TAUX DE L'ESCOMPTE
ment pour ainsi dire dans la circulation, c'est le mouvement de l'encaisse et du portefeuille qui explique seul la crise de 1834 à 1837. Les avances sur les privale securities montent de 8,524,000 1. st. à 15,000,000, et cet accroissement est contrebalancé par une réduction de l’encaisse de 6 millions environ, de 9,556,000 1. st. à 3,938,000. Le bas prix de l’intérêt a stimulé la spéculation et enlevé l’or, par suite d’un change constamment défavorable que la Banque n’avait rien fait pour améliorer. En 1847, la circulation est de 20 millions contre 2 1 en 1 846 . Mais leportefeuilledes/wmate securities s’est élevéde 12,523,0001. st. en janvier 1846, à 18,136,000 en avril età 19,467,0001. st. en octobre 1847. Par contre le numéraire a fléchi de 16,273,000 1. st. à 8,312,000. La Banque ayant fixé l’escompte à 3 p. 100 en septembre 1846, permit à un change contraire d’enlever 3 millions de l’encaisse avant d’arriver nu taux de 3 1/2 en janvier 1847.
L’écoulement de l’or se poursuit jusqu’en mars ; l’escompte ne dépasse pas 4; au 10 avril, il est porté à 5 p. 100, mais le métal continue à fuir. Plus tard la Banque abaisse le taux de ses avances et détermine ainsi la débâcle du mois d’octobre. Depuis lors elle a commencé à appliquer la théorie du Banking principle exposé depuis longtemps par Tooke avec une grande force, mais obscurci par les idées très-répandues de l’école adverse , qui croyait qu’il fallait surtout réduire la circulation à mesure que s’écoulait le numéraire. En 1 853, l’escompte fut porté à 5, en octobre, quoique le numéraire ne fût pas tombé audessousde 15,612,000, et en 1856 à 7, avec un encaisse de
10 millions qui tomba même à 9,530,000 au 8 novembre. On est d’avis qu’en 1857, la Banque n’agit pas assez énergiquement, tandis qu'en 1864, ainsi que nous l’avons montré, elle n’hésita pas à porter le taux de l’escompte à 9 p. 100, plutôt que de laisser tomber l’encaisse au-dessous de 12 millions sterling.
Si en négligeant d’élever à temps le taux de l’intérêt les banques ont fait beaucoup de mal, par une hausse intempestive, elles se nuiraient principalement à elles-mêmes ; car d’une part elles éloigneraient leur clientèle, et d’autre part, en attirant l’argent de l’étranger, elles amèneraient une plus forte baisse dans le taux de l’intérêt. L’intérêt élevé de 9 et iüp. 100 aux époques de crise n’empêche pas les banques d’escompter alors plus de papier qu’en temps ordinaire ; ainsi eu 1 864 le portefeuille de la Banque de France a monté à 616 millions de fr. et celui de la Banque d'Angleterre à plus de 500 millions de fr. C’est la preuve que ces banques ne louaient pas l’argent au-dessus du prix du marché , car sinon le commerce se serait adressé ailleurs.