Depuis le 12 juin, des scènes de massacre et d'incendie avaient lieu à Pékin, notamment les nuits des 13 et 14 furent terribles. Le 19, le gouvernement chinois informâtes Légations que la prise des forts de Takou constituait un état de guerre et que les étrangers eussent à quitter Pékin pour Tien-Tsin dans les vingt-quatre heures. Le 20 juin, au matin, le baron de Ketteler, ministre d'Allemagne, fut assassiné pendant qu'il se rendait au Tsung-li-Yamen et, dans la journée, le siège des Légations commença. Les 340 soldats, renforcés de volontaires et assistés par les femmes, opposèrent une résistance héroïque, qui dura huit semaines, et qui eut son centre principal dans les bâtiments de la Légation britannique elle palais du prince Su.
Le 13 août, une force internationale de 25.000 hommes entra dans Pékin et délivra les Légations ; le lendemain elle pénétra dans le Palais impérial et dans la ville interdite. Les forces alliées sont placées sous le commandement en chef du maréchal de Waldersee, la Cour chinoise a pris la fuite ; des pourparlers ont été entamés en vue de la paix, pourparlers qui ont eu pour préface l'adoption d'un programme de répression contre les auteurs des troubles et de garanties contre le retour de dangers semblables par la Chine. En apparence, tout au moins, le concert européen, grossi du Japon et des Etats-Unis, a fonctionné assez bien. La Russie a retiré ses troupes de Pékin et après avoir châtié les insurgés en Mandchourie, elle a réduit ses forces dans cette partie de l'Empire chinois.
L'Angleterre a eu une petite campagne sur la côte occidentale d'Afrique, chez les Achantis pendant l'été.
La session parlementaire (T« du 14' Parlement élu sous le règne de la Reine), commença le 30 janvier et dura jusqu'au 8 août.
A l'exception d'une grande mesure, consolidant en un seul Etat les colonies australiennes, et de nombreux débats sur la guerre, la Session n'a pas été intéressante. Il a été voté un certain nombre de lois d'ordre économique, telles que la loi sur la constitution des sociétés anonymes, sur les prêts usu~ raires, etc. (1).
Le chancelier de l'Echiquier a fait son exposé financier pour l'exercice 1900-1901, trois semaines avant la fin de l'exercice en cours; c'était une dérogation à l'usage, motivée par la nécessité de pourvoir aux dépenses de la guerre, de manière à empêcher l'anticipation des droits nouveaux sur les articles soumis à des surtaxes. L'exposé fut fait le lundi 5, le samedi précédent et le jour même, il y eut presse aux Customs Houses pour dédouaner les marchandises (2).
Au début des hostilités, expliqua sir M. Hicks Beach, on avait pu espérer que la guerre serait terminée avant le 31 mars, et c'est pour cela qu'il n'avait pas proposé de nouveaux impôts. En octobre 1899, lors du vote d'un crédit supplémentaire de 10 millions de livres, il fut autorisé d'emprunter
(1) Depuis 1865, les dépenses militaires et navales de la Grande-Bretagne ont été en moyenne :
Millions de francs .
^on- ^c,<^* cdk ^ Guerres de NouvcIle-Zélande, Abvssinie, Achanti-=,
1860-1874 665 ri, a
( dépenses de la guerre Iranco-allemande.
187^^ 18S4 700 ^ Guerres russo-turques, Transvaal,Zoulous, Egypte,
( Afghanistan .
1885-1894 840 Dépenses d'armement.
1895-1899 1030 Dépenses d'armement. Soudan.
(2) Voir Marché financier en 1899-1900, p. 773 et suivantes, la traduction du discours de Sir M. Hicks Beach. Voir le très intéressant article de M. R. G. Lévy, dans la Revue du 15 janvier 1901. Il rappelle les variations du chancelier de l'Echiquier : la guerre en octobre 1899 doit coûter 250 millions de francs, en mars 1900, 1100 millions. M. A. J. Wilson estime la dépense à 75 millions de francs par semaine, dont 25 millions pour la nourriture des hommes et des chevaux, autant pour l'entretien et le renouvellement d'équipement, de la chaussure, des munitions, autant pour le renouvellement des armes, les transports, le service sanitaire. Au mois de septembre, M. Wilson, tenant compte des réductions d'effectifs, abaissait l'évaluation à 50 millions de francs par semaine. C'est le chiffre donné par VEconomist anglais, en mars 1900.
8.000.000 £ en bons du Trésor, qui, avec un excédent budgétaire de 3 millions lui donneraient 11 millions, c'est-à-dire une marge d'un million. Il espérait, tout en faisant ses réserves pouvoir rembourser à lafm de 1901-1902, la dette ainsi encourue. Les recettes depuis cette époque avaient justifié son optimisme. Bien plus, si aux 8 millions autorisés en automne, il avait fallu ajouter les 13 millions votés depuis lors, le chancelier de FEchiquier était convaincu que cette dette aurait pu être remboursée à la date indiquée, en tenant compte de la capacité du Transvaal de supporter une part raisonnable des dépenses de la guerre. Mais les événements survenus dans l'intervalle permettent moins de compter sur la force contributive du Transvaal, qu'en octobre 1899. Toute la situation fmancière était modifiée. Il ne s'agissait plus d'ajouter les 13 millions votés ; le gouvernement se sentait obligé de soumettre la demande de nouveaux crédits militaires pour une somme de 38 millions pour l'année 1900-1901. En avril 1899, les recettes avaient été estimées àlll.l57.000£, soit une plus-value de 2.821. 000£ sur celles de l'exercice précédent. En octobre 1899, on avait pu prévoir une plus-value considérable sur les prévisions; actuellement les recettes étaient de 116.040.000 £. En avril 1890, les dépenses de l'année avaient été établies à 110.927.000 £. Depuis lors la Chambre avait voté des crédits supplémentaires pour 745.000£ et il y avait à déduire 1.132.000 £ d'économies, si bien que, sans la guerre, les dépenses auraient été de 110.540.000 £, laissant un excédent de recettes de 5 millions 1/2. Mais il avait fallu ajouter 23 millions de dépenses militaires extraordinaires, 270.000 £, intérêts courus sur les 8 millions de bons du Trésor. Gelaportaitle total des dépenses à 133.810.000 £, avec un déficit de 17.770.000 £, sur lequel il avait été fait face provisoirement à 8 milhons par une émission de dette flottante. En d'autres termes, l'exercice 1899-1900 avait apporté une contribution de 5 millions 1/2 aux dépenses de la guerre.
Pour 1900-1901, les dépenses étaient établies à 154.082.000 £, en augmentation de 43.155.000 sur les prévisions de 1899- 1900, 37."/ 97.000 £, provenant du fait de la guerre ; les recettes prévues étaient de 116.900.000 £, laissant un déficit de 37.182.000 £. Ajoutant aux crédits militaires de 37.797.000 £ les intérêts sur la dette de guerre, 250.000 £, le total pour la guerre était de 38.047.000 £. Les recettes ordinaires auraient couvert les dépenses ordinaires, augmentées d'une somme de
3 millions pour 12 nouveaux bataillons et 43 batteries. Prenant le cbitïrc de 37 millions de déficit, ajoutants millions pour les dépenses ultérieures éventuelles de guerre, en vue de couvrir les intérêts d'emprunt que le Parlement pourrait sanctionner et reportant 18 millions de 1899-1900, on se trouvait en présence d'une somme totale de 00.000.000 £, sur laquelle il avait été pourvu jusqu'à concurrence de 8 millions par des bons du Trésor.
Afm de couvrir le déficit, le chancelier de l'Echiquier proposait d'augmenter de 4 pence l'incometax qui serait de 1 sh. (5 0/0) ce qui donnerait pour l'exercice nouveau 6.500.000 et laisserait 1.900.000 liv. d'arriérés à percevoir en 1901-1902. Il proposait d'étendre le droit de timbre de 1 sh. perçu sur les bordereaux [contract notes) des stockbrokers aux bordereaux analogues pour les affaires en marchandises (soit 150.000 £), une surtaxe de 1 sh. par fût de bière (soit 1.752.000 £), 6 pence par gallon d'alcool (1.015.000 £), 4 pence par livre sur le tabac, 6 pence par livre sur les cigares étrangers (1.100.000), 2 pence par livre de thé (l.<SOO.OûO). Il demandait de réduire Tamortissement de 4.040.000 £, ce qui ramenait à 149.442.000 £, au lieu de 154.082.000 le chiffre des dépenses. Contre ces 149.4 millions, il prévoyait des recettes s'élevant à 129.217.000£, laissant un déficit pour Fexercice de 20.225.000 £. En y ajoutant l'insuffisance de 1899-1900, 17.770.000, la réserve pour imprévu de 5 millions, on obtenait un total de 43.000.000, pour lequel il demandait l'autorisation d'emprunter. 11 avait déjà été émis 8 millions en bons du Trésor, 5 miUions seraient procurés par le même procédé, le solde de 30 millions serait obtenu par un emprunt remboursable au plus tard en dix ans. 11 était prématuré de fixer les ressources pour le remboursement avant la fm des hostilités, avant qu'on connût toutes les dépenses et aussi la part qu'on pourrait imputer au Transvaal. D'ici à 1910, on avait la perspective de ressources considérables, provenant de la cessation du service d'annuités terminables et la réduction automatique de 1/4 sur les consolidés.
On trouve que les prévisions du 13 avril 1899 indiquaient 111.157.000 £ de recettes, 110.927.000 £ de dépenses, soit un excédent de 230.000 £. Les prévisions du 6 mars 1900 montraient les recettes s'élevant à 116.080.000, les dépenses ordinaires à 110.540.000, soit un surplus de 5.500.000 £, les dépenses de guerre et intérêts 23.270.000, soit un dé7.ficit de 1770.000 £
Quant à 1900-1901, voici comment s'établissaient les données:
Budget ordinaire,
Recettes 116.900.000
Dépenses 116.035.000
Surplus 865.000
Avec les dépenses de guerre.
Recette 116.900.000
Dépenses 154 082.000
Déficit 37.182.000
Report de 1899-1900 17.770.000
Imprévu 5.000.000
Total nécessaire 59.925.000
Les ressources nouvelles comprenaient :
4 pence sur rincometax 6.500.000
: 1 sh. sur les bordereaux (abandonné
plus tard; 150.000
1 sh. sur la bière 1.752.000
6 pence sur l'alcool 1.015.000
4 pence sur le tabac | 1.100.000
6 pence sur les cigares )
2 pence sur le thé 1.800.000
Suspension de ramortissement 4.640.000
Ces IG.957.000 liv. st. déduits de 59.952.000 laissaient 43 millions à trouver.
Le 6 avril, le chancelier de l'Echiquier, lors de la troisième lecture de la loi de fmance, donna des détails sur le règlement de Texercice 1899-1900. Les recettes totales s'étaient élevées à 119.840.000 £, en plus-value de 11.504.000 £ sur 1898-1899 ; les surtaxes d'impôt n'entrant que pour 800.000 £ environ, la plus-value de recettes était de 10.700.000 par le jeu des choses, entre autres par les anticipations de taxes, qui avaient été provoquées par la perspective des nouveaux impôts. C'est ainsi que les douanes, au lieu de 21.700.000 £ prévues avaient rendu 23.800.000, l'accise 32.100.000, c'est-àdire 2.250.000 £ de plus que les prévisions. Les droits de succession avaient donné £ 14.020.000 à 1 Etat, 4.453.000 aux autorités locales, soit 18.473.000 €. Bref, les recettes totales ayant été ;de 119.840.000 contre 132.722.000 € de dépenses, le déficit était réduit de 17.770.000 à 13.882.000 ; mais une partie des plus-values étaient des anticipations encaissées en 1899- 1900 et qui viendraient en diminution en 1900-1901. Toutefois, en présence de l'amélioration continue du commerce, le Chan-
celier de FEchiquier avait réduit ses prévisions pour les douanes de t 25.017.000 à 23.620.000, pour l'accise de 34.350.000 à 33.5f 0.000, en majorant le produit de Fincometax de 25.300.000 à 25.800.000. Il plaçait parmi les dépenses 619.000 £ comme service de l'emprunt de guerre. Il pensait ne pas avoir besoin d'émettre les 5 millions de bons du Trésor en réserve.
Règlement de l'exercice 1899-1900.
Sans les dépenses de guerre. Avec les dépenses de guerre.
Recettes 119.840.000 119.840.000
Dépenses 110.505.UOO 133 . 722. 000