‹ Le marché monétaire et ses crises depuis cinquante ansChapitre 39 sur 88 · Voy. aux Annexes, n · texte numérisé non relu

Voy. aux Annexes, n

spéciaux, celui de VEconomist entre autres, répèteut souvent que le capital ne manque pas et que dans Lombard- Street l’actif inscrit aux livres est toujours important, mais que c’est le numéraire qui fait défaut.

3° Et en effet c’est réellement l’exportation du numéraire qui a déterminé la crise de 1863-1864, comme elle a occasionné toutes celles qui l’ont précédée. Mais les chiffres que la douane publie au sujet du mouvement des métaux précieux, ne peuvent pas rendre compte de la façon dout leur écoulement amène les crises. En effet, le total peut présenter une balance en faveur des importations , quoiqu’il diverses reprises le métal ait été rare et très-demandé ; une hausse d’escompte énergique aura rétabli l’équilibre 1 .

Ainsi que nous l’avons montré dans l’histoire financière de 1863-1864, il faut rechercher la cause de l'écoulement de l’or et de l’argent, dans la nécessité de payer le coton qu’avaient envoyé à l'Europe des nations qui consomment peu de produits fabriqués par l’industrie européenne. Quand le coton était acheté aux États-Unis, il était payé au moyen de marchandises : les dettes s’équilibraient et il ne fallait.pas envoyer d’argent. Le Brésil, l’Égypte et l’Inde surtout qui

1 . Les chiffres fournis par la Douane ne sont pas non plus d'une rigoureuse exactitude, et leur principale valeur est surtout de fournir de» données comparatives d’une année à l’autre, parce qu’alors les erreurs se compensent. Voici pris au hasard un exemple des inexactitudes de ces tableaux officiels. Les exportations d’or et d’argent d’Angleterre en France sont portées dans les documents anglais à 4,955,435 1. st. (123 millions de francs) pour le premier semestre de 1864 . Dans les documents français, les importations d'or et d’argent d’Angleterre en France sont portées 5 1 65 millions de fr. pour ce même semestre : différence 42 millions.

Page 1