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ACTE m, SCÈ.NE III

GERMAINE

Que ton inconscience est à la fin révoltante, et qu'un étranger croirait qu'elle dissimule une arrière-pensée!... Sais-tu ce que M"' de Huningue me conseillait tout à l'heure?... De te procurer du bonheur et des rentes en me vendant par son intermédiaire!...

GASTON

Comment!... la vieille rosse!... Elle a osé... Eh bien! si jamais celle-là refiche les pieds chez moi, je lui fournirai un échantillon de mon hospitalité... Et soigné!... Mais toi, comment as-tu pu tolérer ces insinuations?... Il fallait la chasser au diable, la vieille coquine!

GERMAINE

Tu m'as raconté cent fois que c'était là sa profession !

GASTON

Oui!... C'est un bruit qui court!... Mais jamais je ne lui aurais cru le toupet de venir faire de la clientèle chez moi!... Ah! non!... Mais j'y pense, quand je suis entré, vous causiez à voix basse... presque fiévreusement!... J'en ai même fait l'observation!...

GERMAINE

Oh! fiévreusement!... Tu ne vas pas m'accuser maintenant de...

GASTON

Enfin, que lui as-tu répondu?... oui, à ses propositions?...

GERMAINE

Mais elle ne formulait rien de précis !

GASTON, violent, lui prenant le poignet. Que lui as-tu répondu?

GERMAINE

Rien!... Tu me fais mal!

GASTON, hors dp lui.

Que lui as-tu répondu?

GERMAINE

Gaston, làche-moi!... Je ne pouvais pas lui répondre !... Elle ne se compromettait pas!... Elle se servait d'allusions, de comparaisons... Sans ça...

GASTON

Enfin, tu vas me faire le serment...

GERMAINE

Mais tu deviens fou!... Voyons, c'est moi-même, sans que tu m'interroges...

GASTON

Tu vas me jurer sur ma vie que jamais, fût-ce par amour pour moi, fùf-ce pour te sacrifier à mon bonheur, cette pensée, cette pensée abominable, n'a eftleuré ton cerveau !

GERMAINE

Mon aimé, je le jure sur toi!

GASTON, s'asset/ant.

Ouf!... C'est bête, mais tes histoires m'avaient fichu un coup de poing, là!

Mon Gaston, je t'aime.

GASTON

Moi aussi je t'aime, Germaine.

Je t'adore!

GASTON, se levant.

Écoute, Germaine, j'ai à te demander mon pardon... Dans la vie, je me suis conduit comme un misérable, et tout à l'heure, quand je t'ai reproché notre ruine, comme un lâche!... C'est par ma faute, que notre fortune s'est désagrégée et a sombré; et tandis qu'en spectateur indolent je

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