X 1. V . ^\JU . \/\J\J
Bière
Alcool
Tabac
Thé
Dépenses ordinaires
Moins amortissement
Dépenses de guerre
Déficit Drévu
ReDorté à nouveau
Deux années de déficit
Réserve en bons du Trésor.
Le déficit paraissait devoir être de 41 millions 1/2 au lieu de 43 millions (mars 1900).
Le 30 juillet, le chancelier de l'Echiquier fit un nouvel exposé. Dans l'intervalle, le Parlement avait voté comme crédits supplémentaires £ 3.000.000 pour les aff'aires de Chine, 200.000 pour l'expédition contre les Achantis, 1.250.000 pour la marine, 8.500.000 pour la guerre sud-africaine, en tout 13.000.000. Le gouvernement avait encore une marge de 6.000.000 sur les crédits d'emprunt déjà autorisés, il restait 7.000.000 à demander ; mais afin de n'être pas pris au dépourvu, notamment en Chine, il propose de l'autoriser à emprunter 13.000.000, ce qui laissait intacte une réserve de 6 millions, soit en émettant des obligations, des bons du Trésor ou des
ANGLETERRE It
bons de 1 Echiquier. Il n'était pas proposé de nouveaux impôts.
Sir M. Hicks Beach insista sur la nécessité d'adhérer aux principes posés par lui, de laisser aux emprunts de guerre leur caractère temporaire, afm de rappeler, automatiquement en quelque sorte, aux chanceliers de TEchiquier, le devoir de pourvoir au remboursement de ces emprunts. Il parla encore de la part des dépenses qu'on pourrait imposer au ïransvaal.
Aux dépenses prévues en avril 1900, 150.061.000 £, il fallait ajouter :
Armée : pour la guerre de l'Afrique du Sud.. 7.440.C00
pour des dépenses permanentes r 60.000
pour l'imprévu 503.000
pour la Chine 3.000.000
pour rartillerie 204.000
pour la marine 1.269.000
pour l'administration civile - 336.000 13.. -09. 000
Dépense.-? totales 163.370.» 00
Recettes 127.520.000
Déûcit de 1900 35.850.000
Déficit reporté 13.882.000
On V avait fait face en émettant :
Bons du Trésor (loi de 1899) 8.000.000
Emprunt de guerre de 30 millions émis
Bons du Trésor (lois de 1900) 2.000.000
Autres emprunts autorisés en 1900 10.182.000
Il restait 6 millions à emprunter.
Le coût de la guerre était estimé le 30 juillet :
Contre cette dépense, il y avait Texcédent de 9.335.000 £ en 1899-1900, le montant disponible en 1900-1901, Î6.125.000£, soit 25.460.000 provenant des recettes, tandis que, par Femprunt, on se procurait 43.860.000 i.
L'opposition contre le vote de crédits nécessaires à la poursuite de la guerre s'est traduite par des critiques, tandis que la minorité n'a guère dépassé 25 voix.
Sir H. Campbell Bannermann et sir W. Harcourt ont félicité le Chancelier de TEchiquier de la rigidité de sa doctrine, mais,
a ajouté sir William Harcoiirt, l'application est moins rigide. La guerre de Crimée a coûté 70 millions, dont on a emprunté 33 millions, alors qu'on se propose de demander 48 à l'emprunt sur une dépense prévue de 05 millions pour la guerre sud-africaine. 11 faudrait se considérer heureux si l'on s'en tire à ce prix. La guerre de Crimée a coûté 23 millions de plus que les prévisions qui avaient été de 53 millions. 11 y a un demi-siècle, l'impôt a fourni 41 millions pour les dépenses extraordinaires, aujourd'hui seulement 12 millions. C'est de la décadence fmancière. Sir W. Harcourt a fait allusion à une chanson de café-concert, dont le refrain est « pa,y, pay, pay », mais ce refrain n'exprime pas le sentiment de ceux qui hurlent le refrain et qui veulent « borrow, horrow^ borrow ». Quant à l'avenir, après la paix, il s'est demandé si l'on pouvait réduire les dépenses ; c'était peu probahle avec la tendance de dépenser davantage.
Le Chancelier de l'Echiquier se défendit en disant que le budget ordinaire avait beaucoup augmenté depuis quarantecinq ans et qu'il augmenterait encore, parce que le pays était déterminé à assurer sa défense et sa sécurité au dehors ; il répéta qu'il ne pouvait encore dire quel serait son plan à la fm de la guerre, mais il comptait toujours sur l'indemnité de guerre à payer par le Transvaal, la fui des annuités terminables et la réduction d'intérêt sur les Consolidés.
L'emprunt de guerre autorisé parle Parlement était de 35 millions de i. Le Chancelier de l'Echiquier a assisté le 10 mars à une réunion des banquiers et des directeurs des principales institutions financières de la City. Il leur a expliqué l'opération : le gouvernement réserve 5 millions pour émettre éventuellement des bons du Trésor, il crée 30.000.000 € en titres 2 3/4 remboursables au pair après dix ans. Le gouvernement n'a voulu ni recourir à une émission par soumissions ni à une vente ferme par contrat ; il a décidé de mettre l'emprunt en souscription à 98 1/2 dans tout l'Empire ; c'était une opération par laquelle il souhaitait la participation, la coopération de tous. Sir M. Hicks Beach demandait aux banques de Faider.Le minimum de souscription fut de 100 £. J. P.Morgan et C*' furent autorisés à recevoir les souscriptions aux Etats-Unis, une compagnie d'assurance américaine souscrivit pour 10 millions de dollars.
D'après les renseignements que le Chancelier de l'Echiquier a donnés à la Chambre des Communes, le nombre des sous-
criptcurs a été d'environ 30.800. La somme souscrite a été de 335.500.000 é. Les souscriptions de 100 à 1.000 £ se sont élevées à 30.800, de 1.100 à 100.000 elles ont été de 8.630, de 100.000 à J.OOO.OOO elles ont été de 314. Il y eut une souscription de 10 millions de £. Les gros souscripteurs reçurent 6 0/0 ; pour les souscriptions inférieures à 10.000 £ ils reçurent 5 0/0 ; on s'efforça de satisfaire les petites souscriptions. Les 3S millions à 98 1/2 rapporteront 29.550.000 au Trésor.
Au mois d'août, le Chancelier de l'Echiquier demanda l'autorisation d'emprunter 13 millions de £ au moyen d'un emprunt de guerre supplémentaire, soit par l'émission de bons du Trésor ou de bons de l'Echiquier. Lors de la seconde lecture du projet de loi, sir W. Harcourt fit observer que si le gouvernement anglais comptait encore retirer 30 ou 40 millions des Boers, il serait certainement déçu ; il se refusait à accepter 1 idée que le nouvel emprunt suffirait à couvrir les irais de la guerre. Au commencement d'août 10 millions en bons de l'Echiquier 3 0/0, remboursables en 1903, furent émis à 98 : la moitié de l'emprunt avait été placée aux Etats-Unis, comme nous l'avons expliqué dans notre introduction. Au mois de novembre on procéda h une nouvelle émission de 3 millions de bons de TEchiquier à cinq ans. Enfm dans le courant de l'année il fut émis 13 millions de bons du Trésor, ce qui porte les opérations à 56 millions. Dans la session de décembre, il fut voté des crédits s'élevant à IG millions pour l'Afrique du Sud et la Chine.
La Dette publique de l'Angleterre au P'' avril 1900 s'élève.
l'^'- avril 1899 i" avriI1900 Différence
Dette fondée 583.186.305 552.606.898 — 30.579.407
Capital des annuités 36.243.280 60.238.885 + 23.995.605
Dette flottante , 8.133.000 16.133.000 + 8 000.000
Autres engagements (1).... 7.4"8.83Q 10.186.482 + 2.708 102
Total général 635.040 965 639.16.>.265 + 4.124.300
Il existe un actif évalué au 31 mars 1900 à 25. 180.461 ê contre 27.154.9G1 £ en 1899. La plus grande partie de cet actif est représentée par des actions du canal de Suez dont la valeur était estimée à 24.3.2.000 en J9i0, contre 20.451.000 en 1899. Le crédit
(1) Dans ces engagements divers sont compris la dette pour le rachat des télégraphes, la construction de casernes, le chemin d'Uganda, rachat de la compagnie du Niger.
du Trésor aux banques d'Angleterre et d'Irlande était le 31 mars 1900 de 3.517.000, contre 8.919.000 en 1899, soit une diminution de 5. 402.000 £.
La dette consolidée au 31 mars 1900 comprend :
Consolidés 2 3/4 0/0 502.657.133 \
Dette aux banques d'Angleterre et d'Irlande. 13.645.869
. La Dette flottante a augmenté de 8.133.000 à 16.133.000 £, la différence ayant été émise pour les besoins de la guerre.
Le service de la dette (1) exige 23 millions pour le budget de 1899-1900, tandis que pour celui de 1900-1901 le service de la dette ordinaire est réduit à 18.360.900 € par la suspension de l'amortissement et il faut y ajouter 250.000 £ pour l'intérêt sur les bons du Trésor de guerre et 619.000 £ sur l'emprunt de guerre.
Lorsqu'en 1899 le Chancelier de l'Echiquier remania les annuités terminables et réduisit les charges fixes de la Dette de 25 à 23 millions, il estimait que l'amortissement en 1899
(I) En 1875, sir Stafford Northcote craignit quavec la réduction des intérêts de la dette, ses successeurs ne fussent tentés de procéder à des dégrèvements d'impôt au lieu d'amortir ; afin d"y obvier, il fixa à 28 millions pour le service de la dette la diflerence entre ce total et les intérêts annuels devant servir à l'amorlissement. En 1887, M. Goschen réduisit ce montant fixe de 28 à 26 millions, afin d'accorder des subventions aux autorités locales et réduire le poids de l'impôt local ; en 1889, il l'abaisse à 25 millions, et cela à une époque où les recettes donnaient de grosses plus-values. En 1888, M. Goschen effectue avec beaucoup d'habileté la conversion des consolides en 2 3/4 jusqu'en 1903, en 2 1/2 après cette date. 11 fit ressortir que, si l'on assurait aux consolidés une période pendant laquelle on ne pourrait les convertir, le cours hausserait ; on obtiendrait ainsi l'avantage d'une plus value du fond-, et la perspective d'une grosse économie en lG03,Dix ans plus tard, sir M. Hicks Beach se plaignit de ce que le prix des consolidés était tellement élevé qu'il était désavantageux pour la nation de les acheter pour les caisses publiques en si grande quantité, et il réduisit le fonds consolidé de 25 à 23 millions. Le service de la dette coûte 5 millions en moins, parce qu'on a réduit d'autant l'amortissement. De 1869-70 à 1888-89, la dette a diminué de 176 millions, mais en quinze mois elle a augmenté de 67 millions. Un mois de guerre sud-africaine a neutralisé le bénéfice de douze mois de paix, au moins en ce qui concerne la réduction de la dette.
serait encore de 5.815.000 £, chiffre qui grossirait progressivement. Les événements ont bouleversé ces calculs (1
En dehors des questions financières, le Parlement s'est occupé de quelques projets de loi qui ont été votés et dont nous résumons ceux qui peuvent intéresser nos lecteurs.
Il y a près de six ans, une commission nommée par le Board of trade suggéra des modifications dans la législation concernant les; Compagnies far actions et élabora un projet de loi à cet effet. Ce projet de loi fut soumis en 1896 à la Chambre des Lords qui lui fit subir divers changements; il a été, en 1900, porté devant la Chambre des communes et renvoyé à une Commission. La portée du bill a été restreinte conformément à Lavis énoncé par les rédacteurs même du projet. « Des dispositions qui auraient pour conséquence de restreindre les facihtés de formation de sociétés qui apportent tant d'affaires à FAngleterre ou de gêner Fadministration des sociétés ou de détourner la meilleure classe d'hommes de devenir administrateurs ne doivent pas être prises légèrement en considération. » Aussi les clauses qui concernent les droits et obligations des administrateurs et fondateurs ont été écartées. On a cru plus sage de mettre le capitaliste à môme de se renseigner sur la situation financière de la société, dans laquelle on lui propose de devenir actionnaire, que de le mettre en mesure de mener un procès long et peut-être stérile avec fespoir de recouvrer son argent. L'Act est cependant plein de sanctions pénales.
En 1900, donc, le Parlement a voté une loi sur les sociétés par actions, qui modifie la législation ancienne en vue d'empêcher quelques-uns des inconvénients qui résultent de la fondation de sociétés mal portantes dès la naissance et d'accorder une protection relative aux actionnaires et aux créanciers contre les fraudes commises par les professionnels de la finance douteuse.
Parmi les parties les plus importantes de la loi nouvelle sont les sections 9 et 10 qui traitent longuement du prospectus.
La section neuvième exige que tout prospectus soit daté et
(1) Voir le Marché financier en 1899, p. 29.
que Texemplaire déposé chez le Registrar so'û signé par chaque administrateur dont le nom figure sur le document. Un prospectus ne peut pas être publié avant le dépôt effectué pour l'enregistrement, et il doit contenir la mention que la formalité a été remplie.
La section dixième indique les renseignements que doit donner le prospectus. Jusqu'à la loi de 1867 (section 38), aucune disposition légale ne déterminait les données du prospectus. A l'avenir, il devra fournir le contenu des statuts {mémorandum of association) avec le nom des signataires et le nombre d'actions souscrites par chacun de ceux-ci, le nombre d'actions nécessaires pour remplir les fonctions d'administrateur, la rémunération des administrateurs, le montant minimum qui aura dû être souscrit pour qu'on puisse procéder à la répartition; le nom et l'adresse des vendeurs (apporteurs) de l'entreprise, le montant à leur payer en numéraire, actions ou obligations, le montant payé pour le fonds de commerce, le montant payé pour commission à ceux qui procurent des souscriptions et si ce paiement est à la charge de la société, du vendeur ou du promoteur (fondateur), le montant présumé des dépenses préliminaires, le montant payé pour la fondation, les dates et les parties essentielles de tout contrat essentiel, l'indication dun délai raisonnable pour consulter les contrats ou une copie de ceux-ci et de l'endroit où cela pourra sefaire,]e nom et l'adresse des « auditors» (comptables, commissaires des comptes), la nature et limportance de l'intérêt pécuniaire de chaque administrateur dans la fondation ou la propriété dont lacquisition est proposée par la société.
Il est interdit d'introduire une clause des statuts supprimant une de ces obligations. La loi donne la définition : tout prospectus, notice, circulaire, annonce ou invitation adressés au public en vue de la souscription ou de l'achat d'actions ou d'obligations d'une société par actions (i).
La loi réglemente Vallotmeiit^ la répartition : il faudra, pour y procéder, que la somme fixée par les statuts (mémorandum o\\ articles of association) et indiquée par le prospectus ait été souscrite ou à défaut d'une limitation stipulée à cet effet, que le montant total du capital offert en souscription ait été souscrit, et les versements effectués entre les mains de la Com-
(l) A l'avenir, dans les annonces, il ne poura plus être publié un résumé du prospectus, mais le document entier.
pagnie. Ce montant ne comprendra aucun autre montant non payable en numéraire ; le versement payable à la souscription devra être d'au moins 5 0/0 du capital nominal de Taction. Si la répartition n'est pas la première dans l'histoire de la compagnie, le prospectus devra indiquer les détails des émissions' antérieures, avec l'indication des sommes versées sur les actions. Si les conditions statutaires ne sont pas remplies dans les quarante jours nprès la publication du prospectus, ïes sommes versées doivent être remboursées aux actionnaires ; à défaut, dans les quarante-huit heures, les adminis-. trateurs sont solidairement responsables.
Le registrar doit délivrer un certiûcdt cV in cor poimtion constâ-' tant que la société a le droit de commencer ses affaire s, d'entrer èir activité; jusque-là, la société se trouve dans un stage préparatoire durant lequel les contrats ne sont pas définitifs.
La délivrance du certificat a lieu après une déclaration que certaines conditions ont été remplies. Le registrar est tenu de se faire présenter les pièces constatant l'acceptation des administrateurs nommés dans les statuts et dans le prospectus. Ceuxci, sous peine d'une amende de 5 £ par jour, doivent, dans le délai d'un mois, se procurer les actions nécessaires à l'accomplissement de leur mandat. Ce certificat n'atteste pas que le minimum de souscription a été atteint, et il n'annule pas le droit des premiers actionnaires pendant un temps limité à un mois, en certains cas à cinq mois, si le montant n'a pas été atteint, de faire annuler leur souscription et de se faire rembourser.
La nouvelle loi contient des dispositions fort sages concernant l'enregistrement des hypothèques et charges assumées par la compagnie; il faut que, dans un délai de trois semaines, l'enregistrement en ait eu lieu pour que l'engagement devienne valide. Toute personne aura accès au registre d'inscription, moyennant le paiement d'un shilling.
L'Assemblée constitutive doit être tenue dans les trois mois après la délivrance du certificat par le registrar. Sept jours avant l'Assemblée, un rapport signé par deux administrateurs et indiquant le nombre d'actions émises, les souscriptions, les versements, les contrats, devra être adressé à tout actionnaires. A l'Assemblée, un rapport certifié par les Auditors, doit être soumis aux actionnaires qui ont le droit de discuter toute question se rapportant à la fondation de la société ou résultant du rapport des administrateurs.
24 LK MAIUUIK KINANCIEH EN l900
Ce sont là (les dispositions principales de VAct de 1900. Un des vices de l'état de choses antérieur, c'était que des sociétés sans capital souscrit, ou avec un capital imparfaitement souscrit, entraient en fonctionnement. Ces sociétés, insuffisamment dotées, périssaient ordinairement assez vite.
La loi admet les syndicats de garantie et la bonification d'une commission à des souscripteurs en gros qui assurent le succès de l'émission et à des intermédiaires pour le placement des actions, à condition que les statuts le prévoient et qu'il en ait été fait mention dans le prospectus. C'est une innovation : la loi n'admettait pas jusqu'ici qu'une société pût émettre des actions au rabais avec un escompte.
La nouvelle loi entre en vigueur le P' janvier 1901 ; elle s'applique à toutes les compagnies par actions aussi bien à celles existantes sous le régime de la loi de 1862, qu'à celles qui seront créées après le P^ janvier 1901.
Toutefois les anciennes sociétés échappent à certaines dispositions concernant la fondation, la qualification des premiers administrateurs, l'Assemblée constitutive, l'entrée en fonctionnement, et cela explique que, durant les derniers jours de 1900, on ait fait enregistrer un grand nombre de sociétés qui, autrement, n'auraient vu le jour qu'en 1901.
Le législateur anglais a été davis .qu'un des remèdes les meilleurs contre les abus dont se plaignent les actionnaires, c'est la plus grande publicité donnée aux actes sociaux.
La législation belge a des dispositions qui s'allient avec un régime de liberté, telles que l'insertion au Journal Officiel non seulement des statuts, mais encore du nom des premiers actionnaires avec le montant des actions attribuées. C'est un contrôle excellent ; on peut se rendre compte de la qualité morale et pécuniaire des premiers adhérents.
Les abus, dont les usuriers de profession se rendent souvent coupables à l'égard de ceux qui ont recours à eux, ont fait l'objet d'une enquête parlementaire et d'un projet de loi en 1899, qui n'a pas été voté à cette époque.
Le projet de loi, modifié sur certains points, a été introduit dans la Chambre des Lords, voté par elle et par la Chambre des Communes. La loi porte le titre Money Imders act 1900. La stipulation principale est contenue dans l'article premier : lorsqu'une instance aura été engagée devant un tribunal quelconque, par un prêteur d'argent, en vue d'obtenir le remboursement de toute somme prêtée après la publication de la pré-
sente loi, relativement à une somme prêtée|soit avant ou après la publication de la loi, le tribunal aura le droit d'apprécier si l'intérêt porté en raison de la somme actuellement prêté, ou les frais accessoires, sont excessifs; et si le contrat est trop rigoureux et non consciencieux, le tribunal pourra le réformer et établir le compte de l'emprunteur par rapport au prêteur, et malgré toute acceptation ou établissement de compte ou tout contrat tendant à clore des affaires précédentes et à établir de nouvelles obligations, il pourra reviser tout compte déjà soldé entre eux et dispenser l'emprunteur du paiement de toute somme dépassant celle que le tribunal a estimé être raisonnablement due (1).
La loi définit « money lender » toute personne cjont le métier est de prêter de l'argent ou qui fait des annonces dans ce but ; ne sont pas compris dans cette définition les prêteurs sur gage qui se conforment à la loi, ni les sociétés de secours, de construction, de crédit mutuel, les personnes qui exercent de bonne foi la profession de banquiers ou d'assureurs.
Le « money lender » est tenu de faire enregistrer son nom ou sa raison sociale.
Le 14 mai 1900, M. Chamberlain a exposé à la Chambre des communes le projet de loi, réunissant en un Etat fédéral Commonwealth of Australia, les colonies indépendantes de l'Australie (2).
Le projet de loi, qui avait été arrêté par les cinq colonies, comprenait 128' clauses, avec des centaines d'annexés. Cette nouvelle constitution s'inspirait principalement de celle des
(1) On a fait observer que ni le prêteur, ni l'emprunteur, dans le cas de gens en relation avec des professionnels de l'usure, ne sont bien intéres. sants. Le risque du prêteur sera accru.
Le nouvel état de choses substitue à la généralité légale le jugement arbitraire d'un tribunal. Le véritable remède, d'après M. J. H.Lévy, serait la publicité.Si l'on faisait une condition de la reconnaissance d'un contrat de prêt,que, au moment de sa conclusion, il doit être enregistré publiquement avec le nom des deux contractants, leur adresse, les conditions du prêt, il y aurait chance de réduire au minimum les pratiques des prêteurs et aussi celles des emprunteurs.
(2) La tentative de fédération australienne a été la troisième dans l'histoire des Colonies britanniques. La première a été celle du Canada, qui a été couronnée de succès ; la deuxième a été celle que les colonies de l'Afrique Australe avaient crue possible, il y a quelques années,mais qui n'a pas abouti. Lord Rosebery estimait qu'elle était prématurée.
Etats-Unis. Il y avait cette différence avec le Canada que les droits des Etats étaient jalousement gardés ; au Canada le pouvoir central avait les attributions qui n'étaient pas formellement dévolues aux provinces ; en Australie, le Gouvernement central n'avait que les droits strictement définis. La plus grande difficulté a porté sur la question de savoir si les colonies australiennes auront sur leur propre territoire Finstanco judiciaire suprême sous forme de haute cour de justice, tandis que, jusqu'ici, un comité du Conseil privé, siégeant àLondres, était appelé à juger en dernier ressort les procès poursuivis devant les tribunaux d'Australie. Les colonies australiennes ont voulu avoir dans leur pays l'instance suprême judiciaire ; dans cette condition, à part le lien moral entre les colonies et la métropole, il n'y aurait plus eu que la présence du gouverneur nommé par la couronne qui les rattachât à TAngleterre. Le rôle du gouverneur est bien réduit, lorsqu'il a à côté de lui un ministère dépendant du Parlement local. M. Chamberlain avait voulu préserver davantage le droit d'appel à la Reine en Conseil, il suggéra que le comité judiciaire du Conseil privé fût renforcé par la nomination de quatre membres coloniaux, ayant rang de Lords of appeal. Mais il retira cette proposition et, lors de la seconde lecture, il annonça un compromis : le droit d'appel est maintenu pour les cas oii des intérêts non australiens sont impliqués ; mais dans les questions entre la Fédération et un Etat, ou entre deux Etats, la Cour suprême d'Australie peut autoriser l'appel h la Reine en conseil. M. Chamberlain laissa entrevoir que, d'accord avec toutes les colonies, on pourrait peut-être un jour établir une Cour permanente d'appel pour tout l'Empire.
La fédération comprend la Nouvelle-Galles du Sud, Victoria, Sud-Australie, Queensland, Tasmanie, avec adjonction possible de West- Australie.
La Reine nomme le gouverneur (actuellement lord Hopetown, ancien gouverneur de Victoria).
La constitution est divisée en huit chapitres : Parlement, Gouvernement exécutif, Pouvoir judiciaire. Finance et Commerce, Etats, Nouveaux Etats, Divers, Revision et Altérations. Le pouvoir législatif est exercé par le Parlement fédéral comprenant la Reine, un Sénat et une Chambre des représentants. Le gouverneur général, nommé par la Reine (10.000 £ d'appointements) exerce les fonctions que la Reine lui assigne ; il convoque, proroge le Parlement et dissout la Chambre des
représentants. Il doit y avoir une session au moins par an. Le Sénat est composé de sénateurs élus au suffrage par chaque Etat, à raison de 6 par Etat, pour six ans. La Chambre est composée de 26 représentants delà Nouvelle-Galles, 23 de Victoria, 0 de Queensland, T d'Australie du Sud, 5 d'Australie Occidentale, 5 de Tasmanie. Elle est élue pour trois ans. Les membres touchent 400 â par an. Le Parlement fait des lois pour assurer la paix, Tordre et le bon gouvernement de la Fédération, en ce qui touche le commerce entre les Etats fédérés et les pays étrangers, la taxation, les primes sur la production et l'exportation (qui doivent être uniformes), les emprunts, le service postal, télégraphique, téléphonique, la défense militaire et navale, les pêcheries, la monnaie, la frappe, la banque, rémission de papier-monnaie, les effets de commerce, les poids et mesures, les brevets, marques de fabrique, les compagnies commerciales ou hnancières créées dans les limites de la Fédération, les mariages, divorces, l'exécution des jugements, les affaires extérieures, les relations avec les îles du Pacifique, facquisition de chemins de fer, la construction de lignes, mais avec le consentement de l'Etat, etc.
Le Sénat n'a pas l'initiative en matière de budget ni d'impôt ; autrement ses droits sont égaux à ceux de la Chambre. Si le Sénat rejette trois fois une loi votée par la Chambre, ou insiste sur des amendements que celle-ci ne peut pas accepter, le Gouverneur général pourra dissoudre les deux simultanément. Sir après les élections, le nouveau Sénat insiste encore, le Gouverneur doit réunir les deux Chambres en une seule Assemblée qui sera souveraine.
A côté du Gouverneur général, il y a sept ministres choisis par lui. Le pouvoir judiciaire est exercé par la Cour suprême fédérale et d'autres tribunaux fédéraux. Toutes les recettes provenant de la taxation ou d'autres sources formeront un fonds consohdé pour les besoins de la Fédération. Dans un délai de deux ans, des droits de douanes uniformes doivent être imposés, et après cela le pouvoir du Parlement de les percevoir et d'accorder des primes de production et d'exportation est absolu. Après l'imposition de droits uniformes, le commerce et l'industrie sont absolument libres. Une Commission veillera à l'application des articles de la constitution relative au commerce et à l'industrie. Aucun Etat particulier ne peut frapper de monnaie autre que For et l'argent, ni donner force libératoire qu'à for et à l'argent.
Le siège du Gouvernement est dans la Nouvelle-Galles du Sud (1).
De nombreuses questions ont été adressées au Gouvernement concernant Fenvoi d'articles défectueux aux troupes en Afrique et concernant des abus commis par des fournisseurs. Il fut répondu que les fournisseurs en défaut avaient été rayés de la liste. M. Balfour défendit le Cabinet contre Vidée que celui-ci eût essayé de rien cacher et il accepta une enquête. Une commission fut donc chargée d'examiner les allégations de fraudes et d'irrégularités commises dans les contrats passés par le ministère de la Guerre depuis un an. La commission tint sa première séance le 4 mai, sous la présidence de M. Jackson. Un grand nombre de dépositions furent recueillies. La commission reçut communication d'une liste de fournisseurs exclus des soumissions pour avoir fourni du foin de mauvaise
(1) D'après le programme ministériel du premier cabinet fédéral, les taxes seront divisées en deux grandes classes; les droits de douane et d'accise, appartenant exclusivement au gouvernement fédéral et les impôts indirects laissés aux Etats, c'est-à-dire aux colonies faisant partie de la fédération : celle-ci ne pourra établir de taxe directe que dans des cas tout à fait exceptionnels. La fédération cherchera principalement ses ressources dans le rendement des douanes, sans aller jusqu'à un protectionnisme excessif. Les droits devront rapporter au moins 8 millions £.
En 1900, la recette a été de 7.630.000 £, y compris un million plein sur le commerce intercolonial, lequel est dorénavant exempt de taxe. Il y aura sans doute relèvement des droits dans la Nouvelle-Galles du Sud.
Voici les chiffres relatifs à l'année 1899-1900, en milliers de livres.
Droits de douanes Importations et d'accise
Nouvelle-Galles du Sud 25.594 1.735
Victoria 17.952 2.267
Queensland 6.764 1.601
Australie méridionale 7.016 643
Australie occidentale 4.473 933
Tasmanie 1.769 448
Les importations de la Nouvelle-Galles du Sud dépassent de 7 1/2 millions celles de Victoria, et cependant les recettes douanières de Victoria sont supérieures de 500.000 £. Les recettes de Queensland atteignent à 125.000 £ près, celle de la Nouvelle-Galles, avec un commerce d'importations inférieur des trois quarts.
qualité, de la viande mauvaise ou inféreure, des souliers et des vêtements de mauvaise qualité. Elle se plaignit qu'on n'eût pas provoqué le témoignage de négociants, soldats et autres, et qu'on n'eût pas garanti les témoins contre les conséquences de leur déposition. Le 1*"^ août, la Commission publia son rapport; elle avait fait un examen approfondi des cas indiqués ou découverts par elle ; elle s'occupa très en détail (sans qu'il y eût ici d'accusation portée) des contrats pour fourniture de cordite faits de 1894 à 1900, notamment d'un contrat de mars 1900. Le 20 janvier 1900, l'Amirauté, mit en adjudication 2.240.000 livres de cordite. Des soumissions furent reçues de 7 firmes. L'Amirauté, sur la recommandation du colonel Pease {Naval store keeper) et de l'amiral Jeffreys [director of naval ordnancé)^ proposa de répartir la commande entre deux firmes : la National Explosives Company et Kynoch limited, à condition que Kynoch réduisit son prix à 2 sh. 3 pence la livre. Le directeur des contrats de l'Armée objecta contre la répartition et adressa une minute au secrétaire financier du War Office. « Il y a un ou deux points dans les propositions de l'Amirauté sur lesquels il faut attirer votre attention. L'Amirauté alloue à la National Explosives Company 350.000 livres de plus qu'elle n'a soumissionné. Le prix le plus bas offert par Kynoch est de 2 sh. 6: la commande leur est donnée à condition d'abaisser le prix à 2 sh. 3. D'autres firmes qui ont offert des prix inférieurs sont laissées de côté ». A la suite de cette minute, des communications furent échangées entre les secrétaires financiers de la Guerre et de la Marine, et la répartition modifiée : National Explosives 600.000 livres à 2.1 1/4; Nobel 60.000 à 2.4 ; National Explosives 160.000 à 2 ; Nobel 100.000 à 2.3, National Explosives 310.000 à 2 ; Nobel 320.000 à 2.3; Cotton Powder Company 350.000 à 2.1 ; Kynoch, 300.000 à 2.6. Les représentants de l'Amirauté défendirent devant la commission la répartition qu'ils avaient proposée entre les deux firmes choisies, sous prétexte qu'ils les connaissaient depuis longtemps, qu'ils préféraient voir la commande entre leurs mains et que la réduction du prix par Kynoch à 2.3 assurait le bon marché. Ils ajoutèrent que le ministère de la Guerre avait donné des commandes, dans lesquelles Kynoch avait reçu une répartition tout aussi considérable. Ils maintinrent qu'ils avaient agi au mieux des intérêts de l'Amirauté.
Voici les conclusions de la commission : tout en reconnais-
sant the gréai pressure which exisied upon ilie department, au moment où le foin a été embarqué sur le Manchesler-Pori, la commission est d'avis qu'aucune marchandise ne devrait être acceptée par le gouvernement, excepté après inspection de la qualité et de la quantité, par des fonctionnaires compétents et responsables. Si cela avait été fait dans le cas du Manchester-Port, du foin de qualité inférieure n'aurait pas été accepté. Pour les chaussures, la Commission suggère à Fattention du War Office s'il ne serait pas possible de fournir des magasins du Gouvernement, les bottes et autres pièces d'équipement requis par les volontaires et la Yeomanry allant au service actif, afin d'assurer une inspection efficace et un bon équipement. Quant à la cordite, [la commission est convaincue que les commandes avaient été réparties dans le seul but d'assurer les meilleurs résultats pour le service public. Toutefois elle considère que si, dans un cas, il est désira])le de permettre à une firme de modifier ses prix de soumission, même opportunité soit accordée aux autres. La commission a reçu des dépositions concernant des tentatives de corruption, elle a entendu même parler de quelques cas où ces tentatives ont réussi; elle a recueilli l'impression d'une croyance considérable à l'existence de ces pratiques; prenant ce fait en considération ainsi que la prédominance reconnue de bonifications secrètes dans le commerce privé, la commission pense qu'il y a des motifs de soupçonner que de pareils faits se produisent aussi dans le service public, et elle se demande si le système actuel donne toute sécurité.
Elle insiste pour que l'on persuade aux officiers responsables qu'en acceptant les marchandises, ils ne doivent pas se fier au jugement de leurs subordonnés, mais juger par eux-mêmes; une règle inflexible doit être introduite, de maintenir l'exclusion contre toute firme offrant même la plus petite gracieuseté à un fonctionnaire du gouvernement en relation avec la conclusion ou l'exécution d'un contrat gouvernemental. La commission demande que la loi pénale soit rendue plus sévère, et que si des preuves suffisantes sont recueillies, des poursuites soient engagées. La découverte de fraudes et de commissions secrètes par le procédé d'une enquête est très difficile. C'est plutôt par accident que de semblables irrégularités peuvent se découvrir de la sorte. La commission considère qu'il n'est pas désirable que des négociations pour des contrats soient conduites personnellement entre des membres du parlement et les fonctionnaires de l'administration.
ANGLETERRE 3l
A la suite du dépôt du rapport, référence y fut faite ors de la troisième lecture de la loi de finance, notamment à propos de la cordite. M. Chamberlain intervint dans la discussion pour dire qull sentait comme une insinuation à son égard, comme si Ton voulait laisser entendre qu'il était mêlé à cette matière, et il déclara que ni directement, ni indirectement, il n'avait d'intérêt ni dans Kynocli, ni dans une autre compagnie de matériel de guerre. Il ne s'était jamais mêlé à la distribution des contrats, il n'avait parlé à personne du War Office à ce sujet. Il était vrai que son frère était président de la compagnie Kynoch, mais il n'avait jamais discuté la question avec lui; il n'avait rien à faire avec les intérêts privés de son frère, pas plus que celui-ci avec les intérêts publics ; c'était une indignité d'attaquer un homme public à travers sa famille pour laquelle il n'était pas responsable.
Les procédés de polémique en 1900 ont été des plus violents et lorsqu'un homme public, comme' M. Chamberlain, a su se rendre aussi antipathique et aussi détesté, il est assez naturel qu'on se serve d'arguments pris dans les relations de sa famille avec des compagnies par actions fabriquant du matériel de guerre et en fournissant à l'Etat. Le Morning Leader et le Truth ont été particulièrement durs ; ils ont provoqué des réponses de M. Austen Chamberlain, le fils de M. Joseph Chamberlain, civil Lord de l'Amirauté (actuellement secrétaire financier du Trésor), sur ses relations avec Hoskins ; M. Austen Chamberlain a expliqué que cette compagnie faisait des affaires avec le gouvernement, avant que la famille Chamberlain n'en devînt la propriétaire; qu'en outre, comme « Civil Lord », il n'avait rien à faire avec les contrats de fourniture. On demanda s'il était juste et convenable qu'une compagnie, dont les actions sont entre les mains d'une famille, fit des contrats avec l'Etat, lorsque deux membres de la famille font partie du gouvernement, ou qu'un membre de l'administration pût être actionnaire dans une compagnie faisant des affaires avec son propre département. Hoskins est une société, fondée en 1897, qui fournit des hamacs, matelas, du matériel de diverses espèces à la marine. La famille Chamberlain a 5.000 actions, la famille Nettlefold, 2.000. Mme Joseph Chamberlain a 2.000 actions, ses deux fils4.600,ses deux filles 201. Tubes /imi^e^/, fait presque entièrement toutes ses opérations avec l'Amirauté, comme l'a déclaré M. Artlmr Chamberlain, président de la Compagnie en 1899 et dont il possède 74. 8C0 actions. On rencontre aussi Elliott's métal Company, de Birmingham, qui fournissent de fortes
quantités aux arsenaux de la Marine. La société a été formée en 1874 avec 250.000 £ de capital en actions de 1.000 £, subdivisées en 10 actions de 100 £ en 1880. En 1807, le capital a été augmenté. Voici les actions possédées par la famille :
Richard Chamberlain
Walter
Herbert
Arthur
Joseph
Les administrateurs sont : Richard, Walter et Arthur Chamberlain, auquel M. Joe Chamberlain a vendu ses actions.
Dans KynoclVs Ammunition Company, la famille possède 4.991 actions, les Nettlefold 2.125. Il est intéressant de rappeler que le cabinet Rosebery tomba en 1895 sur une motion de M. Rrodrick, censurant sir H. Campbell Rannermann pour avoir laissé tomber à peu de chose son stock de cordite. M. Joseph Chamberlain dénonça alors les libéraux pour n'avoir pas donné suffisamment de commandes à Kynoch. « Sa circonscription est intéressée dans la question de la cordite, puisque les établissements de Kynoch sont dans un faubourg deRirmingham. Il avait l'intérêt légitime que lui imposait la représentation de ses électeurs. » Les adversaires de M. Chamberlain disent aujourd hui que son intérêt était plus intime qu'il ne l'a dit. Le 30 juin 1900, 7.296 actions, valant 144.000 £, étaient possédées par 9 membres de la famille. On a vu que les fournitures obtenues par Kynoch ont joué un rôle dans l'enquête sur les contrats et que lors des adjudications en janvier 1900, les fonctionnaires de l'Amirauté essayèrent de faire attribuer 880.000 livres de cordite à Kynoch, qui n'en avait soumissionné que 160.000 et à un prix supérieur. Les fonctionnaires du ministère de la guerre protestèrent, il y eût une révision de l'adjudication avec la conséquence que Kynoch reçut encore 140.000 livres de cordite de plus à fournir. Il paraît qu'il a été en retard pour l'exécution, que 54 0/0 de la cordite livrée ont été rejetés contre 31 0/0 de la National Explosives, 11 de la Cotton Powder.
Dans la session de décembre, M. Joseph Chamberlain fut attaqué par M. Lloyd George, relativement à ses relations avec des compagnies anonymes. M. Chamberlain se défendit avec habileté, avec hauteur; il s'efforça de montrer que bientôt quelqu'un ayant de l'argent, placé n'importe où, ne pourrait plus prendre part au gouvernement.
La nomination de Lord Hardwicke comme sous-secrétaire d'Etat pour rinde fit Fobjet, de la part de Lord Rosebery, d'un débat dans la Chambre des Lords, sur l'incompatibilité existante entre les fonctions d'un sous-secrétaire d'Etat et celles de membre du Stock-Exchange. Lord Hardwicke, qui est sans fortune, est associé dans une maison du Stock-Excliange. Lorsqu'il accepta le poste de sous-secrétaire d'Etat, il refusa de rompre cette association, mais, comme il rexpli(fua à la Chambre des Lords, il s'abstient de prendre aucune part directe aux affaires de sa maison, tant qu'il occupe une situation dans le gouvernement. Dans la Chambre des Communes, au mois de mai, M. Mac Neill, soutenu par le leader de l'opposition, proposa une motion tendant à faire déclarer une incompatibilité entre le poste de ministre de la Couronne et la fonction d'administrateur dans une société anonyme, cette double situation étant de nature à abaisser la dignité de la vie publique. La motion fut rejetée par 81 voix contre 7L
Le Parlement fut prorogé le 6 août, après une session assez terne. On s'attendait généralement à de nouvelles élections générales, mais le discours du trône à la clôture de la session n'y fit pas allusion. Une proclamation de Balmoral, du 17 septembre, prononça la dissolution. L'opposition protesta contre le procédé consistant à faire procéder à une élection générale sur un vieux registre, alors que le gouvernement disposait encore de sa majorité dans les deux Chambres ; évidemment, il voulait profiter de l'élan de patriotisme, en présence de l'ennemi et faire « une élection Khaki >). On répondit aux libéraux que le Ministère voulait savoir par qui serait réglée la question de l'Afrique du Sud. M. Chaml)erlain fut attaqué très violemment par les radicaux. Le résultat ne montra pas grand changement dans la composition apparente des partis. Le nouveau Parlement compte 334 conservateurs, 68 libéraux unionistes, soit 402, contre 186 libéraux et radicaux, 82 nationalistes, soit 268. Le parti libéral est partagé entre les impérialistes qui sont en faveur de la guerre et les adversaires déterminés de celle-ci, à la suite de Sir W. Harcourtet de M. John Morley. 44 seulement de ceux-ci ont été réélus ; des hommes comme le D"" Clark, Sir Wilfrid Lawson,M. Philip Stanhope, qui avaient gardé leur sang-froid dans l'enivrement de chauvinisme, ont été battus. M. Courtney ne s'était pas représenté. En Ecosse, pour la première fois, il y eut plus de conservateurs élus (38) que de libéraux (34). En Irlande, 82 nationalistes furent élus R. 3
contre 21 opposants ; grâce aux efforts de M. William O'Brien, le parti irlandais retrouva sa cohésion et son unité ; M. Healy^ malgré une campagne très violente menée par ses partisans, réussit à se faire élire, mais seul.
La majorité du gouvernement fut réduite de 152 à 134, corti^ parativement à Tétat des partis après les élections générales de 1895. Les libéraux ont gagné neuf sièges, notamment dans les comtés.
La session de décembre (dU 3 au 15 décembre) a été très courte. Elle a suffi pour voter de nouveaux crédits s'élevant à 16 millions pour la guerre du Transvaal et la campagne de Chine. Le Parlement se trouva en face d'un gouvernement modifié parla retraite de M. Goschen, de l'Amirauté, où il fut remplacé par Lord Selborne, celle de Sir M. Ed. Ridley du Home Office, remplacé par M. Ritchie, celle de M. Chaplin, du Local Government Board. Lord Salisbury, tout en restant premier ministre, céda les Affaires étrangères à Lord Lansdowne, qui eut M. St John Brodrick comme successeur au War Office. M. Gerald Balfour devint président du Board of Trade, à la place de M. Ritchie. M. "Wyndham, chief secretary pour Tirlande. MM. Goschen et White Ridley acceptèrent un peem^e.
Lors du débat sur l'adresse, dans la session de décembre, la Chambre des Communes rejeta un amendement exprimant le fegret qu'un si grand nombre de membres de la famille du premierministre eussent reçu des places dans le gouvernement. On s'était fait un plaisir d'appeler le cabinet wn Hôtel Cecil, unlimited M. Lloyd George attaqua les relations des deux Chamberlain, père et fils, avec des Compagnies traitant avec des départements de l'Etat ; il déclara que les ministres ne devraient avoir aucun intérêt ni direct ni indirect dans aucune maison ou société concourant à des adjudications. 11 ne voulait pas les accuser de corruption, mais eu égard à leur situation, les placements faits ri ans certaines Compagnies étaient improper^ en contradiction au principe posé par le secrétaire d'Etat colonial : régler ses placements, de manière à obvier à tout conflit possible entre les intérêts privés et les intérêts publics. M. Lloyd George éntiméra les relations avec Hoskins, fournisseur de l'Amirauté, avec la Compagnie des Tubes, fournisseur de chaudières, la Colombo commercial Company qui a reçAi la commande de construire des huttes pour les prisonniers déportés à Ceylan, avec Kynoch, avec le Birmingham Small Arms Company. M. Chamberlain répondit en s'indignaut
qu'après vingt-cinq ans de service parlementaire, il dût déclarer qu'il n'était ni un voleur ni un coquin. Il était victime d'une conspiration de calomnies et d'insinuations, l'accusant d'avoir abusé de sa situation personnelle pour avantager lui ou des membres de sa famille. Il avait des actions dans deux Compagnies seulement. Si la théorie de l'opposition . était acceptée, personne, sauf un indigent et celui dont la famille était indigente, ne pourrait accepter un poste. Il ne pouvait empêcher ses parents dobtenir des fournitures du gouvernement, mais il n'avait jamais été sollicité d'user de son influence en leur faveur. Il avait essayé dans ses placements d'éviter de fournir prétexte à la suspicion. Actionnaire de la Birmingham Sînall Arms Company et de Kynoch, il avait vendu à perte ; il expliqua ses relations avec la Compagnie de Colombo, fondée il V avait vingt-trois ans ; il répudia avec colère l'idée qu'il eut eu quelque chose à faire avec la commande de huttes pour les prisonniers et l'insinuation d'avoir fait envoyer des prisonniers à Ceylan dans l'intérêt de la Compagnie. M. Austen Chamberlain déclara qu'excepté pour Hoskins, les actions en son nom étaient la propriété de tiers pour lesquels il agissait comme curateur. Sir H. Campbell Bannerman répondit que l'objet de l'opposition était de réaffirmer le principe posé l'an dernier, qu'il n'est pas désirable que des ministres de la couronne fussent administrateurs de sociétés par actions (1).
L'état d'esprit des Anglais, même les plus instruits, ce qui ne veut pas dire les plus clairvoyants, est intéressant à suivre. Ils ont été d'un optimisme persistant, qui leur fait honneur, mais qui les a aveuglés. Sir R. Giffen nous en off're un exemple. Il s'est eflorcé d'analyser les conséquences économiques de la guerre sud-africaine pour l'Angleterre : il arrive à des conclusions très optimistes. L'industrie aurifère, dont le produit brut annuel s'élevait, au Transvaal, à 20 millions de livres, a été la plus atteinte ; elle faisait vivre une population blanche de 60.000 personnes, fournissait les ressources budgétaires du gouvernement transvaalien, procurait des dividendes aux
(1) .M. Arthur Markham, membre du Parlement, qui a vendu toutes ses actions de mines d'or, le jour où il a été choisi comme candidat, a raconté À la Gtiambre des communes que tous les postes importants du Rand et de la colonie d'Orange ont été conliés à des personnes directement en relation avec le Raid de Jameson Ces nominations ont été faites dans l'intérêt des capitalistes, non pour l'avantage de l'Afrique méridionale. M. Markham a provoqué des protestations.
actionnaires. La guerre a jeté ici une perturbation temporaire mais ruineuse. Il faut y ajouter la perturbation dans l'industrie agricole, dans les charbonnages. D'autre part, il y a nombre de gens qui, au Cap, ont bénéficié directement ou indirectement de la guerre : Tarmée anglaise a fourni une clientèle pour les produits du pays, pour la main-d'œuvre blanche; au lieu de l'industrie aurifère, il y a eu l'exploitation des fournitures aux troupes.
Pour la Grande-Bretagne, la guerre a été une cause de troubles; les réservistes et les volontaires ont été appelés sous les drapeaux, enlevés à leurs occupations.
Sir R. Giffen, dans son optimisme, en arrive à considérer une grande grève, comme celle des mineurs ou des mécaniciens, comme plus funeste. Les conséquences pour l'Angleterre seront plus lourdes si elle se décide à modifier son régime miUtaire, à augmenter l'armée de 100.000 à 150.000 hommes : c'est un demi-milliard de francs (20 millions de livres) et Sir R. GifTen ne serait pas surpris de voir le budget anglais de la Guerre et de la Marine arriver à 70 ou 80 millions de livres.
Il est d'autres perturbations dont il ne tient pas compte, car les propriétaires de charbonnages et de steamers anglais en ont tiré bénéfice : c'est la hausse des frets et celle des charbons, due aux affrètements et aux achats de l'Amirauté.
Le tableau suivant indique la progression du développement économique en Angleterre ; il est donné en millions.
Recettes chemins de fer £ 72 96 30 5
Navigation.. Ton. 31 39 5 9
Bouille produite 170 202 20 10
- exportée £ 27 36 1/2 3.5 18
Importations 387 470 21 3
Exportations 234 234 0 9
Recettes de l'Etat 90 108 22 010
Fortune soumises à income tax. 592 729 137 »
La progression des recettes de chemins de fer et celle de la fortune soumise à l'income-tax, l'une de 30 0/0; l'autre de 25 0/0, est particulièrement remarquable. Elle forme un contraste marqué avec le ralentissement qui s'est fait sentir de 1875 à 1887. Sir Robert Giffen est d'avis, en se fondant sur
des notions plutôt empiriques, que la durée des périodes d'oscillation est de dix à douze années. Il ne partage pas le pessimisme de ceux qui croient à la décadence de l'Angleterre ; tout au contraire, les conditions de prospérité lui semblent plutôt stables : c'est la qualité industrielle, la faculté de travail de la nation dans un âge d'invention et de découverte, renforcées par des accumulations immenses de capitaux. Tantôt une branche, tantôt une autre prennent la tête du mouvement. Des circonstances spéciales sont venues accélérer la marche ; mais les facteurs principaux sont foncièrement anglais. Sir R. Giffen ne se fait pas davantage de la concurrence étrangère l'épouvantail à la mode ; il y a place pour plusieurs compétiteurs, sans que l'apparition d'un nouveau soit un signal de décadence forcée. La houille et le fer ne sont pas les seules assises de la prospérité anglaise.
Sir R. Giffen est d'avis qu'il ne faut pas s'exagérer l'importance de la question du combustible ; il a été accompli des progrès au point de vue de son utilisation, qui est devenue plus économique dans certaines branches. Ce qu'il redoute beaucoup plus, c'est un changement dans l'esprit de la nation, une moindre ardeur au travail, plus de routine et moins d'initiative. Cependant, si l'on veut envisager l'avenir rapproché, sans se lancer dans l'inconnu, on remarque que le resserrement de l'argent en 1899-1900 n'a pas été sans effet ; les plusvalues de recettes des chemins de fer diminuent; les commandes nouvelles se font plus rares dans la métallurgie. Sir Robert Giffen croirait assez volontiers à une hausse du prix des produits agricoles. La hausse si énorme du charbon est un prodrome de l'inévitable réaction; elle est venue enlever une grande part des l)onéfices industriels, les entreprises ne peuvent relever immédiatement les prix. L'incertitude sur la politique internationale est aussi une cause d'affaiblissement. Sir R. Giffen est inquiet au point de vue des affaires d'Extrême- Orient. Il admet donc que les symptômes sont moins encourageants que par le passé.
Quelles seront les conséquences économiques de la guerre sud-africaine ? Voilà une question de nature à provoquer l'attention de ceux qui se plaisent aux jeux de société scientifiques. Il est certain, pour les observateurs modestes, que la guerre du Transvaal a contribué à la cherté de la houille, en absorbant une bonne partie des moyens de transport maritime, en mobilisant un grand nombre de navires de guerre et
de commerce, et en faisant renforcer les approvisionnements; elle a eu povir effet aussi de maintenir é\e\é le taux du loyer des capitaux ; de grands emprunts de guerre se contractent à d'autres conditions que les emprunts faits en pleine paix, môme lorsqu'il s'agit du crédit de l'Angleterre. Les besoins du gouvernement anglais sont venus se superposer à des immobilisations considérables faites par l'industrie, notamment par l'industrie de l'électricité et celle des moyens de transport. L'arrêt dans la production aurifère de l'Afrique du Sud, les expéditions d'or au Gap, ont eu leur part dans le rencliérissement des capitaux et dans la tension monétaire.
Les grandes guerres que l'Angleterre a soutenues pendant les quinze premières années du siècle ont fait grossir la Dette publique de 600 à 700 millions de livres sterlings, porter l'income-tax à 2 sbillings. A la fin du même siècle, la guerre du Transvaal coûte une centaine de millions de livres, l'incometax est à 1 shilling. Il est vraisemblable qu'on voudra modifier l'organisation militaire de l'Angleterre, ce qui ne peut se faire sans charger de nouveau le contribuable, et il est permis de se demander si la répercussion de ces charges nouvelles ne sera pas très lourde sur l'industrie. Le rapatriement des troupes, engagées en Afrique, le licenciement d'une partie d'entre elles, exerceront-ils une influence appréciable sur le prix de la main-d'œuvre? On voit quel ensemble de problèmes il faut considérer si l'on veut donner une réponse satisfaisante à la question posée.
Au point de vue agricole, l'année 1900 a été moins bonne que la précédente et la production est même au-dessous de la moyenne décennale. La surface emblavée en froment a diminué de 155.939 acres : elle est de 1.845.042 contre 2.000.981; il y a augmentation de 66.333 acres pour l'avoine qui a occupé 3.026.088 acres, de 8.157 pour l'orge, 1.990.000 acres. Le froment recule toujours encore, tandis qu'il y a augmentation pour les pâturages, les récoltes fourragères, de 202.279 acres.
La production en milliers de bushels a été :
Froment 65.529 52.639
Orge, 67.715 62.314
Avoine 114.746 114.847
Par acre, la production de froment a été de 28.5 bushels en 1900, contre 32.7 en 1899, et 30.1 moyenne de 1890-1899. Le stock des animaux vivants a été évalué :
Chevaux 2.028.092 2.000.402 — 27.690
Gros bétail 11.344.696 11.454. 902 +110.206
Moutons... 31.680.225 31.054.547 —625 678
Porcs........... 4.003.589 3.663.669 -339.920
L'année a été marquée par un certain nombre d'épidémies, dont on a attribué Forigine à la République Argentine.
Le froment, qui a valu 25sh. 91e quarter, en janvier, n'a[guère varié durant le premier semestre ; le cours le plus bas 25 sh. 3 a été coté en juin. Fin juillet, le prix avait avancé à 29 sh. 3, fin décembre on était revenu à 26.4. La moyenne de Tannée est 26 sh. 11. Pour les orges le prix moyen a été de 25 sh., les avoines ont varié entre 16 sh. 2 et 19 sh. 11.
Les prix des chevaux et du bétail ont haussé par suite d'une demande à l'intérieur et pour l'exportation. Le manque relatif de fourrage a fait baisser le prix des moutons. Les bêtes grasses ont été recherchées et se sont mieux payées.
On a fait la remarque qu'en 1800 et en iODO, l'Angleterre se trouvait engagée dans une guerre ; il y a cent ans, la guerre avait fait renchérir le prix de toutes les denrées, le pauvre se voyait obligé de payer un shilling son pain de quatre livres ; de nos jours, pas plus le prix des grains que celui du bœuf ou du mouton ne s'est ressenti des hostilités.
En 1900, l'Angleterre a importé 68.615.990 cwt. de froment, 3 millions de plus qu'en 1898, elle les a payés 23.326.000 £, qui se sont répartis (1.000 £.)
Etats-Unis 11.227 11.812 15.295
Argentine 6.088 8.622 1.754
Canada 2.206 1.802 1.948
Russie 1,506 841 2.540
Australasie 1.315 1.248 79
Indes 3 2.651 3.556
lia été importé 21.542.000 cwt. de farine, valant 10. 102.498 £, dont 8.366.2.56 £ ont été payés aux Etats-Unis. Ceux-ci ont reçu 19.593.524 £ pour blé et farine.
Il a été importé pour 9 614.637 £ d'animaux vivants, dont
6.500.000 dos Etats-Unis, 1.798.000 du Canada; les ports anglais ont été fermés pendant les huit derniers mois aux importations de TArgentine.
L'Angleterre a importé 80 0/0 de plus de volaille ; elle a payé de ce chef 333.000 C à la France, 213.000 £ à la Belgique, 200.000 £ à la Russie ; elle a pris à Tétranger 10.881.838 centaines d'œufs (120 œufs par centaine) pour 5.406.000 £, dont un cinquième de Russie, un cinquième d'Allemagne. La Russie occupe le premier rang, la France est descendue au quatrième. L'Angleterre a importé pour 17.400.000 £ de beurre, le Danemark pour 8.029.000 £. Il est entré pour 2.464.000 £ de margarine dont le commerce est monopolisé par la Hollande.
Nous donnons ci-dessous le tableau du commerce extérieur de l'Angleterre :
Importation :
Marchandises 470.544.702 485.035.583 523.633.486
Or 43.722.960 32.533.497 26.190.873
Argent 14.677.799 12.727.989 13.322.300
Exportation :
Produits nationaux 233.359.420 264.492.211 291.451.806
Etrangers et coloDiaux. 60.654.748 65.042.447 63.099.288
Or 36.590.050 21.536.052 18.397.459
Argent 15.623.651 13.955.132 13.574.580
Excédent d'importation.. 182.717.772 165.271.227 176.624.026
Les importations sont en plus-value de 38.598.000 £, près de 8 0/0 sur 1899, les exportations en plus-value de 26.595.000 £ ou 10 0/0. Dans le premier semestre, la plus-value des exportations a été de 14 0/0, dans le second de 6.5 0/0. L'année 1900 a vu les plus grosses valeurs enregistrées à l'importation et à l'exportation pendant une année. Le total du commerce extérieur, y compris les métaux précieux et le transit, s'élève au chiffre de 950 millions de liv. st. (23.750 milhons de francs).
En 1899, le total avait été de 814.750.000 £ et il dépassait déjà les résultats antérieurs. La plus-value provient non pas d'un accroissement de volume, mais du renchérissement des marchandises. Les valeurs ont progressé, non pas les quantités. Dans la seconde moitié de Tannée, les prix ont fléchi, mais le niveau en est resté cependant supérieur à ce qu'il était dans la période correspondante de 1899. La hausse des prix a été la
conséquence surtout du renchérissement du combustible, qui constitue Tun des éléments principaux du coût de la production dans presque toutes les branches.
Si nous examinons d'un peu plus près les résultats de 1900, nous voyons que, à l'importation, la valeur des animaux vivants a été de 9.G14.637 £ (+ 99.632), des articles d'alimentation 178.513.847 (+ 9.372.749), des articles d'alimentation soumis aux droits 27.242.421 (+ 1.252.014), du tabac 4.816.399 (— 694.161), des métaux 33.186.303 (+ 4.881.853), des produits chimiques, matières colorantes 5.559.037 (— 209.337), des huiles 11.046.595 (+ 1.356.019), des matières textiles 77.494.911 (-f- 11.523.449), des autres matières premières 65.054.423 (+8.277.124), desarticlesmanufacturés 93.212.298 (+1.905.811), des articles divers 16.768.990 (+ 852.625), colis postaux 1.119.625 (— 19.875). A l'exportation, animaux vivants 903.945 ( 98.535), articles d'alimentation 13.612.364 (+ 1.046.224), matières premières 41.862.269 (+ 15.292.762), fils et tissus 102.230.963 (+2.787. 944), métaux et ouvragesdemétal 45.42^.986 (+ 5.115.907), machinerie 19.621.557 ( — 31.559), navires neufs 8.608.153 (—588.486), vêtements 10. 400. 349(+840,525), produits chimiques pharmaceutiques 9.271.510 (+ 416.697), autres articles 36.565.410 ( + 1.693.159), colis postaux 2.951.800 (+ 484.457).
L'Angleterre, pour une quantité à peu près égale de céréales, a dû payer 800.000 £ de plus, elle a importé aussi plus de viande fraîche de bœuf, de porc, plus de lapins, plus de conserves, plus d'œufs, de lait condensé, de fromage, et il a fallu payer des prix plus élevés. L'importation du café a fléchi de 21 0/0 en valeur et en quantité, celle du thé a augmenté de 5 0/0 en quantité, de 3 0/0 en valeur, celle du vin a diminué de 3 0/0 en quantité, de 7 1 /2 0/0 en valeur. On se rappelle qu'en 1899, les droits sur le vin ont été relevés.
Quant aux matières premières, le coton est en augmentation de 8,37 0/0 en quantité, de 480/0 en valeur; il est entré 37 1/2 0/0 moins de lin, mais la quantité importée a coûté l4 0/0 de plus, 15 0/0 de plus de chanvre, qui a coûté 27 0/0 de plus ; la soie est en diminution de 35 0/0 pour la quantité, de 37 1/2 pour la valeur ; la laine en. diminution de 16 0/0 en quantité, de 8 0/0 on valeur. Le cuivre est en diminution de 2,5 0/0 en quantité, on augmentation de 25 0/0 pour la valeur, le plomb de 1,5 0/0 de moins en quantité, de 15 0/0 de plus en valeur, Fétain a augmenté de 21 0/0 en quantité, de 32 0/0 en valeur. Il a fallu payer
4â LE MARCHÉ FINANCIER EN 1900
davantage, 12 0/0 pour le caoutchouc, 23 0/0 pour les peaux, IG 0/0 pour le bois.
La plupart des branches principales de Findustrie ont obtenu pour leurs exportations des prix supérieurs, Il a été exporté 46 millions de tonnes de combustible, valant 38 millions 1/2 de livres contre 43 millions en 1899, valant 23 millions. Ainsi TAngleterre a encaissé 67 0/0 de plus, alors que la quantité de houille et de coke avait augmenté seulement de 7 0/0. Si Ton déduit ces 15.513.000 £ de la plus-value des exportations anglaises en 1900, il reste 8 millions pour les autres marchandises (1).
Le prix élevé du coton a exercé son influence sur le prix des articles manufacturés et il est satisfaisant, malgré la res-^ triction du débouché de l'Inde par la famine et la fermeture partielle du marché chinois, que Fexportation des cotonnades se soit maintenue, en ne perdant que 7 0/0 sur la quantité, alors que les valeurs progressaient de 3 0/0. Il y a eu une forte diminutionpour les fils, laconcurrence des filatures allemandes, indiennes, japonaises se fait sentir. Les embarras de Findustrie de la laine, conséquence de Feffondrement subi par la spéculation engagée en 1899, n'ont pas été amenés par une diminution du commerce étranger, qui a représenté 5.883.000 £ en 1900 contre 5.275.000 en 1899.
Pour les fers et les aciers, tandis que le premier semestre était en plus-value de 300.000 tonnes sur la période correspondante de 1899, il y a pour Fannée entière une moins- value de 200.000 tonnes ; cependant les exportations sont en plus-value de 1.900.000 £.
Les relevés des douanes indiquent le mouvement suivant du commerce des métaux précieux. Les chiffres doivent être pris comme des indications générales sous bénéfice d'inven^ taire. La douane ne tient compte que des expéditions directes. Lors des frappes d'argent pour la Russie, exécutées à Paris et
(1) Il a été exporté en
houille et coke : 1.000 tonnes
1 valant 1.000 £.
Quantités mille tonnes 1899 1900
Valeurs
mille livres
Russie
Suède-Norvège .
Danemark
Allemagne
France
Italie
à Bruxelles et dont le produit était destiné à Saint-Pétersbourg ; il y a eu des envois via Hull,qui ont fait entrer et sortir cet argent par l'Angleterre, envois provenant des convenances de fret.