CHAPITRE VII
belgiqup:
La représentation proportionnelle. — La législation ouvrière. — Le recensement industriel, — Le malaise. — Les charbonnages. — L'industrie du zinc. — L'industrie sidérurgique. — Les intérêts belges en Chine. — Le marché des valeurs coloniales. — L'état indépendant du Congo. — Bilan de la Banque nationale de Belgique (1).
L'année 1900 a été caractérisée en Belgique par Tadoption et l'application de la représentation proportionnelle aux élections législatives.
La loi électorale communale avait déjà donné le système en principe, pour remplacer les ballottages. La réforme réalisée en 1900, pour le Parlement, en fait la règle générale pour la Chambre et pour le Sénat.
On a modifié les circonscriptions électorales et l'on a institué les suppléants présentés au même temps que les titulaires, pour éviter les appels aux collèges en cas de décès ou de démission.
Les listes des candidats sont portées au bulletin de vote, d'après l'ordre indiqué par les parrains dans l'acte de présentation, ce qui donne une puissance très grande aux coteries. La liberté de l'électeur n'existe guère. Ce sont les associations politiques qui sont censées faire les présentations ; dans plusieurs arrondissements quelques politiciens s'entendent pour établir la liste.
Il est vrai que l'électeur peut émettre un vote de préférence en l'exprimant dans une case placée en regard du nom du candidat qu'il désire faire arriver à la majorité voulue, au lieu de donner le suffrage en tète, de manière à respecter l'ordre de présentation établi par les parrains.
Pour obtenir un résultat par ces votes de préférence, il est nécessaire de réunir sur le nom choisi un nombre de suffrages nominatifs au moins égal au diviseur électoral.
(1) Par M. Louis Strauss.
538 LE MARCllE FINANCIER EN 1900
L'électeur no peut émettre qu'un vote soit en tête de liste, soit pour un titulaire et pour un suppléant d'une même liste, ou encore pour un titulaire seul ou pour un suppléant seul.
Ne sont admises à la répartition des sièges que les listes qui atteignent le quotient électoral. On détermine celui-ci en divisant les suffrages accordés à chaque parti, successivement par 1, 2, 3, etc., en rangeant les résultats par ordre d'importance jusqu'à concurrence du nombre des membres à élire. Le dernier chiffre est le quotient électoral et chaque liste obtient autant de députés ou de sénateurs que son chiffre électoral comprend de fois ce quotient.
Nous avons la représentation proportionnelle, mais nous ne l'avons pas intégrale.
La géographie électorale admise impose encore les alliances pour éviter la perte des fractions,
Il faudrait une circonscription unique, le pays nommant des législateurs nationaux. Les arrondissements pourraient présenter les candidats pour fournir la liste générale. Chaque électeur voterait pour un postulant, n'importe l'origine de la présentation. Seraient déclarés élus, ceux qui auraient obtenu le nombre de voix constituant le quotient. Pour les sièges restés libres, les candidats présentés deviendraient les électeurs au second degré.
Avec une organisation pareille, chaque groupe obtiendrait réellement la part de représentatiou qui lui revient d'après sa force dans le pays. On aurait des législateurs représentant la Nation ; l'esprit de clocher disparaîtrait du Parlement, On donnerait la liberté aux partis ; chaque union pourrait défendre tout son programme, faire valoir ses principes ; chaque fraction développerait avec précision ses vues en matière de gouvernement, d'organisation sociale.
Grâce à la ré présentation proportionnelle, le libéralisme est rentré au Parlement pour y constituer un parti tampon. Malheureusement l'exiguité des circonscriptions a imposé des alliances dont les partisans de la liberté ont souffert. Beaucoup de représentants et de sénateurs élus par les libéraux tournent le dos à la liberté ; ce mot pour eux n'est qu'une étiquette couvrant l'esprit d'interventionnisme, la contrainte. Ce sont des socialistes qui répudient les procédés violents, mais dont les doctrines ne diffèrent pas beaucoup de celles de bien des démagogues. Ils jouent avec le feu croyant lui faire sa part. Tout comme les cléricaux, ils se flattent
d'apaiser les convoitises des ouvriers en leur offrant des appâts et ils n'arrivent qu'à mettre les ignorants en appétit.
Jusqu'ici la représentation proportionnelle n'a pas chassé le cliarlatanisme de la législature. Le niveau de la Chambre est toujours très bas ; il y a trop d'hommes agités et asservis aux coteries qui, pour allécher les électeurs, ont promis beaucoup de réformes et qui, au Parlement, se contentent de critiquer tout, d'inquiéter tous les intérêts, d'entraver l'industrie et le commerce. Nous avons, comme en France, beaucoup de bavards encomljrants.
La Chambre est restée brouillonne. Son œuvre en 1900 se résume en un mot : Rien. Du moins on n'a rien fait pour améliorer la législation, mais, avec l'aide du gouvernement, on a continué à faire quelques réformes d'ostentation, pour bien montrer qu'une nouvelle classe privilégiée se constitue dans notre société soi-disant libre et égalitaire.
La préoccupation d'améliorer par des actes législatifs la condition des ouvriers manuels, nous a valu quelques nouvelles lois dites sociales.
La loi du 10 mars 1900 concerne le contrat de travail. Elle règle les droits et les devoirs des employeurs et des employés. Jusqu'à un certain point, elle com])le une lacune du Code civil ; elle ne contient pas de mesures tracassières pour le monde industriel ; elle cherche même à supprimer la grande inégalité qui existe généralement entre les parties au point de vue des garanties pour la bonne fm du contrat. La loi du 10 mars 1900 permet à l'employeur de constituer, par des prélèvements sur les salaires, une caution pour les dommages etintérêts dus par l'ouvrier du chef de rupture d'engagement.
La loi sur les pensions de vieillesse est moins anodine. Déposée le 11 avril 1900 à la Chambre des Représentants, le projet fut distribué aux députés le 21 avril ; les sections se réunirent le 24, elles consacrèrent deux heures à l'examen de cette grave question. La section centrale fut convoquée le 2.5; son rapport était déposé le 28 et le 4 mai la Chambre des Représentants votait le projet de loi.
Le Sénat confirma immédiatement la décision et le 19 mai 1900 la loi était promulguée !
Depuis 1895, le gouvernement belge a largement encouragé les sociétés de secours mutuels affiliant leurs membres à la caisse générale de retraite sous la garantie de l'Etat. Le crédit qui ne s'élevait pour ces subsides qu'à 20.000 francs en 1895
lut porté à 30.000 francs en 1800, à 46.000 francs en 1897, à 150.000 francs en 1898, à 300.000 francs en 1899 et à 600.000 fr. en 1900. De 107, en 1895, les mutualités bénéficiaires ont été de 225 en 1806, 416 en 1897, 940 en 1898, 1.718 en 1899. En 1895, les 107 sociétés ont servi d'intermédiaires à 5.504 affiliés qui ont bénéficié de la prime ; en 1899 ces chiffres se sont élevés a 940 sociétés et 66.356 affiliés.
Ce ne sont pas seulement les régions industrielles qui prennent part au mouvement, c'est tout le pays, même les districts pauvres. Et depuis la loi du 19 mai 1900, faction a pris un nouvel essor. On fonde partout des sociétés de retraite pour ouvriers et surtout pour enfants.
Au point de vue des pensions de vieillesse, les primes d'encouragement données aux mutualistes ne peuvent être réellement utiles qu'aux enfants qui, àf âge de dix ans, peuvent avoir un carnet de rente. Pour les hommes faits, f épargne doit être continue de vingt-cinq à soixante-cinq ans, de 15 francs par an, pour jouir de 350 francs de pension à 65 ans.
L'enfant épargnant 5 centimes par semaine, à partir de la dixième année, jusqu'à l'âge de 25 ans, aura droit, à 65 ans, avec les primes d'encouragement, à 120 francs de pension. Il doit pour cela faire partie d'une Société de secours mutuels reconnue et bénéficie de la sorte des 2 francs par carnet que l'Etat donne à toute société de l'espèce.
C'est le système des primes d'encouragement qui constitue l'économie de la loi de 1900. Au lieu de se restreindre, comme précédemment, aux seuls mutualistes, il comprendra dorénavant le plus grand nombre de ceux qui se sont affiliés à la Caisse de retraite. On invite les intéressés à prendre le livret et on leur accorde un subside représentant les 3/5 de leurs versements I
Pour être admis au bénéfice de ces primes d'encouragement, il faut être Belge, avoir une résidence en Belgique, être âgé de seize ans accomplis, être titulaire d'un livret de la Caisse générale de retraite, avoir fait des versements sur ce livret pendant l'année qui précède l'exercice budgétaire.
Parmi les personnes assurées directement à la Caisse sont exclues du subside celles qui paient en impôts directs, patentes comprises, au profit de l'Etat, une somme d'au moins 50 francs dans les communes ayant moins de 10.000 habitants ; 60 francs dans celles de 10.000 à 25.000 habitants ; dans celles de 25.000 à 50,000 habitants et 80 francs dans les communes
de 50.000 habitants et plus ; de même les agents de FEtat qui ont droit à une pension de retraite, en vertu des lois et règlements qui les régissent.
Le montant de la prime annuelle est fixé à 60 centimes par franc et par livret, jusqu'à concurrence de 15 francs versés et jusqu'à ce que l'ensemble des sommes inscrites sur le livret suffise pour constituer une rente de 360 francs. Pour établir ce maximum, les versements à capital réservé sont censés être faits à capital abandonné et l'entrée en jouissance des rentes est réputée avoir été fixée uniformément à 65 ans.
Les articles 7à 9 de la loi se rapportent aux mesures transitoires. L'une aura des effets pendant vingt-cinq ans ; elle concerne les individus âgés de 40 ans le P'" janvier 1900 et élève à 24 francs au lieu de 15 francs le maximum des versements annuels susceptibles d'être subsidiés ; la prime pourra donc atteindre, pour eux, 14 fr. 40 au lieu de 9 francs par an. L'autre mesure transitoire se rapporte aux travailleurs manuels âgés de 65 ans au 1" janvier 1900 et se trouvant dans le besoin. Le Gouvernement leur accorde une pension de 65 francs par an.
L'arrêté royal du 20 octobre 1900 édictant des règles générales en vue de l'allocation des pensions de vieillesse, en exécution de la loi du 19 mai 1900, considère comme ouvriers les hommes et les femmes qui, moyennant un salaire, travaillent habituellement de leurs mains pour un patron ou un maître, soit au temps, soit à la pièce, soit au dehors, soit à domicile et cela sans distinguer entre le travail domestique ou agricole et le travail industriel ou de métier.
Sont considérés comme anciens ouvriers, ceux qui, par la condition habituelle de leur vie antérieure, ont répondu à la précédente définitioa.
La femme ou la veuve d'un ouvrier ou ancien ouvrier est considérée comme ouvrière, lors môme qu'elle ne se trouve pas personnellement dans les conditions prévues aux alinéas précédents
D'après l'article 6 du même arrêté royal, sont considérés comme se trouvant dans le besoin ceux dont les ressources, mises en rapport avec leurs charges, sont ordinairement insuffisantes pour qu'ils puissent pourvoir par eux-mêmes à leur subsistance.
Pour établir cette situation, il est tenu compte notamment :
En ressources :
54"? LE MARClll': FINANCIER EN 1900
1° Du salaire de l'intéressé, de son conjoint et des enfants ou descendants habitant avec lui ;
2o De la nature et de la contenance de leurs propriétés et des biens qu'ils tiennent en location ;
3° De leurs épargnes ;
4° Des secours de la bienfaisance publique ;
5° Des subventions résultant de droits réels ou personnels, comme les droits d'usage ou les pensions alimentaires.
En charges :
1° De l'entretien du ménage selon la condition habituelle des ouvriers de la région et de la même profession, en considérant le nombre et l'âge des personnes qui composent la famille ;
2° Des infirmités ;
8° Du loyer, des impôts et des charges réelles.
Le ministère avait inscrit dans le projet de loi le mot ouvrier. On l'a remplacé par le terme travailleur manuel, afin d'y comprendre les cultivateurs et les artisans. Les domestiques et les ouvriers à domicile sont également admis, mais pas tous les salariés, ainsi pas ceux du commerce. Cependant parmi les employés de commerce, et même parmi les anciens commerçants, il y a des citoyens belges qui se trouvent dans le besoin. De quel droit leur refuse-t-on les bénéfices de lanouvelle législation? Celle-ci est. en somme, une œuvre de bienfaisance et quand l'Etat veut exercer la charité, il la doit à tous les nécessiteux ; il ne peut pas diviser les malheureux en classes.
On veut faire une aumône de 65 francs par an aux besogneux arrivés à l'âge de 65 ans. On veut faire une petite rente aux imprévoyants. Pourquoi aux seuls imprévoyants qui ont été employés dans les exploitations agricoles ou dans les usines ?
Le Gouvernement évalue à 12 millions de francs la somme à inscrire annuellement au budget, du chef de l'intervention de l'Etat dans la constitution des pensions de vieillesse. Il reconnaît toutefois que les facteurs qui déterminent la dépense sont incertains et variables. Il est probable que cette somme de 12 millions ne suffira pas. On augmentera les charges et puisl'on admettra la nécessité d'améliorer les conditions d'existence des vieux, ce qui gonflera encore le budget.
D'ailleurs de nouveaux projets existent déjà.
Le 11 décembre 1900, une proposition de loi a été déposée parmi groupe de la gauche, pour Finstitution d'une Caisse d'assurance ayant pour objet le payement de pensions aux
ouvriers agricoles et industrie] S malades et âgés. Le montant de la pension est fixé à 360 francs par an.
Le système financier adopté par les promoteurs est celui de la répartition et le service des pensions serait confie à une Caisse unique, pour tout le pays.
Les auteurs du projet estiment à 150.000 le nombre des ouvriers agricoles pour lesquels Tâge de la pension serait de 70 ans, à 574.000 celui des ouvriers industriels ordinaires pour lesquels cet âge serait de 65 ans et à 87.000 les ouvriers mineurs de fond admis à la pension à 60 ans ; en tout 811.000 ; ce qui donnerait, d'après Texposé des motifs, 81.000 pensionnés à 360 francs soit 29.196.000 francs, charge totale.
Pour les pensions d'invalidité, la charge serait de 1.918.620 fr.
La dépense annuelle serait donc de 31.114.000 francs. L'ouvrier, le patron et TEtat y contribueraient chacun pour un tiers.
Tous ces calculs doivent encore être contrôlés. La fixation des trois degrés pour l'âge de la pension, suivant le genre d'occupation est très arbitraire. Le système de répartition sacrifie l'avenir au présent, ce qui n'est pas précisément un bon moyen pour développer la prévoyance.
Au Parlement, on recommence toujours les mêmes fautes. Il y a là une espèce d'égarement contre lequel personne n'ose réagir et l'ingérence de l'État dans les questions d'intérêt individuel devient de plus en plus grande. Ceux qui votent les dépenses pour élargir le fonctionnarisme et le favoritisme ne doivent pas les payer.
On parle beaucoup de limpuissance de l'initiative privée, mais on ne prouve rien. Il est vrai que l'impuissance est une négation, et qu'on ne peut pas démontrer une négation. On la suppose à priori pour fortifier l'autorité contre la liberté. On se trompe sur les besoins de la nation ; on charge les contribuables ; on enlève par l'impôt de l'argent non seulement à ceux qu'on appelle les riches, mais aussi aux commerçants et aux employés de commerce, et cet argent, prélevé le plus souvent sur le travail productif et sur l'épargne, sert à alimenter des institutions dont certains ouvriers seuls profitent.
Le ministère de l'Industrie et du Travail en Belgique a été créé le 25 mai 1895. Son budget s'élevait pour la première année à 2.671.965 francs; en 190O il était de 4.657.520 francs. En 1901, il atteint 16.350.150 francs, conséquence de la loi du 19 mai 1900 sur les pensions de vieillesse.
544 LE MARcnï": financier en 1900
Ses attributions sont très variées. La (iirection de Findustrie, celle de l'enseignement professionnel, l'administration des mines, le service des poids et mesures, le service géologique ne font guère de mal au pays ; mais TOffice du travail, chargé de la mission qu'un arrêté royal du 12 avril 1895 lui avait assignée, provoquent constamment des mesures qui entravent les progrès de l'industrie et compromettent les finances publiques.
L'Office du travail a la prétention de s'occuper notamment des objets suivants :
De la situation économique et commerciale des différente branches du travail ;
De l'état du marché du travail pour les différentes professions : chômage, ses causes, sa durée, ses effets, les moyens d'y remédier ;
De la situation des ouvriers et des apprentis des deux sexes, comme salaire et mode de rémunération, durée de travail, jours de repos, conditions d'admission et de résiliation et autres clauses du contrat de travail ;
Du coût de la vie, du budget des ouvriers ;
Du prix de détail des objets et denrées ordinairement consommés par la grande masse du public ;
De l'influence des impôts sur le revenu et des conditions de la classe ouvrière ;
Du nombre des accidents de travail, suivant les professions, de la gravité des blessures, de la durée de l'incapacité de travail, de l'âge et de l'état civil des victimes et des causes des accidents ;
De la morbidité des diverses catégories d'ouvriers, suivant l'âge, le sexe et la profession notamment des maladies provenant de la nature du travail, de l'alimentation, de l'abus des boissons alcooliques;
Du nombre des ouvriers annuellement refusés à l'armée pour insuffisance de taille, défauts corporels, faiblesse de constitution ;
Du nombre d'ouvriers envoyés annuellement dans les dépôts de mendicité, dans les maisons de refuge, de réforme, de détention de l'Etat;
Des conflits industriels entre patrons et ouvriers ; de leur fréquence, de leurs causes, péripéties, conclusions et conséquences ;
Des résultats des institutions légales ou libres destinées à favoriser l'entente entre les patrons et les ouvriers : conseils
de conciliation, conseils d'usine, arbitrage, conseils de l'indu strie et du travail, conseils de prud'hommes ;
Des résultats des lois sur le travail des femmes et des adolescents, sur le salaire, sur les règlements d'atelier, le contrat de travail et, en général, sur toutes les dispositions législatives qui constituent les clauses obligatoires du contrat de travail ;
Des résultats des mesures et règlements concernant la salubrité et la sécurité des ateliers ;
De la situation des logements ouvriers, des effets de la loi sur les habitations ouvrières, de l'activité des comités de patronage, du développement et des résultats des sociétés pour la construction d'habitations ouvrières ;
De la situation et du développement des associations de patrons ou d'ouvriers et des associations mixtes ;
De la situation et du développement des sociétés mutualistes, des résultats de la loi qui les concerne ;
De la situation, du développement et des différents modes de l'assurance contre la maladie, les accidents, l'invalidité, la vieillesse, ainsi que de l'assurance des veuves et des orphelins ;
De la situation et du développement de l'épargne dans les diverses parties du pays et selon les catégories d'ouvriers ;
De la situation et du développement des sociétés coopératives et des résultats de la loi qui les concerne ;
De l'étendue et des résultats de l'enseignement professionnel et de l'enseignement ménager ;
De la situation de l'apprentissage dans les diverses industries et métiers ;
Des effets des mesures prises pour soulager la misère;
Des résultats des mesures relatives aux conditions du travail, adoptées par certaines administrations publiques (minimum de salaire, durée du travail, primes, conseil de conciliation, participations aux adjudications, assurance contre les accidents, etc.) ;
De l'état de l'industrie, des conditions de la production, de la colonisation, des grèves, des faits de guerre, etc., dans les pays étrangers ;
De l'étude et de la vulgarisation du mouvement de la législation concernant le travail et les ouvriers à l'étranger et de la recherche des effets des lois étrangères concernant le travail et les ouvriers ;
L'Office du travail concourt à l'étude des mesures législa-
tives nouvelles et des améliorations a introduire dans la législation existante concernant le travail.
Il a dans ses attributions le service administratif relatif à l'exécution des lois et règlements ci-après dans les limites et sous les conditions à déterminer par les règlements intérieurs du département :
Les conseils de Findustrie et du travail, les conseils de prud'hommes;
Le Conseil supérieur du travail;
Le payement des salaires ;
Les règlements d'ateliers;
Le contrat de travail ;
L'apprentissage ;
L'assurance ouvrière ;
Les réunions professionnelles ;
Les Sociétés mutualistes;
La police du travail.
Depuis sa création, le ministère de l'Industrie et du Travail a fait voter une dizaine de nouvelles lois et introduit pas mal d'arrêtés nouveaux. En général cette activité législative et réglementaire était mal préparée; elle est mal appliquée.
La loi sur les règlements d'ateliers a été votée en 1896. Les rapports annuels de l'inspection du travail pour 1899 prouvent que la loi est très mal observée. La grande industrie l'applique assez bien, mais la petite industrie semble ignorer les principales dispositions décrétées. De plus, les ouvriers eux-mêmes n'ont guère usé de la faculté que leur réserve l'article 7 de faire connaître leurs observations préalablement à l'entrée en vigueur des règlements d'ateliers, « ce qui paraît dénoter de leur part, dit le rapport général de l'administration centrale, une certaine indifférence à l'application de la nouvelle loi ».
L'inspection du travail se complique toujours davantage. En 1895 le nombre des établissements visités avait été de 5.791 ; en 1896 il fut de 7.399; en 1897 de 8.648; en 1898 de 8.903; en 1899 de 9.421 ; mais pendant les deux dernières années, il y a eu des visites effectuées par des inspecteurs-médecins, 753 en 1898 et 2.091 en 1899.
Le personnel occupé dans les établissements visités compre nait en 1899 252.965 ouvriers.
On a fait en Belgique deux explorations complètes dans le domaine industriel ; la première est le recensement général de 1846 sous la direction de Quetelet-Heuschling ; la seconde est le
recensement général du 31 octobre 1896 dont les résultats ont été publiés, en partie, en 1900. Un recensement partiel a eu lieu en 1880.
Au 31 octobre 1896, la Belgique comptait 329.964 entreprises privées d'industrie ou de métiers, c'est-à-dire 329.964 fabriques, usines, mines, carrières, chantiers, ateliers oii s'effectue un travail industriel quelconque. Parmi ces 329.964 entreprises, 87.821 appartenaient à des ouvriers ou ouvrières travaillant à domicile pour le compte de patrons faisant fabriquer hors de chez eux. Il reste donc 242.143 entreprises dont le chef est un patron travaillant pour son compte.
Un peu plus de 3 0/0 des entreprises: 10.499 n'étaient pas en activité au moment du recensement; 319.465 étaient en activité dont 232.281 appartenant à des personnes travaillant pour leur compte.
A côté des entreprises simples oii ne s'exerce qu'une seule industrie ou un seul métier, il existe des entreprises oi^i plusieurs industries ou plusieurs métiers s'exercent simultanément ou successivement à différentes époques de l'année : 323.288 entreprises ne comprenaient, lors du recensement, qu'une industrie, 6.676 (2 0/0) entreprises comprenaient plus d'une industrie, mais celles-ci comptent 36 0/0 de l'ensemble des ouvriers et 62 0/0 de l'ensemble des chevaux-vapeur.
Le recensement signale 1.101. 259 personnes, dont 836. 475 hommes et 264.784 femmes, occupées au 31 octobre 1896, dans les entreprises privées d'industrie ou de métier; 278. 283 personnes (206.538 hommes et 71.745 femmes) appartiennent au personnel non ouvrier; c'est le personnel d'exploitation, de direction, d'administration, de surveillance et il ne comprend donc pas les ouvriers travaillant chez eux pour un patron.
Quant aux ouvriers, ils sont au nombre de 822.976 dont 629.937 hommes et 193.039 femmes ; 704.229 (588.248 hommes et 115.981 femmes) travaillent dans les locaux de leurs employeurs ; 1 18. 747 (41. 689 ouvriers et 77. 058 ouvrières)travaillent à leur domicile pour le compte de fabricants ou de magasins.
Ces chiffres ne comprennent pas les ouvriers des chemins de fer de l'Etat (38.000) ni ceux des entreprises exploitées par les communes: gaz, eau, électricité, etc. (1.300). En les ajoutant aux nombres du recensement de 1896, ainsi que les 2/3 des ouvriers occupés dans les entreprises chômant à la date du 31 octobre 1896, plus les 18.000 ouvriers pour le rouissage et le teillage du lin, on arrive à un total général de 900.000 ou-
vriers industriels en Belgique. L'agriculture occupe 200.000 ouvriers, les ouvriers du commerce, les journaliers, les hommes et femmes de peine sont au nombre de 350.000.
Les premiers résultats du recensement prouvent que les métiers et la petite industrie ont conservé en Belgique une importance sociale sérieuse. Voici les chiffres :
Hommes Femmes Total
Patrons faisant fabriquer à domicile 5 300 1 315 6.645
Ouvriers des ateliers de ces patrons 3.524 1.331 4.855
Intermédiaires 614 776 1.390
Ouvriers de ces intermédiaires 391 146 537
Ouvriers à domicile 41 689 77.058 118.747
Totaux pour les industries à domicile 51.518 80.656 i.i2.i74
Totaux pour les autres industries 784.967 184.128 969.095
Soit, pour les industries à domicile 6 0/0 30 0/0 12 0/0
Il est vrai que Findustrie dentellière, à elle seule, occupe 47.620 personnes parmi lesquelles 114 hommes ; la broderie à la main sur tulle occupe 1.652 brodeuses à domicile. Mais le tissage à domicile de la toile fournit encore de la besogne à 10.770 ouvriers et ouvrières, la confection des chaussures à 8.415, la confection des vêtements à 13.796, la fabrication à domicile des fils et des tissus de laine occupe 8.173 ouvrières, l'armurerie 6.668, la ganterie 3.874. On le voit l'industrie à domicile est puissante ; ses ouvriers ont compris le secours que la machine peut leur donner et fréquemment ils profitent en commun d'installations que l'un d'entre eux a fait étabhr ou bien louent dans des usines l'outillage mécanique pour achever leurs produits.
L'étude des statistiques du dernier recensement montre une fois de plus combien il est absurde de vouloir donner une base stable à des choses essentiellement variables. L'expérience, d'ailleurs, prouve qu'on n'a que trop chargé l'industrie et que la tyrannie administrative a été aussi défavorable pour les employés que pour les employeurs.
Alors que le zèle de l'Office du travail ne se ralentit pas et multiplie le nombre des mécontents, l'industrie ne cesse de se plaindre des conséquences désastreuses de l'extension des attributions de l'Etat. Les législateurs ne savent pas ce qui convient aux différentes branches de l'activité nationale ; ils devraient donc laisser les particuliers juges de leurs propres affaires.
La loi du 15 juin 1896 a limité au cinquième du salaire quotidien, l'amende imposable aux ouvriers qui manquent à la besogne sans motif plausible.
L'Association houillère du Couchant de Mons a communique au Gouvernement, les 18 juin et 21 août 1897 et 30 avril 1898, des tableaux statistiques montrant le mal produit par la loi de 1896. Une requête que ce collège a adressée le 8 octobre 1900 à M. le ministre de Tlndustrie et du travail signale le résultat désastreux obtenu après trois années d expérience. Le travailleur est devenu la victime d'une réglementation officielle qui n'avait été admise que pour le favoriser; or, lui elles siens sont lésés! On chôme parce que l'amende est minime et qu'on ne pense pas au salaire perdu ni aux dépenses qu'entraînent les amusements.
Pour les bouilleurs des 15 charbonnages affihés à l'Association du Couchant de Mons, on a constaté qu'en 1896, sous le régime ancien, quand l'amende infligée pour absence injustifiée était égale à une journée de salaire, il n'y avait eu que 7.174 absences injustifiées entraînant une perte de 36.935fr. 98, amendes comprises.
En 1899, sous le régime de l'amende égale au cinquième d'une journée de salaire, il y a eu 50.383 absences injustifiées et 230.837 francs de salaires perdus.
Ces chiffres, je le répète, n'indiquent que le salaire perdu joint à l'amende. Mais que de dépenses indirectes, que de résultats moraux déplorables pour l'ouvrier parle chômage du lundi !
Et cependant, en 1899, la situation de l'industrie houillère était florissante ; le salaire annuel moyen fond et surface réunis: hommes, femmes, garçons et filles, a été de 1.168 francs soit 71 francs de plus qu'en 1898, 145 francs de plus qu'en 1897, 188 francs de plus qu'en 1896 et 281 francs de plus qu'en 1893.
La production de l'ouvrier dans les houillères belges diminue sensiblement depuis que l'autorité pubUque a la prétention d'être le tuteur des citoyens.
De 1830 à 1840 cette production avait été de 92 tonnes par ouvrier par an.
1880 à 1890 — — ns - —
Ce n'est pas là le résultat d'une politique démocratique, car la vraie démocratie laisse à Fhomme la liberté de donner son maximum d'effort. Le salut économique est dans l'accroissement de la production. C/est pour ce motif que l'école de la liberté veut l'expansion de l'enseignement.
Si l'ouvrier vit mal, c'est le plus souvent parce qu'il n'a reçu ni instruction, ni éducation et qu'il n'est pas prévoyant. L imprévoyance est la cause principale de la gêne quand l'industrie souffre.
On a fait des loispour réglementer le travail des adolescents parce qu'il y a de mauvais parents et aussi de mauvais employeurs. On s'est dit que les enfants ne peuvent pas se défendre contre la cupidité de ces exploiteurs et que, puisque leurs protecteurs naturels ne les protègent pas, l'Etat doit intervenir pour empêcher la convoitise des uns de faire le mal des autres.
L'autorité publique est intervenue ; elle a interdit le travail non seulement aux enfants, mais aussi aux femmes après les couches. On n'a tenu compte ni des besoins de la vie des ouvriers, ni des exigences de la production, ni du droit paternel. Et Jes cléricaux qui ont voté cette réglementation repoussent l'instruction obligatoire comme attentatoire à liberté du père de famille !
Il n est-peut être pas inutile de rappeler que l'institution en Belgique du ministère de l'Industrie et du Travail a coïncidé avec une reprise des affaires.
La situation de la métallurgie avait été mauvaise jusqu'en automne 1805. Malgré la crise des mines d'or et malgré les inquiétudes politiques, la reprise s'effectua, alors, d'une façon normale, progressive. Elle avait pour point de départ les commandes des Etats, la multiplication des travaux publics, les armements européens. Aussi fut-elle générale à l'exception de la France et des Etats-Unis, oii les fautes commises au point de vue de la douane dans la première, au point de vue de la monnaie, dans la seconde de ces nations, empêchaient le calme de se rétablir. Dans ces deux pays, l'amélioration ne se dessina que deux ans après, quand, partout ailleurs, la période prospère se dessinait nettement.
La demande était devenue abondante ; l'amélioration s'était accentuée en 1896, la hausse s'était effectuée régulièrement, graduellement, dans une limite raisonnable; aussi les événements politiques de 1897 ne parvinrent- elles pas à entamer la confiance dans l'avenir.
L'activité industrielle fut très grande, partout, à partir de 1898, et ni la guerre sud-africaine ni les énormes pertes de la spéculation ne l'arrêtèrent.
Pendant la période de dépression, les négociants ne font pas de stocks; ils aclièlent au fur et à mesure de leurs besoins, ils ne s'engagent pas pour Favenir.
Quand le bon marché a permis à la consommation d'étendre ses besoins, quand la baisse des prix est arrêtée parce que la demande devient plus régulière, chacun veut s'assurer des contrats aux anciens cours. C'est alors que l'inflation commence. Les prix montent, la spéculation s'éveille ; on fait de gros marchés à livrer ; la hausse s'accentue et facilite la rapidité des échanges. Les stocks se forment chez les détaillants d'abord, chez les négociants en gros ensuite et la consommation se restreint au fur et à mesure de l'exagération des prix. L'annonce des gros bénéfices a encouragé le capital, l'outillage a été augmenté, perfectionné, les forces de production ont grandi, les offres deviennent de plus en plus nombreuses. Les produits ne circulent plus aussi facilement, un engorgement se produit, la confiance disparaît. Les négociants en gros qui ont encore des contrats n'envoient plus de spécifications aux usines ; leurs magasins sont encombrés, les fabricants commencent à travailler pour leurs dépôts et quand ceux-ci sont remplis, quand on ne sait plus que faire des marchandises, le chômage s'impose.
Pendant quelque temps, on a maintenu les prix artificiellement, ils sont nominaux, car on ne vend pas ; il n'y a plus d'affaires nouvelles. Mais le besoin de réaliser, le désir d'enlever les rares commandes qui se présentent, amènent la concurrence, les concessions sur les prix. La crise a éclaté, on subit les conséquences de l'inflation. On doit étendre la con sommation par le bon marché, c est la dépression qui ne cesse qu'avec le rétablissement de l'équilibre entre l'offre et la demande, entre la production et la consommation.
1890 et 1897 avaient été des années de reprise pour la sidé • rurgie, 1898, et 1899 elle premier trimestre de 1900 ont constiune période de grande prospérité.
La guerre du Transvaal et les événements en Chine ont certainement eu une influence sur le marché des affaires, mais ils n'ont pas fait naître la crise ; ils l'ont accentuée. La demande des charbons pour les transports et la hausse des frets ont bouleversé les marchés.
Les Elats-Uais avaient été les derniers à profiter de la reprise pour les fers, ils furent les premiers à subir la réaction le recul.
L'exagération des prix en Europe a souvent favorisé les progrès de l'industrie américaine. Celle-ci a trouvé, depuis quelques années, un avantage sérieux dans les minerais du lac Supérieur, dont les dépôts sont exploités à ciel ouvert, au moyen d'excavateurs très puissants ; les minerais sont transportés dans les hauts fourneaux de rillinois et de la Pensylvanie, dans des conditions telles que la tonne de fonte Bessemer peut être livrée à Fusine à une dizaine de francs de moins que dans les régions les plus favorisées de FEurope. Grâce à la libre concurrence des chemins de fer et de la navigation intérieure, les transports coûtent peu. En outre, les Américains n'ont cessé de perfectionner leurs hauts fourneaux et produ sent beaucoup plus vite que les Européens. Cette production intensive a amené une notable diminution des déchets et une grande réduction des frais généraux. Tous ces avantages, joints à la concentration des moyens de production aux mains de groupes disposant d importantes facilités financières, ont permis aux Américains de prendre part à l'exploitation du marché international.
Il est à remarquer que si les principales branches de l'industrie et du commerce des Etats-Unis souffrent du protectionnisme douanier, elles ont beaucoup moins que nous à lutter contre les politiciens socialistes, contre la réglementation abusive et contre le militarisme qui provoquent une grande déperdition de forces.
Les Etats Unis exportent déjà un million de tonnes de produits sidérurgiques par an. Dans cette branche ils lutteront plus facilement contre 1 Europe que pour les charbons. S'ils parviennent à réduire les frets dans de fortes proportions, ils pourront contribuer à Fapprovisionnement de certains dépôts extra-européens, peut-être même s'attacheront-ils une certaine clientèle en Orient; provisoirement les charbonnages belges ne doivent pas craindre cette concurrence.
Nos exportations de houille en 1900 se sont élevées à 5.253.150 tonnes contre 4.568.938 en 1899, soit une augmentation de 684.218 tonnes en faveur de 1900.
Par contre, les importations de houilles étrangères en Belgique en 1900 ont été de 3.327.881 tonnes contre 2.844.274 t. en 1899, soit 483.607 tonnes de majoration en 1900.
Les exportations ont donc dépassé les importations de 200.611 tonnes.
L'augmentation de nos exportations de houille provient surtout de la France ; en 1899 nous y avons expédié 3.284.493 t.; en 1900 elle nous a demandé 3.916.003 tonnes soit 631.510 t. en plus.
Nos exportations de coke en 1900 se sont élevées à 1 .075.574 1. contre 1.008.740 tonnes en 1899. Augmentation 66.834 tonnes.
Importations de coke 289.238 tonnes contre 296.508 en 1899. Diminution 7.270 tonnes.
Briquettes de houille : exportations 603.045 tonnes en 1900 contre 525.625 tonnes en 1899. — Importations 21.814 tonnes en 1900 contre 10.722 en 1899.
La production totale des charbonnages belges a été, en 1900, de 23.352.350 tonnes contre 22.072.068 en 1899, 22.0b8.33o en 1898, 21.492.446 tonnes en 1897.
L'augmentation de 1900 sur 1899 est donc de 1 .280.282 tonnes, il est vrai que 1899 avait donné un rendement inférieur de 16.267 tonnes comparativement à 1898 à cause de la grande grève de avril-mai, ce qui n avait pas empêché la valeur créée de dépasser celle réalisée Tannée précédente de 31.550.000 fr. La valeur globale avait été de 242.8v»3.900 francs en 1898, elle atteignit 274.443.900 en 1899 et sera d'environ 400.000.000 pour 1900. La statistique des mines pour l'année écoulée n'a pas encore été publiée. Voici celle concernant 1899 :
Le nombre de sièges en exploitation a été de 259, deux de plus qu'en 1898 ; 52 ont été tenus en réserve et 15 sont en construction.
Sur 220 mines, 115 ont été en exploitation ou en préparation.
Le nombre des ouvriers s'est élevé à 125.258, soit 2.412 de plus que l'année précédente, et 4.876 de plus qu'en 1897. Pour 1896, la statistique des mines donne 119.246 ouvriers, tandis que le recencement général n'en renseigne que 116.274, dont 9.006 femmes, travaillant dans les locaux des employeurs.
En 1899, l'effectif ouvrier était réparti comme suit :
A l'intérieur : 85.646 ouvriers de plus de 16 ans, 4.488 garçons de 14 à 16 ans.